Le parti d’Olaf Scholz subit une défaite historique dans une élection régionale majeure

Le résultat des élections est également une défaite cuisante pour le chancelier allemand Olaf Scholz lui-même. M. Scholz a tenté de jouer un rôle de premier plan pendant la campagne électorale, son parti espérant pouvoir bénéficier de son influence en tant que chancelier pour mobiliser les électeurs. [FILIP SINGER/EPA]

Les sociaux-démocrates allemands ont subi une défaite écrasante lors des élections de dimanche (15 mai) dans l’État le plus peuplé d’Allemagne, la Rhénanie-du-Nord–Westphalie, et ont perdu face aux conservateurs de la CDU. Les Verts ont réussi à tripler leur vote et ont enregistré un résultat historique dans cette élection.

Selon les estimations actuelles, l’Union chrétienne-démocrate (CDU) conservatrice a remporté l’élection avec plus de 35,7 % des voix. Le Parti social-démocrate (SPD) d’Olaf Scholz n’a réussi à obtenir que 26,7 % des voix, ce qui constitue la plus mauvaise performance jamais enregistrée en Rhénanie-du-Nord–Westphalie (NRW), qui a longtemps été considérée comme le bastion des sociaux-démocrates.

Toutefois, malgré cette défaite historique, les sociaux-démocrates n’ont pas voulu s’avouer vaincus dans cet État qui compte près de 18 millions d’habitants.

« Nous ne sommes pas mécontents du résultat », a déclaré le secrétaire général du SPD, Kevin Kühnert, à la chaîne ZDF, concernant la performance de son parti. « Il sera possible de parvenir à un changement de gouvernement en Rhénanie-du-Nord–Westphalie ».

Le SPD a perdu environ 260 000 voix au profit du parti des Verts, qui a réussi à tripler son résultat électoral à plus de 18 % et est considéré comme le plus grand gagnant de l’élection.

Leur performance place les Verts dans la position confortable de faiseur de rois, étant donné que la coalition sortante entre la CDU et le Parti libéral-démocrate (FDP) a perdu sa majorité.

« Il n’est pas possible de former un gouvernement sans nous », a déclaré la candidate principale des Verts, Mona Neubaur, après les résultats des élections.

Le parti libéral FDP a également subi des pertes importantes et n’a attiré que 5,9 % des voix, soit moins de la moitié par rapport à 2017.

« Nous avons subi ce qu’il faut bien appeler une défaite désastreuse ce soir », a déclaré à Berlin le chef du parti et ministre des Finances Christian Lindner, qui faisait également office de député fédéral pour la NRW.

Ukraine : Olaf Scholz défend sa politique, ne fera pas tout ce qu'on lui demande

Le chancelier allemand Olaf Scholz, chahuté pour ses atermoiements et son manque de leadership présumés, a défendu dimanche (8 mai) à la télévision sa politique depuis le déclenchement de l’invasion russe de l’Ukraine, assurant qu’il ne ferait pas « tout » ce qu’on lui demande.

Une défaite majeure pour Olaf Scholz

Le résultat des élections est également une défaite cuisante pour le chancelier allemand Olaf Scholz lui-même. M. Scholz a tenté de jouer un rôle de premier plan pendant la campagne électorale, son parti espérant pouvoir bénéficier de son influence en tant que chancelier pour mobiliser les électeurs.

Cependant, alors que l’élection a été principalement éclipsée par les questions fédérales et la guerre en Ukraine, l’accent mis sur le chancelier M. Scholz n’a pas donné les résultats escomptés pour le SPD.

Trois des quatre sujets les plus importants qui ont influencé les décisions des électeurs étaient la guerre en Ukraine elle-même ou des questions liées, telles que l’inflation ou l’approvisionnement en énergie.

Les Verts ont particulièrement profité de l’attention portée par les électeurs à la politique fédérale et internationale. Plus de 90 % des électeurs verts pensent que le parti a les meilleures politiques au sein du gouvernement fédéral.

C’est déjà la deuxième élection en deux semaines au cours de laquelle les Verts ont pu dépasser leur partenaire de coalition du SPD.

Le SPD a déjà subi une lourde défaite le 9 mai dans l’État du Schleswig-Holstein, dans le nord du pays, où les Verts ont même réussi à rassembler plus de voix que les sociaux-démocrates.

Une tendance similaire commence également à se dessiner au niveau fédéral, où les responsables politiques verts dépassent M. Scholz en termes de popularité. Les deux ministres verts fédéraux, le ministre de l’Économie Robert Habeck et la ministre des Affaires étrangères Annalena Baerbock, obtiennent des scores de popularité plus élevés que le chancelier social démocrate.

Le SPD a également perdu du terrain dans les sondages pour les élections fédérales, dans lesquels la CDU est actuellement en tête avec environ 28 %, suivie par le SPD avec 22,8 % et les Verts avec 17,8 %, selon le partenaire d’EURACTIV, Europe Elects.

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