Le parti populiste allemand AfD veut bousculer le Bundestag

Les candidats d'Alternative pour l'Allemagne espèrent dépasser les 10%, du jamais vu pour une formation d'extrême droite depuis 1945. [De Visu/Shutterstock]

Le parti populiste de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), pourrait dépasser les 10 % des voix lors des élections fédérales du 24 septembre. Il pourrait ainsi devenir la troisième force politique au Parlement, devant les libéraux du FDP, le parti de la gauche radicale Die Linke et les Verts. Un succès électoral lié à un discours anti-Islam assumé. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

Alternative pour l’Allemagne (AfD) prépare son entrée au Bundestag et la perspective de voir débarquer dans le centre névralgique de la démocratie allemande un parti que le ministre des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel, a comparé aux nazis trouble les autres formations politiques.

Créé en 2013 pour lutter contre la monnaie unique européenne, l’AfD s’est mué progressivement en parti anti-immigration, profitant de la décision d’Angela Merkel d’ouvrir les frontières aux réfugiés en 2015 pour progresser dans les urnes lors des élections régionales.

L’AfD et le Front national convergent en amont des élections

La dérive à droite du parti anti-euro Alternative fur Deutchland (AfD) l’a rapproché du Front national, dont il se tenait jusqu’alors à l’écart. Les deux formations se retrouvent notamment sur leur position vis-à-vis de la Russie.

Potentiellement la troisième force politique

À moins d’une semaine des élections fédérales du 24 septembre, le parti est crédité d’environ 10 % des voix. Il gagne deux points dans la dernière enquête de l’institut Emnid publiée dimanche, à 11 %.

Son objectif est de devenir la troisième force politique au Parlement, devant les libéraux du FDP, le parti de la gauche radicale Die Linke et les Verts.

Dans ce cas de figure, il pourrait même devenir la première force d’opposition au Parlement en cas de reconduction de la grande coalition entre le bloc conservateur d’Angela Merkel (CDU-CSU) et le Parti social-démocrate (SPD).

Une telle perspective permettrait à l’AfD de diriger la commission du Budget au Bundestag et d’ouvrir les débats lors des consultations.

L’AfD perd son bouc émissaire favori : les États-Unis

L’alternative pour l’Allemagne (AfD) a salué la victoire de Donald Trump. Mais le nouveau président risque de priver le parti d’extrême droite de son épouvantail favori : les États-Unis. Un article de notre partenaire le Tagesspiegel.

Un discours xénophobe

Le chef de file de l’AfD pour les élections législatives de dimanche, Alexander Gauland, 76 ans, a grimpé dans les sondages pour ses positions dures sur l’immigration, demandant la fermeture des frontières et l’arrêt du regroupement familial pour les migrants.

« Nous serons bientôt des étrangers dans notre propre pays », a-t-il asséné lors d’un rassemblement dans la ville de Francfort-sur-l’Oder, à la frontière polonaise.

Une fois au Bundestag, Alexander Gauland a déjà prévenu qu’il demanderait l’ouverture d’une enquête parlementaire sur la chancelière.

« Nous voulons une enquête sur la politique de Mme Merkel, qui a amené un million de personnes dans notre pays, et qu’elle soit sévèrement sanctionnée pour cela », a-t-il déclaré.

Georg Pazderski, membre du comité exécutif de l’AfD, promet que son parti utilisera son temps de parole au Parlement pour attirer l’attention sur le coût de la crise migratoire, les troubles dans la zone euro, que l’AfD veut quitter, et les problèmes au sein de l’Union européenne.

« Nous pourrons nous exprimer une fois au Parlement », a-t-il dit. « Nous serons durs dans l’opposition. »

« Tout Allemand qui se respecte doit condamner la position de l’AfD sur l’Islam »

Le président du groupe parlementaire du SPD, Thomas Oppermann, estime que le dialogue avec les populistes de droites est devenu inévitable en Allemagne. Une interview de notre partenaire Der Tagesspiegel.

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