Le Parlement européen pris en étau par les dirigeants européens

Un membre du Parlement européen dépose son bulletin de vote lors du vote pour le nouveau Président du PE au Parlement européen à Strasbourg, France, le 17 janvier 2017. [EPA/PATRICK SEEGER]

Le Parlement européen va devoir se prononcer sur le paquet de nomination proposé le 2 juillet par le Conseil, qui met fin au système des spitzenkandidaten, âprement défendu par les eurodéputés.

Le clap de fin du Conseil n’a pas soulevé les applaudissements du Parlement européen. Rassemblé à Strasbourg pour sa première session plénière, le Parlement attendait la décision des chefs d’État et de gouvernement pour entamer le processus d’élection de son propre président.

Et le quatuor proposé par les dirigeants européens pour mener la barque européenne ces 5 prochaines années laisse un goût amer aux élus, qui soutenaient largement le processus des spitzenkandidaten.

« Ce processus n’était pas parfait certes, mais il avait au moins le mérite de corréler le résultat des élections et le choix du président de la Commission » résume un eurodéputé français. « Le  grand responsable de cet échec, c’est Emmanuel Macron » conclut-il.

Le président français s’est frontalement opposé au système des spitzenkandidaten, qui avait pourtant été respecté lors des dernières élections européennes et avait porté Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission.

Le processus avait alors été unanimement salué par les parlementaires européens, satisfaits d’avoir repris en partie la main sur un processus de nomination jusqu’alors largement dominé par les États membres.

Opposition de la France

Mais l’opposition frontale du dirigeant français ainsi que l’absence de majorité au Parlement pour l’Allemand Manfred Weber, candidat officiel du PPE, le parti vainqueur des élections, aura finalement discrédité le processus tout entier. Malgré le soutien d’Angela Merkel, Manfred Weber aura été écarté de la course au profit d’une autre allemande acceptée par Paris – Ursula Von der Leyen.

Si la proposition de l’Allemande laisse les rênes de la Commission au PPE, l’échec de la procédure a laissé une certaine amertume du côté des élus européens. « Le Parlement européen se couche complètement dans cette procédure » déplore un eurodéputé socialiste.  Et la suggestion du Conseil de mettre l’actuel président du Parti socialiste européen (PSE) Serguei Stanishev au perchoir a encore plus crispé les positions.

« Stanishev ? c’est hors de question », tranche un élu socialiste. Le bulgare n’aura finalement pas soumis sa candidature.

Vers une revanche parlementaire?

La présidence du Parlement demeure elle, l’apanage des élus, comme l’a rappelé l’actuel président du Parlement européen, l’italien Antonio Tajani. « Le Parlement va élire son président indépendamment des sollicitations externes » a-t-il affirmé avant l’ouverture du premier tour de scrutin.

Les quatre candidats en lice –  le conservateur tchèque Jan Zahradil, l’écologiste allemande Ska Keller, le socialiste italien David Maria Sassoli, et l’espagnole Sira Rego de la gauche radicale – Sira Rego – devront obtenir la majorité absolue des suffrages exprimé pour remporter le perchoir. « Nous ne pouvons accepter que la présidence de cette assemblée soit traitée dans les coulisses », a déclaré la candidate verte, Ska Keller.

La candidate pour le groupe de la GUE, l’espagnol a convenu qu’elle représentait un groupe restreint, de la tribune pour réclamer une commission spéciale sur l’urgence climatique.

La gauche radicale réclame une commission «urgence climatique» au Parlement européen

Le groupe de la gauche au Parlement européen a proposé de mettre en place une commission parlementaire spéciale pour l’urgence climatique.

« Si vous me donnez votre confiance, on se battra ensemble […] J’utiliserai toute mon énergie pour que le Parlement soit respecté par les chefs d’État » a-t-il affirmé le favori David Maria Sassoli,

Dernier candidat à s’exprimer, le conservateur et eurosceptique tchèque Jan Zahradil a rappelé sa longue expérience et le fait qu’il était le seul représentant de l’est de l’Europe à être candidat à un haut-poste au sein de l’UE. Les pays de l’Est n’ont pas réussi à placer un représentant au sein de principaux postes répartis hier par les dirigeants européens.

La présidence du Parlement est habituellement partagée entre le groupe PPE et les socialistes, qui assurent chacun un mandat de 2 ans et demi. Une logique qui place David Maria Sassoli en position de favori pour remporter le scrutin.

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