Les travaillistes se portent garant des droits des citoyens européens

Keir Starmer a dénoncé l'approche « irresponsable » de Theresa May. [Will Oliver/ EPA]

L’opposition travailliste britannique a annoncé qu’elle garantirait les droits des ressortissants de l’UE qui vivent au Royaume-Uni en cas de victoire aux législatives.

Theresa May a pris la décision surprise d’organiser des élections anticipées le 8 juin prochain pour renforcer sa marge de manœuvre dans les négociations sur la sortie de l’UE. Le Parti travailliste, qui a environ 20 points de retard selon les sondages d’opinion, a critiqué la politique « irresponsable » de la Première ministre dans les négociations sur le Brexit.

« On dit souvent que les ressortissants de l’UE contribuent à notre société, et c’est le cas, mais ils font partie de notre société […] et ils ne doivent pas servir de monnaie d’échange », a déclaré le porte-parole du Labour pour les questions relatives au Brexit, Keir Starmer, lors d’un discours à Londres.

Inquiétudes sur le marchandage post-Brexit des droits des citoyens

Les négociateurs du Brexit devront mener des discussions « extrêmement complexes » sur les droits des citoyens européens au Royaume-Uni et des Britanniques expatriés dans l’UE.

« Aussi, dès le premier jour d’un gouvernement travailliste, nous garantirons immédiatement que tous les ressortissants de l’UE vivant actuellement au Royaume-Uni ne verront aucun changement à leur situation juridique en conséquence du Brexit. Cela ne veut pas dire […] que nous ne combattrons pas également dur pour les ressortissants britanniques dans l’UE », a-t-il ajouté.

Le porte-parole a expliqué que la stratégie travailliste en matière de Brexit viserait à conserver les avantages du marché unique européen et de l’union douanière et que la protection de l’emploi et de l’économie serait la priorité plutôt que la lutte contre l’immigration.

Le parlementaire conservateur Dominic Raab a pour sa part assuré seule Theresa May était à même de fournir « le leadership fort et stable » nécessaire pour organiser le Brexit et que chaque suffrage en sa faveur renforcerait sa position dans les négociations à venir.

Theresa May a pour l’instant refusé de répondre aux interrogations des ressortissants des pays de l’UE habitant le Royaume-Uni sur leurs droits après le Brexit. Elle s’est bornée à dire qu’elle ne s’engagerait que quand elle aurait obtenu les mêmes garanties pour les Britanniques vivant dans les autres pays de l’Union européenne.

Cela a fait dire à plus d’un que la chef du gouvernement se sert des millions de ressortissants des pays de l’UE vivant au Royaume-Uni – certains depuis des années – comme monnaie d’échange dans les discussions qui vont s’avérer extrêmement complexes, mêmes pour les négociateurs les plus chevronnés.

Pour le FMI, les élections britanniques réduiront les incertitudes liées au Brexit

La convocation soudaine d’élections législatives pourrait permettre de « réduire les incertitudes liées à la sortie du pays de l’UE », indique le Fonds monétaire international. Un article de notre partenaire, Euroefe.

Selon Keir Starmer, cette position fait partie de la stratégie « rigide » et « irresponsable » qui lui aliène les négociateurs de l’UE dès avant le début des discussions. Garantir les droits des ressortissants de l’UE serait une mesure « accueillie chaleureusement » dans le reste de l’UE, et qui montrerait le type de relation que le Royaume-Uni post-Brexit souhaite établir, a souligné le porte-parole travailliste.

« Nous devons aussi reconstruire nos relations avec nos partenaires de l’UE parce qu’elles ont été mises à mal par le ton et l’approche adoptés jusqu’ici », a-t-il conclu.

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Des millions d’Européens habitant au Royaume-Uni sont confrontés à l’incertitude au lendemain de la décision du pays de quitter l’UE. Un article de notre partenaire, Aktuálně.

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