L’agenda européen croule sous les élections à risque en 2018

Vladimir Poutine, chef d'État russe et Victor Orbán, Premier ministre hongrois, seront tous deux très probablement réélus en 2018.

Les dirigeants de l’UE ont le regard tourné vers les élections cruciales qui marqueront 2018 : en Italie, en République tchèque, en Hongrie, et en dehors des frontières, en Russie. Un article d’Euroefe.

2018 sera une année chargée de rendez-vous électoraux à différents niveaux : des élections présidentielles en Russie, Finlande, République tchèque, Irlande, Chypre, des législatives en Italie, Hongrie, Slovénie, Suède, Lettonie et en République turque de Chypre du nord, non reconnue, en passant par des élections municipales au Royaume-Uni et en Pologne et à des régionales en Allemagne.

Un quatrième mandat pour Poutine

L’attention sera surtout centrée sur la Russie, ou la quatrième victoire de Vladimir Poutine est tenue pour acquise lors des prochaines élections du 18 mars. Les pronostics indiquent une victoire historique, avec plus de deux tiers des votes pour l’actuel président. Cela lui permettra de renouveler son mandat jusqu’en 2024 et de passer près d’un quart de siècle au pouvoir.

Le seul qui pouvait faire de l’ombre à Vladimir Poutine ne participera pas au scrutin. En effet, le leader de l’opposition, Alexéi Navalni, a été retiré de la course au Kremlin par la Commission électorale centrale à cause d’antécédents pénaux –une inéligibilité dont il tient directement Vladimir Poutine pour responsable. Il appelle au boycott des élections.

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Dans l’UE, des élections auront lieu dans des pays d’Europe centrale et de l’Est, comme les présidentielles en République tchèque les 12 et 13 janvier prochains. Le favori pour ce scrutin est le chef d’État, le très controversé Milos Zeman, qui risque toutefois de se retrouver au second tour les 26 et 27 janvier face à l’indépendant Jirí Drahos.

Milos Zeman, qui considère que l’islam est « impossible à intégrer » dans la culture européenne et qui a qualifié la crise des réfugiés de 2015 en Europe d’« invasion organisée », est connu pour ses critiques de l’UE et sa bonne relation avec Vladimir Poutine, ainsi que pour ses éloges au président des États-Unis, Donald Trump, dont il valide la décision de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

En Hongrie, les élections générales auront lieu en avril et le candidat donné vainqueur est l’actuel Premier ministre, le conservateur et nationaliste Viktor Orbán, avec des intentions de vote supérieures à 40 % face à une opposition très divisée et affaiblie.

Viktor Orbán est très critique des institutions européennes (son gouvernement considère que l’accueil des réfugiés décidé par l’UE met en danger le caractère chrétien et les origines du pays) ainsi que du magnat américano-hongrois, George Soros.

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En juin, les législatives en Slovénie pourraient marquer l’effondrement du parti du Centre moderne du Premier ministre, Miro Cerar, et déboucher sur une fragmentation et une difficile formation du gouvernement.

L’Italie sera aussi au centre de toutes les attentions lors des élections du 4 mars, après une législature qui a vu passer trois Premiers ministres du Parti démocrate – Enrico Letta, Matteo Renzi et Paolo Gentiloni. La campagne verra aussi le retour médiatique de l’ancien chef de gouvernement et chef de file de Forza Italia, Silvio Berlusconi, qui reste cependant inéligible à toute fonction publique, car condamné pour fraude fiscale.

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Si les sondages se réalisent, les élections déboucheront sur un panorama très fragmenté qui nécessitera des pactes. Même si le mouvement Cinq Étoiles est en tête des intentions de vote avec 30 % (face à 20 % pour le Parti démocrate), il pourrait se faire dépasser par une coalition de droite composée de Forza Italia, du parti xénophobe Ligue du nord et de l’ultraconservateur Fratelli d’Italia.

En Irlande, les élections présidentielles auront lieu avant novembre 2018, date à laquelle se conclut le mandat de Michael D.Higgins.

Pendant ce temps, dans les pays nordiques, la Finlande se rend aux urnes pour les présidentielles le 28 janvier. Le conservateur Sauli Niinistö devrait être réélu au premier tour selon les sondages. Les élections suédoises se tiendront le 9 septembre. Le gouvernement minoritaire (entre les sociodémocrates et les verts) cherchera alors à se faire réélire, tâche qui s’annonce complexe.

La Lettonie organise quant à elle ses élections législatives le 6 octobre et le grand favori est le parti prorusse Armonia du maire de Riga, Nils Usakovs.

À l’automne, l’Allemagne convoquera des élections régionales dans les États de Hessen et de Bavière où, selon les pronostics, les conservateurs de l’Union chrétienne-sociale (CSU) – jumelée à l’Union chrétienne-démocrate d’Angela Merkel – devraient sortir vainqueurs, mais peut-être sans majorité absolue.

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Au niveau municipal, la Pologne organise des élections en novembre. Le parti conservateur et nationaliste au pouvoir, Droit et justice, cherchera à étendre son contrôle aux mairies des grandes villes, en particulier Varsovie.

Au Royaume-Uni, le 3 mai, des conseillers seront désignés dans plus d’une centaine de mairies.

Quant à Chypre, l’île honorera deux rendez-vous électoraux, desquels dépendra la reprise du processus de réunification : des élections législatives dimanche prochain dans la République turque autoproclamée de Chypre du Nord, et des présidentielles en République de Chypre, avec pour favori à sa réélection, le conservateur Nikos Anastasiadis.

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