La justice demande une levée de l’immunité de Marine Le Pen

Marine le Pen, candidate à l'élection présidentielle pour le parti d'extrême droite, le Front national (FN) lors du débat télévisé. [@EPA/LIONEL BONAVENTURE]

Les juges chargés de l’enquête sur les assistants parlementaires européens du Front national ont demandé la levée de l’immunité parlementaire des eurodéputées Marine Le Pen et Marie-Christine Boutonnet.

Les juges ont signé une demande de mainlevée le 29 mars pour la présidente et candidate du FN à l’élection présidentielle et le 30 mars pour Marie-Christine Boutonnet, selon des source judiciaire, confirmant une information de France Inter.

Ces demandes ont été transmises au parquet et à la Chancellerie, qui doit les transmettre au Parlement européen, ajoute-t-on de même source.

Marine Le Pen et Marie-Christine Boutonnet sont soupçonnées d’avoir fait salarier par le Parlement européen des assistants qui travaillaient en réalité pour le FN.

Assistants parlementaires : Marine Le Pen refuse de rendre 300 000 euros

Marine Le Pen, candidate FN à la présidentielle, a rejeté la demande de recouvrement du Parlement européen, à quelques heures de son échéance, portant sur environ 298 400 euros et concernant l’emploi d’une assistante parlementaire.

La demande de levée d’immunité parlementaire est la réponse des juges à leur refus de se rendre à leur convocation en vue d’une mise en examen, précise-t-on de source judiciaire.

La présidente du FN, qui était attendue en février par la police et le 10 mars par les juges d’instruction, a alors fait savoir qu’elle ne souhaitait pas s’exprimer devant les enquêteurs avant les législatives du mois de juin.
Le parti d’extrême droite dément avoir mis sur pied un système frauduleux et dénonce ce qu’il qualifie d’instrumentalisation de la justice à des fins politiques.

Interrogée vendredi sur franceinfo, la présidente du FN s’est bornée à dire qu’il s’agissait d’une procédure normale. « C’est un débat que nous aurons devant la commission juridique du Parlement européen », a-t-elle ajouté.

Il y a peu de chance que cette procédure aboutisse avant l’élection.

« C’est au Parlement (européen) de se prononcer, mais en règle générale, c’est un processus assez long », souligne-t-on de source judiciaire.

Dans ce dossier, deux assistants parlementaires ont été mis en examen pour recel d’abus de confiance, dont la chef de cabinet de Marine Le Pen, Catherine Griset.
L’immunité de la candidate frontiste a été levée le 2 mars dans une tout autre affaire, celle concernant la publication, sur Twitter, de photographies d’exécutions menées par le groupe Etat islamique (EI).

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