La première ministre danoise remet aux calendes grecques le référendum sur Europol

Helle Thorning-Schmidt. Bruxelles, février 2013. [Conseil européen/Flickr]

Helle Thorning- Schmidt a annoncé vouloir organiser un référendum sur la clause d’exemption concernant la justice et les affaires intérieures (JAI) dont bénéficie le pays si elle était réélue. Une promesse déjà faite au cours de son premier mandat.

La première ministre dannoise a exprimé son inquiétude de voir le pays forcé de se retirer d’Europol, l’agence européenne de lutte contre le crime, à cause de la clause d’exemption concernant la justice et les affaires intérieures (JAI) dont bénéficie le pays.

Helle Thorning-Schmidt a rappelé que la fin d’une collaboration de 16 ans avec Europol aurait des conséquences sur la sécurité des Danois et veut un référendum sur la question.

« Le gouvernement est prêt à organiser un référendum après les prochaines  élections. Nous pourrons alors choisir les volets de la JAI auxquels nous voulons adhérer et ceux qui ne nous conviennent pas. Je voudrais que le Danemark continue de faire partie de la coopération policière, sans pour autant adopter les mesures concernant les migrants », a-t-elle expliqué. .

« Pendant 16 ans, nous avons fait partie de la coopération policière européenne, Europol. Une coopération qui nous a permis d’arrêter des trafiquants de drogue et d’êtres humains, ainsi que de découvrir des réseaux d’abus d’enfants. Il semble que nous allons devoir quitter Europol à cause de cette clause d’exemption justement. Et cela dès le printemps prochain, peut-être. Ça poserait un sérieux problème pour la sécurité des Danois », a assuré la première ministre au Parlement européen.

Ce discours au Parlement a été interprété par de nombreux commentateurs politiques danois comme le début officiel de la campagne des élections législatives. Celles-ci devraient être avoir lieu au début du printemps prochain. Lors des dernières élections législatives, Helle Thorning-Schmidt avait déjà promis un référendum sur la clause d’exemption en matière de JAI, mais n’avait pas pu concrétiser cette promesse. Elle avait alors également annoncé la tenue d’un référendum sur une autre clause de désengagement du Danemark, liée cette fois à la coopération en matière de défense.

Deux autres clauses d’exemption ont été créées pour le pays. Elles concernent les domaines de l’union monétaire (UEM) et de la citoyenneté européenne. Cela implique notamment que le Danemark ne s’est pas engagé à adopter l’euro.

En mai dernier, lors d’un autre référendum, les Danois se sont exprimés en faveur de l’adhésion de leur pays à la juridiction unifiée en matière de brevets, ce qui remettait en cause la clause d’exemption en matière de JAI.

 >> Lire : Les Danois se prononcent en faveur du brevet de l’UE

La première ministre, europhile avérée, ne se prononce que rarement sur des questions européennes. Plus tôt dans l’année, elle a cependant confié à un média en ligne qu’elle espérait voir le Danemark adopter l’euro à un certain stade. Selon elle, son pays en profiterait.

 >> Lire : La première ministre danoise penche pour que son pays adopte l’euro

Contexte

Le Danemark a obtenu quatre clauses d’exemption du traité de Maastricht à la suite du premier rejet du traité lors d'un référendum en 1992.

Ces clauses d’exemption sont reprises dans l'Accord d'Édimbourg et concernent l'union économique et monétaire (UEM), la politique de sécurité et de défense commune (PSDC), la justice et les affaires intérieures (JAI) et la citoyenneté de l'Union européenne.

 Les Danois ont accepté le traité avec ces désengagements lors d'un référendum en 1993.En 2000, ils ont rejeté un référendum sur l'adoption de l'euro.

Prochaines étapes

  • Printemps 2015 : Date probable des élections générales danoises

Plus d'information

Press articles

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.