Le groupe ALDE rebaptisé «Renew Europe»

Les libéraux changent de nom pour apaiser leurs membres français. [(Parlement européen)]

Le groupe politique centriste qu’ont rejoint au Parlement européen les élus français de la liste « Renaissance » a été rebaptisé « Renew Europe », un nom qui ne contient plus le mot  libéral à la demande de ces derniers.

Les 21 eurodéputés français élus fin mai sur la liste « Renaissance » forment la plus importante délégation de ce  nouveau groupe de plus d’une centaine de membres, qui sera le troisième dans l’hémicycle derrière celui des conservateurs du Parti Populaire Européen (PPE, droite) et des sociaux-démocrates (S&D).

Les eurodéputés français jugeaient toute référence au libéralisme trop connotée en France et ont donc obtenu gain de cause : le groupe s’appellera « Renew Europe ».

Ce nouveau groupe est bâti sur les bases de celui de « l’Alliance des libéraux et démocrates pour l’Europe (ALDE) », présidé par l’ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, soutien affiché des ambitions européennes d’Emmanuel Macron.

« Notre nouveau groupe au Parlement européen a choisi un nouveau nom: Renew Europe » (Renouveler l’Europe, en français), a annoncé Guy Verhofstadt mercredi sur Twitter, se réjouissant de voir émerger une formation « plus forte que jamais ».

Exclusif – Renaissance dévoile ses alliés à Strasbourg

Sept partis européens s’engagent demain à Strasbourg avec Renaissance. C’est la fin du suspens pour les alliés des macronistes au Parlement européen, qui espèrent former un groupe de 100 personnes au centre.

Le nouveau nom « devrait satisfaire nos nouveaux partenaires français », a réagi le nouvel eurodéputé britannique Lib Dem Chris Davis, dont la délégation sera la deuxième du groupe. « Mais beaucoup d’entre nous continueront à l’appeler le groupe libéral. »

Renew Europe occupera une position charnière au Parlement européen, après que les groupes du PPE et du S&D ont perdu lors des élections leur capacité historique à former une majorité à eux deux.

Et les nouveaux arrivants français comptent bien y jouer les premiers rôles, sous la houlette de l’ancienne ministre Nathalie Loiseau, candidate à la présidence de ce nouveau groupe, qui devrait être décidée le 18 ou le 19 juin.

Sa candidature semble naturelle étant donnés les effectifs apportés par sa liste, mais elle s’est retrouvée fragilisée après des fuites de propos qu’elle a tenus lors d’un « off » avec des journalistes à Bruxelles.

Ses critiques envers le candidat du PPE à la présidence de la Commission, Manfred Weber, qualifié d’« ectoplasme », mais surtout envers des membres de l’ALDE, étaient censées ne pas être publiées ou en tout cas sans attribution. Mais elles ont été rapportées dans le quotidien belge Le Soir, puis dans plusieurs autres journaux, suscitant des remous.

Nathalie Loiseau, qui y jugeait notamment que « tout est à faire » dans ce groupe habitué à jouer les seconds rôles au Parlement européen, a affirmé « ne pas reconnaître » les propos qui lui étaient attribués, dans un courriel adressé à ses collègues et vu par l’AFP.

« Elle ne montre aucune qualité humaine pour le job, ni même un minimum de sens de la diplomatie », a fustigé une source interne au sein du groupe.

Selon cette source, la candidature de Nathalie Loiseau à la présidence du groupe n’est pas compromise, mais elle pourrait être amenée à faire davantage de concessions dans la répartition des postes, notamment les présidences de commissions du Parlement.

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