La victoire de Macron, une victoire de l’Europe

Jean-Claude JUNCKER - EC President during the plenary session - Week 09 2017 in Brussels

La large victoire d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle française réjouit les partenaires européens, qui y voient un véritable revers pour le populisme.

C’est un grand « ouf » de soulagement qu’ont poussé les dirigeants européens à l’annonce des résultats du second tour de l’élection présidentielle, qu’Emmanuel Macron a largement remporté avec 65% des voix.

Opposé à Marine Le Pen, le candidat d’En Marche! a adopté une position résolument pro-européenne dans son programme et lors de la campagne électorale. Une attitude qui a suscité la sympathie de nombreuses personnalités européennes, inquiètes de la montée des populismes sur le continent.

L'UE «croise les doigts» pour l'europhile Macron

Les dirigeants européens, conscients que l’avenir de l’UE se joue en partie dimanche au deuxième tour de la présidentielle française, ont pris fait et cause pour Emmanuel Macron et contre la « destruction » de l’Europe prônée par Marine Le Pen.

Alors que Marine Le Pen s’était clairement positionnée dans son programme en faveur d’une sortie de l’euro, de l’espace Schengen, et à terme de l’Union européenne, Emmanuel Macron a mis l’accent sur les bénéfices de l’UE, et s’est engagé à respecter les engagements européens de la France, dont celui de réduction du déficit public.

Emmanuel Macron a également affiché son ambition d’une relation forte avec l’Allemagne, en rendant visite à la chancelière Angela Merkel, mais aussi au candidat du SPD, l’ancien président du Parlement européen, Martin Schulz.

Les félicitations ont fusé dès l’annonce des résultats de la part des dirigeants européens. Quelques minutes après l’annonce de la victoire du candidat  d’En Marche, le Premier ministre belge, Charles Michel, a immédiatement félicité le nouveau président français.

L’ancien chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, qui a également lancé un mouvement baptisé « En Marche ! », (In Camino), a affirmé que l’élection de Marcon ouvrait une « page nouvelle pour la France et l’Europe ».

Certains, à l’image d’Enrico Letta, ont même fait le déplacement à Paris jusqu’au parvis du Louvre où se tenait le rassemblement officiel pour fêter la victoire d’Emmanuel Macron.

Institutions européennes

Du côté des institutions européennes, le soulagement était aussi palpable après la victoire d’Emmanuel Macron. Le président de la Commission européenne, Jean-Clude Juncker, a affirmé être « heureux que les Français aient choisi un avenir européen ». De son côté, le vice-président de la Commission européenne en charge de l’Union de l’énergie, Maroš Šefčovič, s’est également félicité de la victoire de « l’Europe sur le nationalisme ».

Le président du Conseil, le Polonais Donald Tusk, a estimé que les électeurs français avaient dit non à la tyrannie des « fake news »

Enfin, le président du Parlement européen, Antonio Tajani, a immédiatement invité le nouveau président français à venir s’exprimer devant le Parlement européen.

Ces réactions de soulagement en séries arrivent au moment où le débat en Europe est largement polarisé sur les questions européennes, notamment dans la foulée du Brexit. Mais à l’image des dernières élections en Autriche, puis aux Pays-Bas, les élections françaises ont une nouvelle fois entériné l’incapacité de l’extrême-droite d’accéder au pouvoir.

Un déroulé dans lequel certains, comme le porte-parole de Jean-Claude Juncker, y ont vu le signe d’une victoire contre le populisme à l’échelle du continent.

Un nouveau clivage politique

Dans son discours de remerciement, Emmanuel Macron a rapidement confirmé son intention de se poser en reconstructeur de l’Europe. « Je défendrai l’Europe, la communauté de destins que s’est donnée notre continent. […]J’œuvrerai à retisser le lien entre l’Europe et les peuples qui la composent » a-t-il détaillé.

Les élections aux Pays-Bas, répétition générale avant le scrutin français ?

Un mois avant les Français, les Néerlandais iront aux urnes le 15 mars pour choisir de nouveaux députés. Le pays, qui avait vcomme la France voté contre le traité constitutionnel européen en 2005, sera-t-il les galops d’essai pour les élections françaises ?

De son côté, Marine Le Pen a également confirmé sa position de première force d’opposition au « projet du nouveau président », a-t-elle déclaré lors de son discours qui n’a duré que quelques minutes. La candidate malheureuse a également insisté sur le «nouveau clivage politique  entre patriote et mondialiste »  qui avaient émergé de ces élections, marquées par l’élimination dès le premier des deux principales familles politiques.

Elections allemandes

En parallèle en Allemagne, le parti antieuropéen Alternative fur Deutschland (AfD) a également enregistré un revers lors  d’une élection régionale dans le nord de l’Allemagne.

Les démocrates-chrétiens de la CDU ont remporté entre 33 et 34 % des voix dans l’État régional du Schleswig-Holstein, en progression par rapport au précédent scrutin de 2012, contre 26 à 27 %, tandis que l’AfD n’a pas réussi à entrer au Parlement du Schleswig-Holstein qu’en franchissant de justesse le seuil minimum de 5% des suffrages, à 5,5% selon les estimations.

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