L’alliance de gauche menace la majorité d’Emmanuel Macron

Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon à Marseille en septembre 2021. [EPA-EFE/LUDOVIC MARIN / POOL MAXPPP OUT]

Dans les derniers sondages pour les élections législatives, la Nouvelle union populaire écologique et sociale (NUPES) n’a eu de cesse de progresser et met désormais en danger la majorité présidentielle, selon un sondage publié mardi (31 mai).

Jusqu’à il y a quelques semaines, la majorité présidentielle dominait confortablement le scrutin des élections législatives des 12 et 19 juin prochains. Depuis que l’alliance des principaux partis de gauche a été scellée, la NUPES, regroupée autour de Jean-Luc Mélenchon, bénéficie d’une dynamique positive, sans pour autant parvenir à s’imposer comme majoritaire, à ce stade.

Malgré tout, la progression de la gauche unie est suffisamment importante pour que, pour la première fois, la coalition d’Emmanuel Macron puisse n’obtenir qu’une majorité relative, selon un sondage Ifop-Fiducial pour LCI publié mardi.

Extrait du sondage Ifop-Fiducial pour LCI publié le mardi (31 mai) – projections par siège.

Selon les projections de l’étude Ifop, la confédération en soutien du président, baptisée Ensemble !, obtiendrait entre 275 et 310 sièges. Le gouvernement d’Élisabeth Borne pourrait alors devoir s’allier avec d’autres groupes ou députés afin d’atteindre la majorité absolue, qui se situe à 289 sièges.

Ce sondage est isolé pour le moment, mais une étude Ipsos menée à la mi-mai auprès d’un échantillon très large (de 11 400 personnes) estimait l’élection de 290 à 330 députés macronistes. La fourchette basse était alors supérieure d’à peine d’un siège par rapport au seuil de la majorité absolue.

Les priorités d’Élisabeth Borne : pouvoir d’achat, santé et climat

La Première ministre Élisabeth Borne a tracé vendredi (27 mai) les contours de l’action gouvernementale, à la fois sur le fond et la méthode, en définissant le pouvoir d’achat, la santé et le climat comme les « urgences » que le gouvernement doit affronter dans les semaines à venir.

Pas de campagne, pas de majorité ?

Les résultats de l’étude confortent tout de même le camp présidentiel comme étant la première force politique du pays, avec 26-27 % d’intentions de vote au premier tour, contre 25 % pour la NUPES et 21 % pour le Rassemblement national de Marine Le Pen.

La baisse dans les intentions de vote est à peine perceptible tandis qu’elle est flagrante dans les projections en nombre de sièges.

Avant que l’Union de la gauche ne soit officialisée, entre fin avril et début mai, les instituts de sondage estimaient entre 330 et 370 le nombre d’élus sous l’étiquette de la majorité présidentielle.

À partir de début mai, les partis en soutien d’Emmanuel Macron accusent une baisse, bien que toujours majoritaires à l’Assemblée selon les différentes projections, qui estiment que pouvaient être élus entre 300 et 350 députés marcheurs.

Depuis la nomination d’Élisabeth Borne comme Première ministre et de son gouvernement, la baisse s’est poursuivie, même si très légèrement, avec une fourchette basse entre 275 et 290 sièges et une fourchette haute entre 310 et 330.

Les raisons de ce tassement sont multiples, mais elles peuvent s’analyser notamment par l’absence du camp présidentiel dans la campagne électorale pour les élections législatives. Les cadres de la Macronie et le président lui-même étaient occupés en particulier par la recherche et la nomination de la Première ministre d’abord et du gouvernement ensuite.

La stratégie d’Emmanuel Macron qui s’était avérée payante lors de l’élection présidentielle – mener une campagne éclair sur les deux dernières semaines – pourrait ne pas suffire cette fois-ci.

La gauche monopolise l’espace politique médiatique

Au contraire, la gauche a su occuper l’espace médiatique et politique, pendant que les macronistes, la droite et l’extrême droite étaient plutôt absents.

La Nouvelle union populaire a non seulement décliné les 650 mesures de son programme, mais a aussi insisté sur les polémiques qui ont parasité les premières semaines du gouvernement Borne.

Parmi elles, l’affaire Damien Abad, ministre accusé de viol dont les cadres de gauche ont demandé la démission, ou encore les débordements qui ont eu lieu au Stade de France, en mettant en cause la doctrine de maintien de l’ordre du ministère de l’Intérieur.

Le gouvernement français dans la tourmente après les heurts au Stade de France

Depuis la soirée de samedi (28 mai), le ministre de l’Intérieur tente de contrecarrer la charge des oppositions et de la presse anglaise quant aux multiples incidents survenus au Stade de France lors de la finale de la Ligue des Champions.

Grâce à cette union, les dispersions de voix sont faibles étant donné que les quatre principaux partis de gauche ne sont en concurrence dans aucune circonscription, même si des candidatures dissidentes existent.

Pour rappel, en vertu de l’accord signé avec La France insoumise, les différents partis écologistes ont obtenu 100 investitures, les socialistes 70 et les communistes 50, sur un total de 577 circonscriptions. Les restantes sont attribuées à La France insoumise.

Le but affiché par la NUPES est d’obtenir une majorité à l’Assemblée nationale et ainsi imposer une cohabitation à Emmanuel Macron, afin qu’il soit contraint de nommer Jean-Luc Mélenchon comme Premier ministre.

Une élection boudée par les Français

Les instituts de sondage sont unanimes sur la faiblesse de la participation lors des élections législatives du 12 et 19 juin prochains. Ipsos l’estimait à 47 % dans son étude publiée le 23 mai dernier, confirmant les données de l’Ifop (48 %).

Et les résultats finaux de l’élection pourraient subir les conséquences d’une forte abstention, en désavantageant notamment la gauche.

En effet, les électeurs affirmant être proches de la gauche ne devraient être que 47 % à se déplacer, tandis que 62 % des macronistes et 57 % de la droite prévoient de le faire. Les électeurs ne se retrouvant dans aucun parti sont aussi ceux qui voteront le moins (30 % de participation).

La task-force de la France pour l’écologie et l'énergie

Deux ministres à la fibre technique et passées par le secteur privé, Amélie de Montchalin et Agnès Pannier-Runacher, devront mener à bien la politique écologique de la France, sous l’œil attentif d’Élisabeth Borne, Première ministre.

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