Le Rassemblement national rate son pari d’un groupe souverainiste massif au Parlement européen

Le groupe des anti-européens grossit, mais ne crée pas de « super-groupe », faute d’avoir  réussi à convaincre la majorité des eurosceptiques.

Les partis d’extrême-droite de la Ligue italienne, les Vrais Finlandais, l’AfD allemand et le Rassemblement national ont présenté jeudi leur nouveau groupe parlementaire, se décrivant comme « la première force souverainiste du Parlement européen ».

Avec 73 eurodéputés, et 76 après le Brexit (en raison du rééquilibrage démographique), le groupe sera le quatrième du Parlement. Un nombre nettement inférieur aux attentes : durant la campagne, Italiens et Français promettaient de constituer un groupe majeur, Marine Le Pen évoquant la création d’un « super-groupe ».

Mais leurs discussions avec les Polonais de PiS, le Fidesz d’Orban, les Espagnols de Vox et surtout les Brexiters de Nigel Farage ont échoué, ce que Marine Le Pen ne semble pas avoir remarqué. « Il y a un bloc souverainiste d’à peu près 200 voix qui maintiendra une pression constante sur des groupes politiques qui pariaient jusqu’alors sur le désintéressement de la presse de nos pays respectifs sur le Parlement européen », a-t-elle déclaré jeudi 13 juin lors d’une conférence de presse au Parlement européen.

La leader du parti français, qui n’est plus eurodéputée mais députée en France depuis 2017, veut néanmoins croire que son groupe européen, dont les effectifs ont doublé à la faveur des élections européennes, pourra peser dans l’hémicycle.

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Une influence qui reste à construire au Parlement européen

« Le fait que certains membres de ce groupe aient participé à des gouvernements change la nature de notre groupe Identité et Démocratie », a assuré la responsable, qui craint néanmoins que l’UE ne reste dans un « déni de réalité » et n’entende pas ce qui a été dit dans les urnes.

« La question à laquelle nous n’avons pas de réponse c’est est-ce que le Parlement européen offrira à notre courant de pensée les responsabilités auquel il a droit ? » s’est- elle interrogé.

Interrogée sur les différences des revendications de chacun des partis présents dans le groupe, la députée a assuré « nous savons ce qui fait ce que nous sommes ensemble. Nous sommes imprégnés de l’idée que nous sommes des nations différentes ».

En pratique, le RN a un différend de fond avec la Lega qui souhaite répartir les migrants présents en Italie dans le reste de l’Europe, ce que le RN ne souhaite pas par exemple. Mais cet écueil ne semble pas inquiéter la fille de Jean-Marie Le Pen. « Nos forces vont converger pour fournir une coloration des débats qui n’aura rien à voir », assure-t-elle.

Pour l’heure, la coloration ne prend pas. Le groupe qui avait convié des élus pour applaudir dans la salle de presse a été rappelé à l’ordre par des journalistes français. Comme l’a souligné notre confrère Nicolas Gros Verheyde, le règlement du Parlement européen interdit de telles manifestations.

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