L’assemblée franco-allemande sera lancée le 25 mars

Le temps n'est pas au beau fixe entre Paris et Berlin. [Alexandros Michailidis/Shutterstock]

La chambre binationale qui doit mettre en oeuvre le traité d’Aix-la-Chapelle démarre sur fond de relation franco-allemande tendue.

L’Assemblée nationale a adopté, lundi 11 mars, le texte prévoyant la coopération entre les assemblées française et allemande.

La coopération renforcée entre les législateurs des deux pays s’inscrit dans le cadre du traité d’Aix-la-Chapelle. Signé en Allemagne en début d’année, le nouveau traité destiné à renforcer et moderniser la relation franco-allemande a été décrié par les extrêmes, et assailli d’ « infox ». L’extrrême droite a assuré que la France allait rentre l’Alsace et la Lorraine à l’Allemagne à cette occasion, ou que le soutien de l’apprentissage des deux langues allait se terminer en administration allemande de régions françaises.

Traité d'Aix-la-Chapelle : 14 projets et des critiques

La signature du traité d’Aix-la-Chapelle, mardi 22 janvier, a été suivi de l’annonce de projets concrets, conséquences du traité. Les pro-Européens soulignent le manque d’ambition du traité, alors que l’extrême-droite veut saisir le Conseil constitutionnel.

La gauche a de son côté critiqué le manque d’ambition du texte, notamment le fait que la nouvelle assemblée n’ait qu’un rôle consultatif.

La nouvelle assemblée, qui a notamment pour mission de vérifier la mise en oeuvre du traité, doit se retrouver le 25 mars pour une première réunion constitutive.

L’objet de cette coopération est aussi d’harmoniser la transposition des textes européens, et à terme d’unifier les droits français et allemands concernant les entreprises, une demande récurrente notamment pour les entreprises actives dans la zone transfrontalière.

Refroidissement entre la France et l’Allemagne ?

Le vote s’est inscrit dans une période marquée par les différends entre les deux pays. Après les nouvelles propositions d’Emmanuel Macron pour l’Europe, la droite allemande, soutenue par Angela Merkel, a vivement réagi.

La réponse allemande à l’Europe de Macron

La vision de l’Europe de la future chancelière allemande concorde avec les propositions françaises en matière de sécurité. En revanche, elle diverge sur des questions sociales clés.

Avec des contre-propositions dont certaines tranchent sérieusement avec celle de Macron. Ainsi, Annegrette Kramp-Karrenbauer souhaite supprimer le siège de Strasbourg du Parlement européen, et obtenir un siège commun au conseil de sécurité de l’ONU, ce que la France n’a pas l’intention de négocier.

« Non, nous ne partagerons pas notre siège permanent au conseil de sécurité de l’ONU ni avec l’Allemagne ni avec quiconque », a assuré la ministre des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, devant les députés, lundi 11 mars, tout en refusant également toute remise en cause du siège du Parlement européen.

Cette opposition tranche avec les propositions allemandes, et s’inscrit aussi dans une campagne électorale dans laquelle Nathalie Loiseau est très impliquée, mais aussi où la droite européenne se voit menacée par le centre droit revigoré par Emmanuel Macron.

Un psychodrame qui ne semble pas affecter outre mesure les députés impliqués dans le projet de chambre franco-allemande.

Frédéric Petit, député des Français établis à l’étranger (Allemagne, Europe centrale, Balkans) et artisan du projet, y voit un outil pour « répondre aux défis que connaît l’Union européenne aujourd’hui en fédérant les partenaires européens autour de solutions innovantes communes ».

Christophe Arend : « le traité d'Aix-la-Chapelle veut supprimer les irritants du quotidien»

Améliorer à terme le quotidien des 150 millions d’Européens qui vivent en zone transfrontalière est l’un des enjeux du traité d’Aix-la-Chapelle, qui doit être signé le 22 janvier entre la France et l’Allemagne.

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