A l’Est, la vision pro Kremlin de Marine Le Pen dérange

Marine Le Pen [EPA-EFE/MARTIN DIVISEK]

Marine Le Pen se rend à Tallinn pour obtenir des soutiens lors des élections du 26 mai. Mais son discours pro-russe pose problème à ses potentiels alliés estoniens.

Marine Le Pen arrive à Tallinn le 14 mai, mais sa position pro-russe risque de faire plus de mal que de bien à ses hôtes populistes, le parti populaire conservateur d’Estonie (EKRE), a affirmé Taavi Rõivas, ancien Premier ministre estonien et figure emblématique des libéraux du Parti de la réforme.

Marine Le Pen « est l’exemple vivant du lien entre le populisme de droite en Europe et le Kremlin », a-t-il souligné dans un communiqué, ajoutant que la visite de la Française pourrait être néfaste pour l’EKRE.

La différence clé d’opinions entre Marine Le Pen et ses hôtes de l’EKRE se joue sur l’annexion, en 2014, de la Crimée par la Russie. Le parti estonien avait fermement critiqué la décision du Kremlin alors que Marine Le Pen avait défendu la légalité de l’opération.

« En aucun cas le peuple estonien n’approuve les positions de Le Pen qui, entre autres choses, fait l’éloge de l’annexion de la Crimée et de l’inclusion de la Russie dans l’OTAN », a martelé Taavi Rõivas. « Je suis quasiment certain que de nombreux électeurs de l’EKRE n’approuvent pas les positions de Le Pen. »

Le voyage de Marine Le Pen dans la capitale estonienne a été organisé par la coalition européenne d’extrême droite, le Mouvement pour une Europe des Nations et des libertés (MENL), qui siège dans le groupe ENL au Parlement européen. Ses membres comprennent la Ligue italienne et le Parti de la liberté d’Autriche.

Après un passage à Prague, à Sofia et à Bratislava, dans le cadre de sa campagne, l’arrivée de Marine Le Pen à Tallinn le 14 mai est censée être la dernière étape de sa tournée européenne, alors que sa campagne pour les élections européennes à la fin du mois s’accélère.

Après une montée en flèche durant les élections générales de mars, le parti d’extrême droite estonien, EKRE, fait maintenant partie de la coalition gouvernementale constituée de trois partis et occupe 19 sièges sur 101 au Parlement du pays, le Riigikogu.

Le parti s’est toutefois attiré les critiques à cause de sa position dure anti-immigration et de ses remarques diffamatoires contre les noirs, notamment de la part du chef de file du parti, Mart Helme. Son fils, Martin Helme, ministre des Finances, avait déjà déclaré vouloir que l’Estonie soit un « pays blanc ».

Malgré des points communs, Mart Helme s’est récemment distancé de Marine Le Pen, en disant que la Française s’était tout simplement invitée en Estonie.

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Marine Le Pen s’arrête à Tallinn au lendemain d’une étape en Slovaquie, lors de laquelle elle a foulé la scène avec le membre slovaque du MENL, le parti Sme Rodina (« Nous sommes une famille ») de Boris Kollár.

Son apparition a déclenché des protestations du front pro-européen de Slovaquie, qui s’est exprimé en force pour faire connaître son opposition à la vision de Marine Le Pen.

Récemment, la présidente estonienne a fait l’objet de critiques pour sa visite à Moscou durant laquelle elle a officiellement ouvert la nouvelle ambassade estonienne et a passé du temps avec Vladimir Poutine. C’était la première fois depuis la fin de l’occupation soviétique en 1991 que les deux chefs d’État se rencontraient dans un bâtiment officiel.

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