Le commissaire européen Didier Reynders vise le Conseil de l’Europe

Une fois désigné par le gouvernement belge, Didier Reynders devra obtenir le soutien d’une majorité des 46 États membres du Conseil de l’Europe, le vote final étant prévu pour le mois de juin. [EPA/RONALD WITTEK]

Le gouvernement fédéral belge décidera mercredi (10 janvier) s’il soutient la candidature du commissaire européen à la Justice Didier Reynders au poste de secrétaire général du Conseil de l’Europe, l’organisation de défense des droits humains regroupant 46 États signataires de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme.

La nouvelle, d’abord rapportée par le quotidien belge La Libre, est tombée après que le Charles Michel, président du Conseil européen (l’institution qui réunit les chefs d’État et de gouvernement de l’UE) a annoncé samedi (6 janvier) qu’il serait la tête de liste du parti libéral Mouvement Réformateur (MR, Renew Europe), qui est également le parti de M. Reynders, aux élections européennes de juin.

Didier Reynders avait précédemment fait part de son intérêt pour la liste européenne, il a toutefois été devancé par Charles Michel.

Avec seulement deux sièges qui reviendraient au MR au Parlement européen à l’issue des élections, l’annonce de Charles Michel a sérieusement entravé les chances de Didier Reynders d’entrer au Parlement européen — l’un de ces sièges devant revenir à une femme selon la presse belge — ou d’être à nouveau commissaire européen pour la Belgique.

M. Reynders avait déjà tenté de rentrer au Conseil de l’Europe en 2019, alors qu’il était vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères et de la Défense, mais il avait été évincé par Marija Pejčinović Burić, ancienne ministre croate des Affaires étrangères.

Une fois désigné par le gouvernement belge, Didier Reynders devra obtenir le soutien d’une majorité des 46 États membres du Conseil de l’Europe, le vote final étant prévu pour le mois de juin.

Remaniements à la Commission européenne

On ne sait pas encore si, dans la foulée d’autres commissaires qui ont quitté leurs postes en amont des élections européennes, M. Reynders quittera lui aussi son poste au sein de l’exécutif  de l’UE avant septembre 2024, date à laquelle son mandat de cinq ans en tant que secrétaire général commencerait s’il devait être élu.

Pour rappel, l’ancienne commissaire européenne à la Culture Mariya Gabriel, aujourd’hui ministre des Affaires étrangères de la Bulgarie, et l’ancien commissaire chargé du Pacte vert pour l’Europe (Green Deal), Frans Timmermans, aujourd’hui chef de l’opposition néerlandaise, ont respectivement démissionné en mai et en août de l’année dernière.

Dans le même temps, la danoise Margrethe Vestager avait temporairement delaissé son portefeuille de commissaire à la Concurrence en septembre pour faire campagne pour la présidence de la Banque européenne d’investissement (BEI). Elle a maintenant repris ses fonctions après avoir été évincée par la ministre espagnole de l’Économie, Nadia Calviño.

Plus récemment, la Finlandaise Jutta Urpilainen, commissaire européenne aux Partenariats internationaux, a quitté son poste pour se présenter aux élections présidentielles finlandaises du 28 janvier, malgré des sondages décourageants.

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Le commissaire européen à la Justice Didier Reynders va remplacer temporairement Margrethe Vestager à la Concurrence au sein de l’exécutif européen. La responsable danoise prenant un congé sans solde pour postuler à la présidence de la Banque européenne d’investissement (BEI).

[Édité par Anne-Sophie Gayet]

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