Le Portugal prévoit des élections rapides alors que la crise s’aggrave

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Le président du Portugal, Aníbal Cavaco Silva, a dissout le parlement hier (31 mars) et a prévu des élections générales rapides pour le 5 juin, prévenant que le prochain gouvernement devrait faire face à une « crise économique sans précédent ».

La décision du président Aníbal Cavaco Silva arrive au moment où le pays doit relever d'énormes défis économiques. Ces problèmes pourraient bien ajouter le Portugal à la liste des pays qui ont demandé un renflouement de l'Union européenne et du Fonds monétaire international, à savoir la Grèce et l'Irlande.

Le premier ministre, José Socrates, a démissionné la semaine dernière après que l'opposition a rejeté ses mesures d'austérité, ce qui a eu pour conséquence une dégradation de la note du pays par les agences de notation, et donc une hausse du rendement des obligations et l'accroissement de la pression sur le pays pour qu'il accepte un renflouement.

« J'ai pris la décision de demander des élections générales au vu de la dégradation de la situation politique qui se manifeste par les difficultés croissantes que rencontrent le gouvernement minoritaire et l'opposition pour trouver des mesures visant à surmonter les problèmes économiques et sociaux du Portugal », a déclaré le président.

Les défis économiques sont devenus encore plus insurmontables jeudi lorsque le pays n'est pas parvenu à remplir ses objectifs en termes de déficit budgétaire pour 2010.

« Le prochain gouvernement devra faire face à une crise économique et financière sans précédent », a ajouté le président. « Les difficultés du pays sont si profondes que personne ne peut envisager qu'elles disparaîtront du jour au lendemain ».

Tous les partis de l'opposition et les Socialistes au pouvoir ont demandé à M. Cavaco Silva de demander de nouvelles élections le plus tôt possible.

L'opposition a rejeté l'idée d'un gouvernement de coalition pour éviter une élection et a également exclu la formation d'alliances pré-élections, soulignant l'importante augmentation de la polarisation et de l'antagonisme au sein des partis.

Le principal parti de l'opposition, le parti social-démocrate, est en tête des sondages et pense pouvoir remporter une majorité au parlement. Un seul gouvernement minoritaire a terminé son mandat depuis la fin de la dictature dans le pays en 1974.

Les engagements doivent être respectés, affirme le président

Le gouvernement de Socrates restera au pouvoir jusqu'aux élections en tant que gouvernement intérimaire avec des pouvoirs limités. Le ministre des finances, Fernando Teixeira dos Santos, a déclaré jeudi que le gouvernement intérimaire n'aurait pas le pouvoir de demander un renflouement.

Le président, dont l'influence devrait augmenter jusqu'aux élections, a expliqué que le pays devait s'assurer « les moyens financiers nécessaires au fonctionnement de l'économie ».

« L'Etat doit respecter ses engagements et personne ne devrait être exempté de faire ce qu'il faut pour protéger notre avenir », a-t-il déclaré.

M. Cavaco Silva a demandé à tous les partis de coopérer en la matière. Le leader des sociaux-démocrates, Pedro Passos Coelho, a confié à Reuters la semaine dernière qu'il n'excluait pas la possibilité d'un crédit-relais si les conditions financières s'aggravaient avant les élections.

Les économistes se sont concentrés sur deux remboursements majeurs d'obligations portugaises dans les mois à venir. La plupart d'entre eux pensent que le pays a levé suffisamment de fonds pour le moment pour être capable de rembourser environ quatre milliards d'euros en avril.

L'Institut national de statistiques a déclaré jeudi que le déficit budgétaire du pays avait atteint 8,6 % du produit intérieur brut en 2010, au-dessus de la limite de 7,3 % adoptée à Bruxelles. Cette nouvelle a fait grimper les rendements à un nouveau record pour la zone euro.

M. Socrates insiste sur le fait que le pays peut s'en sortir sans un paquet d'aide international.

(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EURACTIV)

Le premier ministre portugais, José Socrates, a démissionné la semaine dernière et a mis en garde contre les graves conséquences auxquelles devra faire face le pays suite au rejet des dernières mesures d'austérité vouées à éviter un renflouement.

Après la Grèce et l'Irlande, qui ont reçu une aide de l'UE et du FMI l'année passée pour lutter contre leurs dettes publiques et leurs déficits, le Portugal pourrait bien être le prochain pays sur la liste malgré ses efforts pour remettre de l'ordre dans ses finances publiques. L'Espagne pourrait être la prochaine.

L'UE discute d'une aide pour le Portugal, mais c'est à Lisbonne de demander une assistance et à faire une demande officielle à l'UE et au Fonds monétaire international.

Dans le même temps, l'Irlande a affirmé que ses banques avaient besoin de 24 milliards d'euros de capitaux supplémentaires, ce qui a ébranlé les marchés de la zone euro et a intensifié la crise de la dette souveraine dans l'Union.

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