Le Parti socialiste au bord de l’implosion après avoir acté l’union de la gauche

Le Premier secrétaire Olivier Faure (C) arrive au siège de La France insoumise, à Paris, le 2 mai 2022, dans le cadre des négociations pour un accord électoral en vue des élections législatives de juin prochain. [EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON]

Après plusieurs jours de discussions, La France insoumise a conclu un nouvel accord avec le Parti socialiste. Cette « Nouvelle union populaire écologique et sociale » acte ainsi l’union des principaux partis de gauche pour les élections législatives des 12 et 19 juin.

Un premier indice du possible résultat des négociations avait été lancé par la poignée de main entre Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste, et Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise lors de la manifestation du 1er mai à Paris.

Le genre de symboles qui présageait un rapprochement entre les deux formations politiques qui, au niveau national, n’avaient jamais réussi à unir leurs forces. Une tractation âpre a néanmoins été nécessaire pour parvenir au compromis mercredi (4 mai) au petit matin.

Manuel Bompard, eurodéputé LFI et directeur de campagne du mouvement de gauche radicale, a expliqué dans l’après-midi de mardi que des difficultés étaient rencontrées « sur le fond et sur les circonscriptions », jugeant que « le PS [peinait] à intégrer [son] résultat à la présidentielle », plus de dix fois inférieur à celui de M. Mélenchon.

Le contenu de l’accord n’est pas encore connu, étant donné que le Parti socialiste doit encore soumettre le projet d’alliance à son Conseil national, convoqué « dans les plus brefs délais » ce mercredi. Olivier Faure devrait y rencontrer une forte opposition, malgré le fait qu’il bénéficie d’un soutien de la majorité des membres de la direction.

70 investitures (sur 577 circonscriptions) auraient été obtenues par les socialistes.

Un accord électoral « exceptionnel » conclu entre les Insoumis et les Verts

Dans la nuit de dimanche (1er mai), les partis Europe Ecologie les Verts et La France insoumise ont conclu un accord mettant en place un programme commun et un partage des circonscriptions pour les élections législatives.

Gauche unie, le Parti socialiste en pleine crise 

Si les électeurs socialistes sont largement favorables à une alliance entre les forces de gauche, la direction et les ténors du parti ne sont pas tous enthousiastes à l’idée de rallier Jean-Luc Mélenchon et d’en épouser le programme.

Parmi les critiques les plus virulents, l’ancien ministre socialiste et actuel maire du Mans Stéphane Le Foll craint même, dans une interview au Parisien qu’ « une partie de l’électorat socialiste préférera s’abstenir ou voter Macron » lors des législatives de juin prochain.

« Cet accord est d’abord très important pour La France insoumise. Sans lui, sa faible implantation locale ne lui permettrait pas d’espérer plus de 50 élus », analyse M. Le Foll, qui ajoute que « la ligne de Jean-Luc Mélenchon est un leurre qui ne se traduira pas au niveau électoral ».

Colère également pour un ancien élu très influent du PS, voyant « cet accord des gauches » comme « de la merde » et selon qui « un accord tactique qui met de côté le fond ne sert pas la démocratie », selon des propos rapportés à EURACTIV par une source de confiance.

Très sévère, l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve avait menacé, dans l’après-midi de mardi, de quitter le parti par fidélité « au socialisme républicain » en cas d’alliance avec M. Mélenchon. Selon lui, le mouvement de ce dernier « a combattu sans répit le Parti socialiste » et considère « qu’entre les deux formations ni les valeurs ni les moyens d’action ne sont communs ».

M. Cazeneuve déplore que les adhérents n’aient pas été consultés en amont des négociations, et se désole que « quelques heures [aient] ainsi suffi à oublier les divergences les plus fondamentales, ou plutôt à les taire ». Il reproche notamment à La France insoumise des « accommodements » avec les dictatures et avec le « communautarisme ».

Le Parti communiste français est aussi de la partie

Moins étonnant, l’accord avec le PCF a aussi été conclu dans la nuit de mardi (3 mai), après une campagne électorale marquée par des attaques et reproches réciproques avec les camarades Insoumis.

Le Parti communiste français rejoint aussi l'alliance de gauche

Le Parti communiste français a conclu dans la nuit de mardi à mercredi (3 mai) un accord électoral avec le parti de la gauche radicale de Mélenchon et rejoint désormais l’alliance de gauche en vue des législatives.

La charge de la majorité présidentielle 

Le camp d’Emmanuel Macron attaque vertement les socialistes et les écologistes depuis quelques jours, accusés de renier leur histoire et leurs combats.

François Bayrou, proche du président et chef du MoDem, déplorait mardi (3 mai) un « événement extrêmement triste pour beaucoup de Français » et notamment pour les sociaux-démocrates. Selon lui, ces derniers voient aujourd’hui « leur parti accepter de signer la fin de tout ce qu’ils ont fait » en pointant en particulier le principe de la « désobéissance » aux règles européennes.

Un événement commun de lancement de la Nouvelle union populaire écologiste et sociale devrait avoir lieu le 7 mai prochain, en présence de toutes les forces politiques participant à la coalition. Le même jour, la cérémonie d’investiture d’Emmanuel Macron se tiendra à l’Elysée.

Les Verts se défendent de tout accommodement sur l'Europe après l'accord passé avec LFI

Les Verts font bloc pour défendre leur nouveau partenariat avec le parti de Jean-Luc Mélenchon en vue des législatives, tandis que le parti est accusé de compromission sur l’Europe.

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