Le gouvernement minoritaire tchèque remporte le vote de confiance grâce aux communistes

Andrej Babis au centre, au parlement.

Le gouvernement minoritaire du Premier ministre Andrej Babis a remporté un vote de confiance grâce au soutien des communistes. Une première depuis la chute du rideau de fer. Un article de notre partenaire Ouest-France.

Le gouvernement minoritaire tchèque du Premier ministre milliardaire Andrej Babis a remporté le vote de confiance jeudi grâce au soutien des communistes, a constaté l’AFP. Il s’agit du premier gouvernement tchèque à parvenir au pouvoir avec le soutien du Parti communiste depuis la chute du rideau de fer en 1989.

Election décisive pour les pro-européens en République tchèque

Le chef de l’État sortant, le pro-russe Miloš Zeman, ou son rival pro-européen, Jiří Drahoš ? Les électeurs tchèques tranchent ce week-end. La marge s’annonce étroite et chaque voix comptera.

« Le parlement a donné sa confiance au cabinet », a déclaré le président de l’Assemblée, Radek Vondracek, à l’issue d’un vote intervenu après une séance marathon de plus de 16 heures. Sur les 196 élus présents, 105 ont voté en faveur du gouvernement Babic et 91 contre.

Andrej Babis, confronté à des accusations de fraude aux subventions de l’UE, s’efforce depuis sa victoire aux législatives d’octobre de former un gouvernement. Le mouvement centriste et populiste (ANO) de Andrej Babis – deuxième fortune du pays, fondateur du géant agro-alimentaire Agrofert et qui contrôle aussi deux des principaux quotidiens – a largement remporté les législatives d’octobre 2017.

Prorusses et anti-OTAN

Ayant échoué depuis à constituer un cabinet viable, Andrej Babis s’est allié aux sociaux-démocrates pour former un gouvernement minoritaire nommé par le président Milos Zeman le 27 juin. La lutte contre l’immigration illégale, la corruption et le gaspillage figurent parmi les principaux objectifs du cabinet.

Législatives tchèques : la peur des migrants dans un pays sans migrants

En République tchèque, les discours radicaux contre les réfugiés ont fait un hold-up sur le débat politique à la veille des législatives. Le pays a accueilli 12 réfugiés sur les 1600 qui lui étaient impartis.

Les communistes, ouvertement prorusses et anti-OTAN, l’avaient assuré de leur soutien informel à son gouvernement en échange de postes dans des entreprises publiques. « Cette situation représente un changement, mais ce n’est pas une révolution », a dit à l’AFP l’analyste politique Tomas Lebeda. Il a estimé que le nouveau cabinet aura une « certaine stabilité pour un temps » tout en exposant sa fragilité.

Pro-russes et pro-européens s'affrontent en république tchèque

Les Tchèques devront retourner aux urnes les 26 et 27 janvier pour un duel présidentiel entre le chef de l’Etat sortant, le pro-russe Milos Zeman, arrivé samedi en tête du premier tour, et un rival sérieux, le pro-européen Jiri Drahos.

 

Plusieurs centaines de manifestants s’étaient rassemblés devant le parlement mercredi pour protester contre cette alliance informelle avec le Parti communiste. Lorsque Andrej Babis est sorti leur parler, il a été conspué et certains protestataires ont jeté des bouteilles en plastique vers lui.

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