Législatives britanniques: un vrai brouillard électoral

Les dirigeants des principaux partis. [Ouest-France]

Les Britanniques élisent, ce jeudi, leurs députés. En provoquant des législatives anticipées, la conservatrice Theresa May voulait renforcer sa main avant de négocier le Brexit. Elle pourrait aboutir au résultat inverse. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

Mais qu’est-ce qui est passé par la tête de Theresa May ? La Première ministre britannique, propulsée aux affaires après le référendum sur le Brexit et la démission de David Cameron, paraissait avoir les cartes en main. Une majorité de 330 sièges sur 650 à la chambre des Communes. Et un mandat clair : négocier la sortie de l’Union européenne aux meilleures conditions possibles.

Contre toute attente, elle a décidé le 18 avril de provoquer des élections anticipées… qu’elle excluait, neuf mois plus tôt, en s’installant au 10 Downing Street. Officiellement, il s’agit renforcer sa main avant de monter au front des pourparlers avec l’équipe de Michel Barnier, le négociateur en chef de l’UE.

Les Britanniques élisent, aujourd’hui, leurs députés. Theresa May, en provoquant des législatives anticipées, voulait renforcer sa main avant de négocier le Brexit. Cela pourrait être l’inverse | service infographie

En réalité, elle veut exploiter un contexte favorable. Faire main basse sur les 3 à 4 millions d’électeurs de l’UKIP (souverainiste), auquel le Brexit a ôté sa raison d’être. Et atomiser un Parti travailliste divisé. Les sondeurs créditent alors les Tories de 20 à 24 points d’avance.

May prête à bafouer les droits de l’Homme pour lutter contre le terrorisme

La Première ministre britannique, Theresa May, s’est dite prête à modifier les lois protégeant les droits de l’Homme si nécessaire pour combattre le terrorisme. Un article d’Euroefe.

Majorité menacée

Mais rien ne s’est passé comme prévu. Il y a d’abord eu la bourde : le refus de May de débattre avec ses concurrents, et singulièrement avec Jeremy Corbyn, le travailliste pour lequel elle n’a que mépris. Corbyn, d’ordinaire emprunté, a réussi l’exercice, en promettant de gouverner « pour le plus grand nombre et non pour quelques-uns ».

Il y a ensuite eu la gaffe : le 18 mai, le Parti conservateur annonce que les personnes âgées financeront dorénavant leur maintien à domicile… aussi longtemps que leur patrimoine, logement compris, restera supérieur à 100 000 livres. Devant le tollé – et l’hémorragie des intentions de vote – la « dame de fer » fait demi-tour en moins d’une semaine.

Il y a enfin eu l’impondérable : l’attentat à la sortie d’un concert à Manchester (22 morts), le 22 mai, puis celui du London Bridge samedi soir (9 morts). Corbyn réclame la « démission » de May, qui avait supprimé 20 000 postes de policiers lorsqu’elle était ministre de l’Intérieur.

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