Le revenu universel d’Hamon critiqué par les candidats de gauche

Benoît Hamon, seul à envisager le revenu universel avec Jean-Luc Bennahmias. [Parti socialiste/Flickr]

Vincent Peillon, Manuel Valls, Arnaud Montebourg et François de Rugy ont pilonné jeudi l’idée de revenu universel défendue par Benoît Hamon, soutenu uniquement par Jean-Luc Bennahmias lors du premier débat télévisé de la primaire organisée par le PS. Un débat respectueux et sans surprise.

Pour Vincent Peillon, « le revenu universel, philosophiquement, c’est une idée qui pose un gros problème. La solidarité, nous l’avons fondée pendant des siècles sur l’idée que ceux qui ont le plus donnent à ceux qui ont le moins. Là on dit à tout le monde on donnera la même chose, ça me semble une rupture importante », a-t-il asséné. « Cela coûte 400 milliards, il n’est pas praticable. »

L’idée d’un revenu de base ou revenu universel vise à instaurer pour chaque individu, tout au long de sa vie, un revenu de subsistance (environ 500 à 1 000 EUR selon les projets), versé indépendamment de sa situation financière et familiale, contrairement aux systèmes actuels de prestations sociales.

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« Je veux une société du travail, parce que le travail c’est la dignité », a renchéri Manuel Valls qui veut quant à lui remplacer la dizaine de minima sociaux existants, dont le RSA, par une allocation unique, ouverte à tous, à partir de 18 ans.

« C’est pas un revenu de base pour solde de tout compte » de la lutte contre le chômage, a enchaîné François de Rugy.

Arnaud Monteboug a quant à lui contesté qu’en « prélevant 400 milliards on pourra remettre en marche la machine économique ».

« Quand Michel Rocard a mis en place le RMI, on a parlé d’une société qui encouragera l’assistanat, la paresse », s’est défendu Benoît Hamon. « Quand on a fait la Sécurité sociale en 1945, la droite disait aussi que c’était irréalisable. »

« Le revenu universel sert l’ensemble de la société », a plaidé de son côté Jean-Luc Bennahmias.

Benoît Hamon et Arnaud Montebourg se sont en outre engagés à abroger la loi Travail, adoptée sans vote l’an dernier via la procédure de l’article 49-3 de la Constitution.

Montebourg en tête

Les électeurs de la primaire sont appelés aux urnes les 22 et 29 janvier. Une enquête Elabe réalisée pour BFM TV auprès de 1 117 téléspectateurs a donné l’avantage à l’ancien ministre Arnaud Montebourg, jugé le plus convaincant par 29% des sondés, devant Manuel Valls (26%) et l’ancien ministre Benoît Hamon (20%).

Auprès des sympathisants de gauche, l’ancien Premier ministre arrive en tête avec 28%, devant Benoît Hamon (27%) et Arnaud Montebourg (23%).

Pour éviter l’élimination de la gauche, les candidats ont dit leur volonté de discuter avec Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron pour se rassembler, mais refusé de dire s’ils s’effaceraient derrière l’un ou l’autre de ces concurrents.

Deux autres débats opposeront les sept candidats à la primaire les 15 et 19 janvier. Une dernière confrontation opposera les deux finalistes le 25 janvier.

Le Parti socialiste a prévu quelque 7 500 bureaux de vote et espère une forte participation, à l’image de celle de la primaire de la droite pour laquelle plus de quatre millions d’électeurs s’étaient déplacés en novembre.

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