La tension monte autour des projets nucléaires russes en Hongrie

En Hongrie, l’opposition dénonce l'accord entre le gouvernement conservateur et la Russie visant à construire deux nouveaux réacteurs nucléaires, alors que se profilent les législatives du 6 avril.

Les rues hongroises grondent depuis que le gouvernement a décidé d'agrandir la centrale nucléaire de Paks sans avoir consulté les citoyens au préalable.

En cas de victoire aux prochaines élections, les partis de gauche hongrois ont promis d'organiser un référendum sur la décision du gouvernement de Viktor Orbán.

Le mois dernier, le premier ministre hongrois et le président russe, Vladimir Poutine, ont conclu un accord qui autoriserait la Russie à construire deux nouveaux réacteurs au sein de la centrale de Paks. La Russie accorderait aussi un prêt de 10 milliards d'euros sur 30 ans, couvrant 80 % des coûts de construction.

La centrale construite durant l'ère soviétique fournit actuellement environ 40 % de l'électricité de la Hongrie.

La coalition électorale de gauche, qui comprend les anciens premiers ministres Ferenc Gyurcsány et Gordon Bajnai, a déclaré lors d'un rassemblement le 2 février que les électeurs méritaient d'avoir plus d'informations sur cet accord. Ils accusent également le premier ministre d'avoir bradé le pays à la Russie.

Cependant, le Parlement hongrois a donné son accord le 3 février dernier. Le parti de Viktor Orban, le Fidesz, jouit par ailleurs d'une majorité absolue au Parlement. Le ministre de l'Économie, Mihály Varga, a en effet indiqué à la presse hongroise que l'accord financier avec la Russie devrait être signé d'ici quelques semaines.

Mihály Varga a déclaré que ces nouveaux réacteurs permettraient de répondre à la demande énergétique de l'économie hongroise et des citoyens à un prix abordable et compétitif.

L'opposition parlementaire a demandé avec insistance au premier ministre hongrois d’expliquer pourquoi il avait conclu un « contrat secret » sans avoir consulté les députés au préalable. Viktor Orban a répondu qu'un accord sur la question serait renouvelé entre le gouvernement et les socialistes de l'opposition, une fois que les élections seront passées.

À l’approche des élections, les forces de gauche hongroises ont noué une alliance qui comprend la Coalition démocratique de Ferenc Gyurcsány, Együtt (ensemble en français) de Gordon Bajnai, et le parti libéral de l'ancien député Gabor Fodor.

Néanmoins, de récents sondages montrent que Fidesz jouit toujours d’une confortable avance face à l'alliance.

Le gouvernement vient d’annoncer un rabais sur le prix du gaz de 6,5 % à partir du 1er avril, moins d’une semaine seulement avant les élections législatives. Selon certains spécialistes, la Russie aurait accepté de baisser les prix du gaz dans le cadre de l'accord sur les deux nouveaux réacteurs nucléaires de Paks.

En avril 2010, les Hongrois ont voté en masse pour un changement radical, renvoyant les socialistes dans l'opposition et donnant la majorité qualifiée au centre-droit au parlement.

Ces élections ont été caractérisées par la plus grande victoire jamais remportée par un parti politique lors d'élections législatives depuis la chute du communisme 21 ans plus tôt. Plusieurs mesures mises en place par le nouveau gouvernement font toutefois l'objet de controverses.

La nouvelle constitution , entrée en vigueur le 1er janvier, a fait descendre dans les rues des dizaines de milliers de manifestants. Ils estiment qu'elle entrave l'indépendance de la banque centrale, du système judiciaire et des médias. Les détracteurs de ces nouvelles mesures affirment également qu'elles représentent une attaque contre la liberté de religion étant donné la diminution du nombre de groupes religieux reconnus de 300 à 14.

  • 6 avril 2014: élections législatives en Hongrie

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