La stratégie Macron pour arrimer l’Allemagne à la réforme de l’UE

Le Bundestag.

La France veut peser directement sur le prochain gouvernement de coalition allemand en mettant sur la table des propositions pour l’UE 48h après les élections.

10 propositions concrètes sur le futur de l’UE, pour les 10 ans à venir. Voilà ce qu’Emmanuel Macron devrait dévoiler, le 26 septembre prochain, lors d’un discours dont la date a été choisie avec soin. L’annonce sera faite dans la foulée du vote des électeurs allemands, mais avant la formation du gouvernement allemand.

Coalition « jamaïcaine »

« Nous voulons rendre l’Europe plus souveraine face aux défis du monde, et il faut le faire dans le cadre d’un projet démocratique », assure un conseiller de l’Elysée, qui insiste aussi sur la nécessité de peser dans le débat allemand qui verra la formation d’un gouvernement de coalition.

Mais qu’il s’agisse d’une coalition « jamaïcaine », avec les Verts et le centre droit FDP, ou d’une « grande coalition » gauche droite entre le CSU et le SPD, les chances d’aboutir des propositions de Macron ne sont pas les mêmes.

« Le SPD soutient à fond la création d’un vrai budget de la zone euro avec plusieurs points de PIB, un ministre de la zone euro et des transferts, alors qu’à droite les hésitations sur cette direction sont très importantes, notamment au FDP » explique un élu allemand.

 Des propositions pour nourrir la future coalition

Un point de vue partagé par Pieyre-Alexandre Anglade, député des français de l’étranger (Benelux) . « Il y a un enjeu important dimanche pour la zone euro: l’élection allemande est déterminante pour la réussite du projet d’En Marche. On a fait campagne sur une Europe refondée, maintenant il faut le faire », assure l’élu, désormais vice-président de la commission des affaires européennes de l’Assemblée nationale.

« On est un pays à qui on a reproché depuis des années de ne pas faire de propositions. Alors on va en faire. Et oui, cette feuille de route veut nourrir le contrat de coalition en Allemagne » assure le conseiller.

Une méthode singulière. Car si France et Allemagne se targuent de collaboration étroite et aiment s’afficher devant les caméras pour d’épisodiques conseils des ministres communs, les échanges n’ont pas jusqu’alors abouti à élaborer des programmes de gouvernement en amont.

La France insiste toutefois sur le fait qu’il ne s’agit que de suggestions, et que le dialogue est très ouvert. « Nous n’allons pas imposer à tout le monde un traité en 15 points à la Benoit Hamon, notre démarche est un peu plus coopérative » assure-t-on du côté de l’Elysée

Macron à Athènes pour exposer sa vision de la démocratie en UE

À Athènes, le président français veut symboliquement dérouler sa vision de la refonte démocratique de l’UE. Au menu, zone euro, listes transnationales pour 50 eurodéputés et des conventions démocratiques dont le résultat est attendu dans un an.

Le point de débat majeur portera sans doute sur l’ampleur et les modalités d’un budget de la zone euro commun.

Objectif : un budget commun de 4 % du PIB commun

La France s’est déjà assuré que son projet était en ligne avec celui du président de la Commission, Jean-Claude Juncker : il est possible d’élaborer un budget de la zone euro au sein du budget européen, il n’y aurait aucune contradiction entre les deux.

Mais sur l’objet et l’ampleur de ce budget commun, la France a l’intention de viser haut : le budget commun devrait selon elle représenter 4 points de PIB (contre 1 % pour le budget européen aujourd’hui). « On a encore besoin de convergence, c’est assez évident ; et pour la créer, il faut des outils de solidarité. C’est tout aussi important que le respect de la règle budgétaire » assure-t-on côté français. Pour financer ce budget, des taxes nationales seraient directement affectées au budget européen.

Parmi les autres réformes proposées, on retrouvera l’idée de conventions démocratiques à organiser dans toute l’Europe, mais aussi celle d’une liste transnationale pour les élections européennes, ainsi que d’autres éléments concrets sur le fonctionnement de  l’Europe, comme l’organisation d’une vraie mobilité entre les fonctionnaires nationaux et européens, aujourd’hui embryonnaire.

« L’avis général sur l’Europe a changé, et pas que dans la bulle bruxelloise : les élections aux Pays-Bas, en France et en Autriche ont montré que les citoyens réaffirmaient leur attachement pour l’Europe », assure Pieyre-Alexandre Anglade, qui se dit prêt à assumer une part d’impopularité et de critiques pour arriver au cœur du projet du quinquennat, qui est de faire bouger l’Europe.

Pourquoi Juncker ne veut pas de Parlement pour la zone euro

Dans son discours sur l’état de l’Union, Jean-Claude Juncker a insisté sur l’extension de la zone euro, mais pas sur son approfondissement. Il craint l’Europe à deux vitesses défendue par Emmanuel Macron.

Le président de la Commission européenne a appelé, lors …

 

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