Le rapprochement entre Hamon et Mélenchon bute sur l’Europe

Hamon Melenchon

Les discussions annoncées entre les deux candidats à l’élection présidentielle semblent compromises. Leur divergences fondamentales sur l’avenir de l’Europe rendent très hypothétique un véritable rapprochement.

Malgré des appels de pieds répétés au cours des dernières semaines, le rapprochement entre les deux principaux candidats à gauche de l’échiquier politique semble de plus en plus hypothétique.

Le socialiste Benoît Hamon, ancien ministre de François Hollande et vainqueur de la primaire de la gauche et le leader du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, sont au coude-à-coude dans les sondages, crédités respectivement de 13% des intentions de vote.

En l’état, aucun des deux ne semble en mesure d’arriver au second tour face aux trois favoris : Marine Le Pen (28%), François Fillon (21%) ou Emmanuel Macron (18,5%), qui vient d’obtenir le ralliement de François Bayrou le 22 février.

Rendez-vous raté

Mais dans une chronique publiée sur son site internet intitulée « Chronique d’un rendez-vous manqué ! », Jean-Luc Mélenchon retrace les divisions et incompréhensions des dernières semaines entre « La France insoumise » et le Parti socialiste, expliquant que les divergences sont réelles et que certains  « sujets » les  « séparent ». « J’attends la réponse et le rendez-vous café qui va avec », précise le candidat en fin de tribune, laissant la porte ouverte.

La victoire de Benoît Hamon ouvre une période d’incertitude pour le PS français

Largement vainqueur de la primaire socialiste, Benoît Hamon représente une frange très à gauche du parti, qui risque l’implosion.

Et parmi les sujets de désaccords l’Europe figure en bonne posture. Dans une autre note de blog également publiée le 22 février, l’eurodéputé détaille d’ailleurs son désaccord avec la volonté du candidat socialiste de créer une « assemblée de la zone euro », y voyant le recyclage  d’une idée portée depuis plusieurs années par François Hollande.

>>Lire: Piketty et Hamon veulent démocratiser l’Europe via la zone euro

Option du Frexit

Du côté de Jean-Luc Mélenchon, l’Union européenne est présentée comme un projet moribond dont il faut sortir. Dans son programme, le candidat proposer différentes étapes visant à organiser une refonte totale du projet européen, qui devra être sanctionné par un référendum au cours duquel les Français décideront « souverainement de leur participation à l’Union européenne refondée ou de la sortie », précise le programme.

En cas d’échec de ces négociations, le candidat du front de Gauche propose la mise en œuvre d’un « plan B ». Cette étape propose un certain nombre de mesures menant à une sortie de facto de la France de l’Union européenne, comme la suspension de la participation de la France au budget européen, l’évolution de l’euro vers une monnaie « commune » et plus « unique » et la fin du marché unique avec la fin de la libre circulation des biens, des capitaux et des travailleurs.

Poursuite de l’intégration pour Hamon

Alors que Mélenchon semble avoir jeté l’éponge quant au projet européen, Benoît Hamon propose à l’inverse de renforcer l’intégration européenne sur certains sujets, notamment le social.

Hamon met en garde la gauche contre «l'euroscepticisme»

Le candidat à la primaire de la gauche a mis en garde Jean-Luc Mélenchon et Arnaud Montebourg contre un « euroscepticisme » qui pourrait inciter les électeurs de gauche à « aller voter Front national » lors de l’élection présidentielle.

Dans son programme, le socialiste propose «  un processus de convergence sociale qui débutera par un salaire minimum par pays à hauteur de 60% du salaire moyen » ainsi qu’une révision de la directive sur les travailleurs détachés, déjà en cours à Bruxelles.

En matière fiscale, le gagnant de la primaire propose aussi une convergence de l’impôt sur les sociétés et la création « d’un nouvel impôt européen sur les géant du numérique [GAFA] et les multinationales pour augmenter le budget de l’UE ».

Règles budgétaires

Les règles budgétaires européennes, cibles des deux candidats, les divisent toutefois dans les programmes présidentiels. Côté socialiste, Benoît Hamon prône la mise en place d’un moratoire sur le pacte de stabilité jusqu’à l’approbation d’un pacte de stabilité réformé. Le candidat souhaite notamment exclure les dépenses d’investissement du calcul du déficit. Jean-Luc Mélenchon lui aussi souhaite mettre fin à l’austérité, mais en sortant des traités.

Seul point de convergence, le rejet unanime de la politique de libre-échange de l’UE. Jean-Luc Mélenchon comme Benoît Hamon refusent tous deux l’accord commercial négocié avec le Canada (CETA) et celui avec les Etats-Unis (TTIP).

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