Le premier débat électoral allemand révèle des divisions sur la question climatique

Les trois candidats, Armin Laschet du parti conservateur CDU/CSU, Annalena Baerbock des Verts et le social-démocrate Olaf Scholz, ont tenté de convaincre les électeurs de leur vision pour le futur de l’Allemagne lors du débat diffusé sur n-tv et RTL. [MICHAEL KAPPELER/EPA]

Quatre semaines seulement avant les élections allemandes, les trois principaux candidats ont participé à un débat sur l’avenir de la plus importante économie d’Europe, ce dimanche 30 août. Si la politique climatique a été la question la plus discutée, un sujet a été presque totalement absent du débat : l’Union européenne.

Lorsque les Allemands se rendront aux urnes le 26 septembre, ils devront décider qui incarnera l’avenir de l’Allemagne après Mme Merkel.

Les trois candidats, Armin Laschet du parti conservateur CDU/CSU, Annalena Baerbock des Verts et le social-démocrate Olaf Scholz, ont tenté de convaincre les électeurs de leur vision pour le futur de l’Allemagne lors du débat diffusé sur n-tv et RTL.

Annalena Baerbock, du parti des Verts, s’est engagée à mettre fin aux « années d’immobilisme » et a déclaré qu’un vote pour elle serait un vote pour le changement et pour une transition verte sociale et écologique.

Armin Laschet, quant à lui, a tenté d’influencer les électeurs avec un message totalement opposé et a présenté son parti comme une ancre de stabilité et de fiabilité pendant les périodes incertaines et difficiles.

Olaf Scholz, pour sa part, a adopté une approche équilibrée entre ses adversaires politiques. S’il a souligné l’importance de mettre un terme au changement climatique, il a également insisté sur la nécessité de ne pas laisser l’industrie en plan.

L’Europe ou le sujet qui n’a pas été mentionné 

Le débat a cependant été dépourvu de toute discussion sur les questions ou les politiques européennes et a été principalement axé sur des sujets nationaux.

Alors qu’un sondage représentatif réalisé en janvier a révélé que 84 % de l’électorat allemand pense qu’il est important que les questions de politique européenne soient discutées pendant l’élection, pas une seule question de politique européenne n’a été soulevée pendant le débat.

L’Union Européenne n’a été mentionnée qu’une fois, lorsque les candidats ont débattu de l’évacuation en cours de l’Afghanistan, Scholz et Laschet ayant tous deux souligné l’importance d’une politique étrangère européenne plus forte, sans entrer dans les détails de la manière dont celle-ci devrait être réalisée.

Au lieu de cela, le débat s’est principalement concentré sur les questions intérieures, comme la future politique fiscale, les mesures sanitaires à venir, la pauvreté infantile, et surtout le dérèglement climatique.

À l’approche des élections, les partis allemands préoccupés par le débat sur l’abandon du charbon

À moins d’un mois des élections allemandes, la sortie du charbon convenue par le pays en 2038 semble de plus en plus improbable. Pourtant, avec des électeurs de plus en plus préoccupés par le climat, les choix politiques passés des dirigeants allemands reviennent les hanter.

Réchauffement climatique

Le sujet le plus controversé du débat a été la lutte contre le réchauffement climatique et la transition écologique. La discussion a été particulièrement animée entre les candidats de la CDU et des Verts.

Mme. Baerbock a accusé M. Laschet de « ne rien connaître » au sujet et a souligné la nécessité d’éliminer progressivement le charbon et les moteurs à combustion d’ici à 2030 mieux lutter contre le dérèglement climatique.

Laschet a toutefois condamné les plans des Verts, les jugeant dangereux pour l’industrie. « Vous voulez enchaîner l’industrie pour ensuite lui demander de courir plus vite », a-t-il reproché à son homologue des Verts. Il a ainsi affirmé que le réchauffement climatique ne peut pas être combattu uniquement par des moyens réglementaires. Le prochain gouvernement devrait selon lui plutôt chercher à créer davantage d’incitations commerciales qui permettraient à l’industrie de faciliter la transition écologique.

Scholz a quant à lui adopté une position plus conciliante. S’il a déclaré que la transition écologique est « le plus grand projet de modernisation et d’économie de notre génération », il a également souligné que la protection du climat ne peut réussir que si elle est stimulée par l’innovation et que l’industrie en est partie prenante.

Mme Baerbock a toutefois qualifié d’« alarmante » la focalisation de M. Scholz sur l’industrie et a souligné que le changement climatique touche l’ensemble de la société, pas seulement les acteurs industriels.

Laschet à l’offensive

Aurtre sujet sensible : la participation éventuelle du parti d’extrême gauche Die Linke à une coalition SPD/les verts.

Scholz a refusé d’exclure une telle coalition, mais a déclaré que l’engagement envers l’OTAN, une UE souveraine et la croissance économique étaient des conditions préalables à toute négociation de coalition, autant de sujets fortement contestés au sein du parti de gauche.

Laschet a fortement critiqué l’hésitation de Scholz à exclure catégoriquement le parti de gauche de toute discussion de coalition. « Nous devons adopter une position claire à l’égard des extrémistes », a déclaré M. Laschet, ajoutant qu’« il s’agit du plus grand pays de l’Union européenne. La question de savoir qui gouverne l’Allemagne décide également de la forme que prendra l’Europe ».

Baerbock, quant à elle, a exclu une coalition avec le parti de gauche tant qu’il continuera à boycotter la mise en place d’une politique étrangère européenne active.

La tentative de Laschet de coincer Scholz sur le sujet fait suite aux appels de son collègue et Premier ministre bavarois Markus Söder, qui a déclaré dimanche que la CDU/CSU devrait désormais mettre le risque d’une coalition des partis de gauche au centre de la campagne électorale afin d’essayer de rallier un plus grand nombre d’électeurs.

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