Le parti AKP du premier ministre Erdogan est donné gagnant aux élections législatives ce dimanche 22 juillet 2007. Des résultats nets pourraient aider la Turquie à surmonter la crise politique sur les valeurs laïques qui secoue le pays depuis des mois.
Le 22 juillet 2007, les électeurs turcs sont appelés à se rendre aux urnes pour les élections législatives et déterminer le nouveau gouvernement. Avec le premier ministre Recep Tayyip Erdogan en tête des sondages, le parti AKP devrait remporter assez de sièges à la Grande assemblée nationale pour gouverner seul.
Recep Tayyip Erdogan a même menacé de se retirer de la politique si son parti AKP ne remportait pas assez de voix pour arriver au pouvoir sans l’appui d’un partenaire de coalition.
Selon un sondage d’opinion publié le 19 juillet 2007, le parti AKP pourrait remporter 42,6% des voix, laissant aux partis de l’opposition, le parti républicain du peuple (CHP) et le parti du mouvement nationaliste (MHP), respectivement 17,3% et 12,5% des voix.
Cela signifierait que le MPH passerait le seuil des 10% et remporterait donc des sièges au Parlement. Seuls deux partis politiques, l’AKP et le CHP, avaient réussi à obtenir des sièges à la suite des élections de 2002.
Il reste cependant incertain que les élections anticipées, provoquées à la suite d’une dispute politique sur les élections présidentielles, puissent résoudre les problèmes actuels. A moins que le parti AKP ne réussisse à obtenir la majorité des deux tiers au parlement, il rencontrera les mêmes obstacles pour obtenir le soutien à son candidat. L’AKP a néanmoins annoncé qu’il n’insisterait pas pour maintenir son candidat actuel, le ministre des affaires étrangères Abdullah Gül, et qu’il pourrait en accepter un autre.
Selon Sinan Ülgen, président du Centre d’études et de recherches EDAM à Istanbul et expert en relations UE-Turquie, le résultat des élections contribuera à sortir le pays de la crise.
Au cours d’un entretien exclusif avec EURACTIV, il s’est exprimé : « Si le parti AKP est réélu, les progrès réalisés afin de parvenir à l’adhésion pleine et entière de la Turquie à l’UE resteront plus que jamais à l’ordre du jour ». Il a cependant indiqué que « l’une des plus grandes faiblesses de la politique européenne de l’AKP » résidait dans le fait qu’il ne parvenait pas à redorer l’image de la Turquie en Europe. Il a également ajouté : « Les dirigeants politiques sont conscients de ces problèmes et le prochain gouvernement devrait mettre davantage l’accent sur cette dimension de la relation, à condition que l’adhésion reste en bonne voie ».
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