L’argent public, morphine des Français selon Macron

Emmanuel Macron

Dans deux interviews accordées au Journal du dimanche (JDD) et au Figaro Emmanuel Macron dresse son propre bilan. Il assure vouloir déshabituer les Français de la distribution d’argent public.

C’est dans l’avion en partance et au retour d’Australie, où le président a effectué une visite officielle la semaine dernière, qu’Emmanuel Macron distille ses confidences. Un an jour pour jour après son élection, le chef de l’Etat s’est livré à deux interviews publiées pour l’une dimanche par le JDD, pour l’autre lundi par le Figaro. Dans ces deux entretiens aériens, Emmanuel Macron revient sur sa politique étrangère et les débuts de son mandat, alors que nombre de titres de presse dressent le bilan de ses un an au pouvoir.

« Remaçonner » la relation franco-américaine 

L’interview accordée au JDD a été l’occasion pour le président français d’expliciter sur sa politique étrangère, et en particulier la relation franco-américaine. Deux semaines après sa visite au président américain, Emmanuel Macron a affirmé au JDD son souhait de « remaçonner la stratégie avec Donald Trump en se focalisant sur le politico-militaire et la lutte contre le terrorisme ».

Revenant sur les frappes aériennes menées conjointement par la France, les États-Unis et le Royaume-Uni en Syrie le 14 avril dernier, le chef de l’État français met en avant son rôle décisif pour convaincre Donald Trump de mener ces frappes. « Il n’avait pas décidé le 8 avril de sa réaction aux attaques chimiques », raconte Emmanuel Macron, qui aurait alors assuré au président américain que « Bachar al-Assad nous teste dans cette nouvelle séquence » et que « compte tenu des preuves dont nous disposons notre frappe conjointe sur des seuls sites chimiques est décisive pour notre crédibilité ».

La guerre en Syrie pousse les ministres de l’UE à faire l’impasse sur l’unanimité

Le président de la Commission et le ministre allemand des Affaires étrangères ont convenu de contourner l’unanimité requise des ministres de l’UE sur les questions de politiques étrangères, y compris la guerre en Syrie.

Sur le dossier iranien, le président français se montre plus pessimiste sur sa capacité à convaincre son homologue américain. « J’essaie de lui rappeler la logique interne des différents dossiers liés à l’Iran. Aussi pour le ramener sur la Syrie ».

« Dialogue stratégique » avec la Russie

Concernant la Russie, le président français a présenté une position ferme sur les soupçons d’ingérences dans la campagne présidentielle française de l’année dernière. « Je serai intraitable sur l’entrisme et les tentatives d’ingérence, nous ne nous laisserons pas faire », cite Europe 1.

La campagne d’ingérence de Poutine dans les affaires occidentales s’intensifie

Espionnage, désinformation, menaces, les « mesures actives » de Poutine pour déstabiliser les sociétés et les gouvernements européens se multiplient, selon un rapport du Conseil européen pour les relations internationales.

Dans le même temps, il affirme néanmoins vouloir « arrimer la Russie à l’Europe » au travers d’un « dialogue stratégique et historique » avec Moscou, qu’il pourra notamment développer les 24 et 25 mai lors d’une rencontre avec Vladimir Poutine.

Un an au pouvoir, une « date symbolique »

Si l’interview au JDD s’est concentrée sur la politique étrangère, celle pour le Figaro aborde plus largement son début de mandat, un an après son élection. Le chef d’État refuse de fêter l’anniversaire : « Cette date (…) ne marque rien. C’est une date symbolique, ce n’est pas un point d’inflexion du quinquennat », affirme le président selon le JDD.

Plusieurs sondages dressent un tableau mitigé de la popularité du président. Dans un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour le Figaro et Franceinfo publié le 4 mai, Emmanuel Macron concentre presque autant d’opinions positives que négatives (48 % contre 52 %), mais « près de 6 Français sur 10 (59%) ne voudraient pas [qu’il] se représente en 2022 ». Emmanuel Macron y est perçu comme le « président des riches » par 72 % des personnes interrogées, alors qu’un même taux estime que sa politique est « socialement injuste » selon le récent baromètre économique d’Odoxa.

Le chef de l’État souhaite néanmoins tenir son cap. « Il y a des changements structurants qui restent à mettre en place et qui vont nous demander autant de mobilisation qu’au cours de cette première année » rappelle-t-il, tout en soulignant que « jusqu’à présent, la seule manière de faire ressentir rapidement un changement aux Français consistait à distribuer de l’argent public. Notre pays s’était habitué à cette morphine. J’assume ce passage d’un traitement symptomatique à un traitement plus en profondeur, même si cela prend plus de temps. »

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