L’avenir de l’UE, un enjeu périphérique pour de nombreux électeurs

Le 23 avril, les électeurs français se sont déplacés dans leur bureau de vote pour le premier tour de l'élection présidentielle.

L’avenir de l’Europe a été au cœur des débats de la campagne présidentielle. Mais n’a pas toujours  constitué un critère de premier plan pour les électeurs français.

Sortir ou rester dans l’Union européenne, telle ne semble pas avoir été la question fondamentale  des électeurs français le 23 avril.

À l’occasion du premier tour de l’élection présidentielle, les 47 millions de citoyens inscrits sur les listes électorales se sont déplacés tout au long de la journée pour choisir les deux candidats qui accèderont au second tour.

À Paris dans le 14eme arrondissement, les électeurs du bureau de vote de la rue Boulard ont aussi choisi leur candidat.

Un débat à venir

C’est le cas de Henri, qui vote traditionnellement à droite. Pour  ce premier tour de l’élection présidentielle, il n’a pas dérogé à ses habitudes, et a voté pour le candidat « Les Républicains ».

Pour lui, le débat sur l’Europe n’a pas encore véritablement eu lieu dans la campagne présidentielle, « mais devrait davantage avoir lieu pendant l’entre-deux tour, si Emmanuel Macron et François Fillon se qualifient ».

Pour ce cinquantenaire, l’enjeu principal de ce premier tour est avant tout « d’éviter les extrêmes, notamment un second tour entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

Olivier, 57 est « technicien et musicien de profession, mais en ce moment plutôt au chômage ». Il s’est déplacé pour voter pour le candidat socialiste, Benoît Hamon. Un vote d’adhésion, puisque « c’est seulement la deuxième fois de ma vie que je vais voter, la première fois s’était pour José Bové ». C’était il y a 10 ans, puisque José Bové a été candidat aux présidentielles de 2007 pour les écologistes. C’est justement l’alliance du parti écologiste (EELV) et des socialistes qui a poussé Olivier à se déplacer.

Pour choisir son candidat, l’Europe n’a pas beaucoup pesé. « Benoît Hamon, je pense qu’il est plutôt pro-européen. L’Europe, c’est une grosse machine, on ne sait pas trop par quel bout la prendre, mais il vaudrait quand même mieux la garder. Les anti-européens me semblent un peu passéistes.

Mélenchon ne rebute pas les pro-européens

M. Gnazale est technicien. À 43 ans, il se dit « de gauche depuis la naissance », et a voté pour le candidat de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon. « Dans le programme d’un candidat, on ne peut pas se baser sur tous les critères, mais seulement sur deux ou trois ».

« Ce que les gens n’ont pas compris c’est que Mélenchon ne dit pas qu’il faut sortir de l’UE, il dit qu’il faut changer la donne et renégocier, alors il faut voir ce que ça donne ! » explique M. Gnazale. « L’Union européenne peut-être quelque chose de favorable, en sortir ce n’est pas ma vision » assure-t-il non sans paradoxe.

À 22 ans, Laurent vote pour la première fois à l’élection présidentielle, et s’est décidé pour Emmanuel Macron, après beaucoup d’hésitations. Le programme pro-européen du candidat « n’a pas forcément pesé dans ma décision, même si c’est un sujet assez important » reconnaît-il.

« On n’a pas forcément d’exemples de pays qui sont sortis, même la Grande-Bretagne n’est pas vraiment sortie. L’euro ne nous a pas forcément apporté que du bon, mais pas que du mauvais non plus ».

Prime à la politique intérieure

Alexis est juriste-fiscaliste. À 27 ans, il se dit « plutôt de gauche », mais sans parti politique de prédilection. Aujourd’hui il a voté pour Jean-Luc Mélenchon, en dépit de son programme « de politique extérieure et de politique européenne, qui ne me convient pas du tout ».

« Mais sur la politique intérieure, son programme me convient, et j’ai bon espoir que malgré tout on reste dans l’UE, car je suis profondément pro-européen, même s’il faut repenser le système

« J’espère, si le plan A de Mélenchon de renégocier les traités ne fonctionne pas, que son plan B de sortir de l’UE pas référendum ne passera pas »  explique-t-il, « car je me sens très Européen ».

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