Le PS français propose à Paul Magnette de mener la campagne européenne

paul-magnette-iaea

L’ancien ministre-président de la Wallonie, Paul Magnette, a été sollicitée par les socialistes français pour être leur tête de liste aux élections européennes de mai prochain.

L’intéressé a confirmé mercredi dans la presse belge une information révélée mardi par le quotidien français Le Figaro.

« Oui j’ai bien reçu une proposition du PS français avec un certain étonnement, je l’avoue, car ils me proposent la première place sur leur liste européenne, pas moins », a déclaré Paul Magnette au quotidien belge Le Soir.

Cet universitaire de 47 ans, qui fut à la tête du gouvernement de la région wallonne de 2014 à 2017, représente pour beaucoup d’observateurs en Belgique l’avenir du PS francophone belge, dont l’actuel numéro un, l’ex-Premier ministre Elio Di Rupo, 67 ans, est en fin de carrière politique.

Bourgmestre (maire) de Charleroi, grande cité wallonne ravagée par la désindustrialisation, il s’est fait connaître en 2016 en s’opposant vigoureusement au traité de libre-échange entre l’UE et le Canada, le Ceta, menaçant un temps son adoption par la Belgique.

Malgré les pressions, la Wallonie tient bon contre le CETA

La signature prévue jeudi à Bruxelles du traité de libre-échange UE-Canada (CETA) semble plus que jamais menacée lundi par le non de la Wallonie qui a rejeté tout «ultimatum» de l’UE et s’est dite «déçue» par une nouvelle proposition visant …

Son arrivée comme tête de liste du PS en France se ferait dans le cadre d’un vaste « mercato » piloté par le Parti socialiste européen, explique Le Figaro. D’autres franchissements de frontière au sein de l’UE seraient envisagés pour d’autres leaders sociaux-démocrates en vue, à l’occasion du scrutin européen de fin mai 2019.

« Peu vraisemblable » 

Interrogée par l’AFP, la direction du PS français a présenté ce scénario d’un leadership belge en France comme « une hypothèse » parmi d’autres.

« À la mi-juillet nous avons envisagé cette hypothèse avec Paul Magnette. Sans conclusion à ce stade. Paul est engagé dans une autre bataille électorale pour demeurer maire de sa ville de Charleroi », ont écrit dans un communiqué trois responsables du PS.

Aux yeux de ces dirigeants, dont le parti est sorti laminé des rendez-vous électoraux de 2017 en France, « Paul Magnette est aujourd’hui l’une des figures européennes qui peut incarner cette Europe qui ne se plie pas aux dogmes libéraux ».

« Plus que jamais la campagne doit être européenne, pas seulement l’addition de campagnes nationales », font-ils aussi valoir.

De son côté, Paul Magnette a assuré qu’il allait réfléchir à la proposition.

Confirmant qu’il va d’abord se « concentrer à 100 % sur les élections communales » -prévues le 14 octobre en Belgique-, il ajoute: « Je veux être candidat là où c’est le plus utile ».

Un autre candidat putatif sur la liste PS française, Pierre Moscovici, actuellement commissaire européen, a par ailleurs estimé que l’idée « de croiser les candidatures (entre pays) peut être bonne, à condition qu’elle soit généralisée, ce qui paraît peu vraisemblable ».

« Le risque, c’est de faire un simple swap (“échange” entre deux seuls pays, ndlr) avec la Belgique, dès lors, ce serait un gadget », a-t-il considéré auprès de l’AFP. L’ancien ministre de François Hollande, qui dit « exclure totalement de participer à un tel mercato », a par ailleurs souligné qu’il n’avait pas fait acte de candidature.

Des universitaires réclament une autre politique commerciale à l'UE

Une quarantaine d’universitaires européens et américains réunis autour du chef du gouvernement de la région belge de Wallonie Paul Magnette ont réclamé lundi que l’UE négocie d’une manière «différente» les traités commerciaux internationaux, afin de répondre aux inquiétudes suscitées par l’accord de libre-échange CETA.

Subscribe to our newsletters

Subscribe