Le Medef veut remercier l’Europe avant les élections européennes

David Lidington

Sur le campus de HEC, à Jouy-en-Josas où se tient l’université d’été du Medef, le mouvement patronal français a tenu à saluer les atouts de l’UE.

Élections européennes de mai 2019, Brexit, guerre commerciale entre l’UE et les États-Unis, l’Europe accumule les défis pour ces prochains mois. Le Medef a conscience du risque économique que cela représente. L’OCDE a d’ailleurs annoncé le 29 août que le commerce international s’était contracté au premier semestre 2018. La dévalorisation de certaines monnaies en est la principale raison, mais le rétablissement de barrières tarifaires risque aussi de peser sur les échanges.

Inquiet de l’avenir du projet européen, notamment le nouveau président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, qui a succédé à Pierre Gattaz début juillet, a annoncé une nouvelle campagne : Merci l’Europe !, à partir de janvier 2019.

Objectif : faire témoigner des créateurs de petites, moyennes ou grandes entreprises, issus de tous les secteurs, sur ce que l’UE leur apporte. Une manière, pour le mouvement patronal, de contribuer à la campagne pour les élections européennes de mai 2019.

« Une victoire des partis populistes en Europe est un scénario possible. Il est de notre responsabilité en tant qu’entrepreneurs de convaincre nos concitoyens que l’Europe c’est davantage de protection, de prospérité », a expliqué Geoffroy Roux de Bézieux sur BFM TV.

Le Brexit rend les patrons européens encore plus europhiles

Échaudés par le Brexit, les patrons européens affichent un soutien sans faille pour l’Union européenne à l’université d’été du Medef. Et attendent de la France des réformes rapides.

Pour Bernard Spitz, président de la Commission Europe et international du Medef, il est également crucial que les adhérents partagent avec leurs salariés et les Français en général une vision sereine et positive de l’Europe. « L’Europe, ce ne sont pas que des réunions bruxelloises de spécialistes. C’est une circulation des marchandises et des biens plus facile ; moins de paperasserie, de délais, de coûts financiers. Bref, ce sont des acquis quotidiens, dont le Brexit va priver des milliers d’entreprises. »

« Partenariat approfondi et spécial »

Le secrétaire d’État auprès de Theresa May, David Lidington a insisté sur la nature des relations que le Royaume-Uni envisageait dans le futur avec l’UE : un «accord équilibré» qui permette d’éviter les «conséquences incalculables» d’un hard Brexit.

Ayant lui-même voté contre le Brexit, il défend la position du gouvernement et souhaite conclure « un partenariat approfondi et spécial avec l’UE ».

« Je pense que le moment est venu pour que l’Europe, l’Europe au sein de l’Union européenne et l’Europe en dehors de l’Union européenne, d’unir ses efforts, de promouvoir l’esprit d’unité et de coopération auquel nous devons notre réussite depuis plus d’un demi-siècle », a-t-il souligné, avant d’expliquer que le référendum de juin 2016 n’était « pas un vote pour ou contre l’abandon de l’unité, de la coopération et des échanges avec nos amis européens, qui nous ont été tellement utiles. »

Le Medef s’inquiète des conséquences du Brexit

Lors de sa 18e université d’été, la question du Brexit a agité les représentants du patronat français. Qui craignent que ce coup d’arrêt au projet européen ne plombe la relance économique de l’Union européenne.

Respect du référendum, intégrité de l’union douanière et des marchés, maintien de la libre circulation en Irlande, il a toutefois rappelé que les problématiques des uns et des autres étaient difficiles à concilier et qu’en l’état le Royaume-Uni ne pourrait pas ratifier la proposition de la Commission.

« Toute solution doit d’une part respecter l’intégrité constitutionnelle et économique du Royaume-Uni et de l’autre, éviter toute frontière physique entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande », résume David Lidington devant les patrons. Un résumé qui montre bien l’impasse dans laquelle se trouvent les négociations.

Le sommet européen d’octobre entre les 28 États membres est désormais trop proche pour qu’un quelconque accord y soit signé. Voulant éviter un Brexit sans accord à tout prix en mars 2019, Michel Barnier, négociateur en chef de l’UE et Dominic Raab, son homologue britannique, ont décidé la semaine dernière de poursuivre les négociations de manière continue. Mais non sans mal. À voir les soubresauts de la livre britannique, le  Medef a raison de tenter de défendre l’Europe : le risque d’une sortie sans accord fait totalement paniquer la sphère financière.

De part et d'autre de la Manche, les entreprises se préparent au "hard Brexit"

Côté business, les appels à préparer à l’après Brexit se multiplient. Mais le flou qui entoure encore la probable période de transition rend le projet délicat.

 

 

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