Le Brexit pousse les conservateurs européens vers les souverainistes

Jean-Frédéric Poisson (leader du Parti Démorate-chrétien), Ryszard Legutko (président du groupe des Conservateurs et réformistes au Parlement européen) et Nicolas Dupont-Aignan (leader de Debout la France) au lancement des "Rencontres europeénnes pour un plan B" le lundi 28 mai [Crédit: Lucie Lebens Debout la france]

Bientôt privé de ses élus britanniques, le groupe des conservateurs au Parlement européen se rapproche des partis souverainistes français tels que Debout la France, en amont des élections européennes.

À un an des élections européennes, de nouvelles alliances tendent à se former du côté des eurosceptiques au Parlement européen.

Lundi 28 mai, le président du groupe des Conservateurs et réformistes européens Ryszard Legutko a participé à une réunion de travail commune avec plusieurs partis de la droite française.

Portées par les « Amoureux de la France », une plateforme politique lancée en octobre dernier par Debout la France et le Parti chrétien-démocrate,  « rencontres européennes pour un plan B » visent à aboutir à la formation d’un programme alternatif commun en vue des élections européennes.

A l’issue de cette première réunion, les partis de droite et le groupe ECR au Parlement européen ont rappelé leurs critiques à l’égard du fonctionnement actuel de l’Union européenne. « La Commission européenne usurpe des compétences qui ne lui ont pas été données », a asséné Ryszard Legutko, tandis que Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien-démocrate, insistait sur la « brutalité institutionnelle » de Bruxelles.

Si cette première réunion devrait être suivie d’autres rencontres, les deux ensembles réfutent pour l’heure toute alliance officielle en vue des élections européennes de mai 2019.

Selon Nicolas Dupont-Aignan, Debout la France et ses partenaires des « Amoureux de la France » souhaitent « d’abord inventer un programme politique », avant de tenter de « convaincre » les électeurs. Le député maintient le suspense sur la participation de Debout la France au scrutin européen. Pendant la conférence, il a cependant souligné la poussée des partis eurosceptiques dans de nombreux pays européens, et affirmé que les élections de l’année prochaine pourraient être « l’occasion d’avoir un Parlement européen à majorité eurosceptique ».

Les élections européennes, moteur de la lutte contre l’euroscepticisme

La perspective de voir les partis eurosceptiques arriver en très bonne place aux prochaines élections européennes et nationales préoccupent les fonctionnaires européens et les pro-européens.

Jusqu’à présent, Nicolas Dupont-Aignan avait montré plus d’affinités avec le britannique Nigel Farage, membre du groupe Europe de la liberté et de la démocratie directe, auquel sont également affiliés les Patriotes, parti créé par l’ex-membre bras-droit de Marine Le Pen Florian Philippot. Une alliance avec les conservateurs européens lui permettrait néanmoins de rallier la première force eurosceptique du Parlement européen, en cas de participation aux élections de mai 2019.

Du côté ECR, l’enjeu d’une telle coopération est également de taille. Le groupe se cherche en effet de nouveaux alliés pour compenser la perte de ses eurodéputés britanniques avec le Brexit, prévu en mars 2019. Ces derniers représentent la majorité du groupe, 19 eurodéputés sur 71 au total. En marge de la conférence, Ryszard Legutko a confié consulter tant des Autrichiens, Italiens, Slovaques ou encore Suédois, dans l’optique d’élargir ses soutiens.

Europe des coopérations

Le programme issu de ces rencontres européennes, que les partis souhaitent voir terminer pour septembre, devra fournir une « offre politique alternative », selon Nicolas Dupont-Aignan. Au cœur de ce programme devrait se trouver le principe de « coopération à la carte », selon lequel chaque Etat pourrait décider de participer à une coopération sur un projet spécifique. Les domaines concernés restent à définir mais pourraient toucher « la cohésion économique, sociale et territoriale, la protection des consommateurs, l’aide humanitaire » ou encore « la politique étrangère », selon une liste contenue dans le Traité alternatif pour une Europe des nations.

Une avancée «historique» sur la défense européenne

La mise en place d’une coopération permanente en matière de défense représente un pas en avant inédit. Emmanuel Macron, qui assistait à son premier sommet européen, a souligné le rôle de Jean-Claude Juncker en tant qu’architecte du projet.

Réalisé par le parti Debout la France, ce document sera pris pour base des réflexions sur le futur programme commun. Outre le principe de coopération, ce texte propose que les décisions soient prises à l’unanimité, sauf quelques exceptions pour lesquelles la majorité qualifiée serait possible mais avec un droit de veto pour chaque État membre. Le Parlement européen serait également transformé en une « Assemblée européenne » composée de « représentants des États membres » désignés par chaque parlement national.

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