Le Brexit refroidit les vélléités de sortie de l’UE

Florian Philippot est un des derniers, avec François Asselineau, à réclamer un Frexit en France. [EPA-EFE/MATHIEU CUGNOT]

Le parti d’extrême droite suédois, les Démocrates de Suède, ne réclame plus une sortie de l’UE. Et il n’est pas le seul : plusieurs partis populistes d’Europe ont fait marche arrière à ce sujet.

Les Démocrates de Suède, parti d’extrême droite arrivé troisième aux législatives de septembre 2018, est revenu sur son projet de quitter l’Union européenne, qui était pourtant un pilier de son programme.

Dans une tribune du journal Aftonbladet, le chef de file du parti, Jimmie Akesson, explique qu’il préfère réformer l’UE de l’intérieur pour redonner plus de pouvoir aux nations. « Si cela ne fonctionne pas sur le long terme, je n’exclus pas que la Suède renégocie les conditions de son adhésion ou organise un référendum ».

Il faut dire que cette « Europe des nations » a le vent en poupe chez d’autres partis populistes européens. En France, seuls deux irréductibles Gaulois, François Asselineau (Union populaire républicaine) et Florian Philippot (Les Patriotes) défendent encore la sortie de la France de l’Union européenne. Ce dernier a rompu avec Marine Le Pen, dont il déplore justement l’inflexion sur l’UE et l’euro.

Le FN peu curieux des modalités d'une sortie de l'euro

Cinq députés européens ont interrogé le président de la Banque centrale européenne sur les modalités pratiques de sortie d’un pays de la zone euro. Aucun des 21 députés européens Front National ne comptent parmi eux. Un article de notre partenaire, La Tribune.

Plus question en effet pour le Rassemblement national de prôner un référendum sur le Frexit. Marine Le Pen défend désormais « une autre Europe », une « union des nations européennes ».

Même tendance du côté de la France Insoumise. À l’occasion de l’université d’été du parti, en septembre 2018, Jean-Luc Mélenchon a très clairement rejeté le scénario d’une sortie de l’Europe. Lui aussi veut négocier avec Bruxelles de l’intérieur.

En Allemagne, le « Dexit » est envisagé par l’AfD, le parti nationaliste allemand, mais uniquement « en dernier recours », si les réformes réclamées ne sont pas mises en œuvre en profondeur.

« Même si cela nous démange de vouloir abolir cette machine corrompue, hypertrophiée, non démocratique, échappant à tout contrôle et potentiellement totalitaire [qu’est l’UE], nous devons garder à l’esprit que cela peut avoir des conséquences imprévisibles », avait plaidé Alexander Gauland, président du groupe au Bundestag, lors du congrès du parti le 13 janvier, cité par Le Monde.

L’AfD veut supprimer le Parlement européen

Les responsables de l’AfD ont adopté un manifeste appelant à série de changements pour l’UE, allant de l’abolition du Parlement européen à la sortie de l’Allemagne de la zone euro. Un article d’Euractiv Allemagne.

Le Brexit comme antidote

Selon l’Eurobaromètre d’octobre 2018, 68 % des Européens estiment que l’adhésion à l’UE leur est bénéfique. Il s’agit du pourcentage le plus élevé depuis le pic enregistré  entre la chute du mur de Berlin en 1989, et l’adoption du traité de Maastricht en 1992.

Les résultats montrent que ce regain d’intérêt pour l’UE est survenu à partir du référendum sur le Brexit en juin 2016, dont le résultat a été un véritable choc pour toute l’Europe.

Après deux ans de négociations tendues, Britanniques et Européens sont las de perdre leur temps, au détriment de la politique nationale. Sans compter les effets néfastes pour les entreprises, le commerce et les investissements.

Pessimisme et fatigue générale jalonnent la dernière ligne droite du Brexit

Face à une UE unie et ferme sur ce qu’elle acceptera ou n’acceptera pas pour le Brexit, le Royaume-Uni semble toujours dans le flou et les questions majeures telles que la frontière nord-irlandaise restent en suspens.

D’ailleurs, 62 % des Français déclarent qu’ils voteraient contre un Frexit si un tel référendum avait lieu, selon l’eurobaromètre d’octobre 2018.

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