L’entrée du parti d’Éric Zemmour au groupe CRE de Giorgia Meloni refroidit les relations entre le groupe ID et le PPE

Éric Zemmour est considéré comme un leader encore plus à droite que Mme Le Pen et est déjà décrié par le Parti populaire européen. [EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON]

Les relations entre le groupe d’extrême droite Identité et démocratie (ID) du Parlement européen et le Parti populaire européen (PPE) de droite semblent s’être refroidies suite à l’arrivée du parti d’extrême droite Reconquête ! d’Éric Zemmour chez les Conservateurs et réformistes européens (CRE). Si le parti Fidesz de Viktor Orbán venait également rejoindre les rangs du CRE, ces relations devraient se détériorer davantage.

Le groupe des Conservateurs et réformistes au Parlement européen compte un nouveau membre : l’eurodéputé Nicolas Bay. D’abord membre du Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen, il a ensuite rejoint le parti Reconquête! d’Éric Zemmour. Enfin, après une parenthèse au sein du groupe des « non-inscrits » du parlement, il a rejoint le groupe CRE, présidé par la Première ministre italienne Giorgia Meloni (Fratelli d’Italia).

Éric Zemmour est considéré comme un homme politique plus à droite que Mme Le Pen et est déjà décrié par le Parti populaire européen, le ministre des Affaires étrangères et vice-premier ministre Antonio Tajani (Forza Italia, PPE) ayant à plusieurs reprises catégoriquement exclu toute alliance avec Mme Le Pen, considérant son parti comme anti-européen.

Le leader de Reconquête! pour les prochaines élections européennes sera la nièce de Mme Le Pen, Marion Maréchal Le Pen, épouse de l’eurodéputé de Vincenzo Sofo (Fratelli d’Italia).

« Le groupe des Conservateurs et réformistes est notre famille naturelle, pour lutter contre l’immigration illégale, pour défendre l’identité de l’Europe, pour défendre un équilibre entre l’écologie et les besoins économiques et la souveraineté nationale, mais aussi pour lutter contre la propagande LGBT et la propagande woke », a commenté Marion Maréchal Le Pen.

L’entrée d’Éric Zemmour au sein du groupe CRE « n’enthousiasme pas » le groupe Identité et démocratie (ID), qui comprend la Lega de Matteo Salvini, alliée de Mme Meloni en Italie, et le Rassemblement national de Mme Le Pen, allié et ami de M. Salvini.

« Les choix des autres formations françaises et des étrangers ne nous intéressent pas et nous ne nous mêlons pas de cela : c’est le RN qui est l’avenir de la France, et avec lui, nous travaillons ensemble pour faire grandir à nouveau notre groupe et pour changer cette Europe qui ne fonctionne pas », a commenté le chef du groupe ID, Marco Zanni (Lega).

« Les nombreux médias qui ont longtemps qualifié le groupe ID “d’extrême droite” devraient peut-être faire un examen de conscience », a-t-il ajouté.

Cette nouvelle fait suite à des spéculations médiatiques selon lesquelles le Premier ministre hongrois Viktor Orbán et son parti Fidesz, qui n’est actuellement membre d’aucun groupe à Bruxelles, pourraient rejoindre le groupe des Conservateurs. Des sources proches des CRE affirment que M. Orbán ne rejoindra pas le groupe, et le coprésident du groupe CRE, Nicola Procaccini, a précisé que le Fidesz n’avait jamais demandé à en devenir membre.

« Je dois dire que nous travaillons bien avec les députés du Fidesz, mais je pense que la question sera discutée après les élections. À ce jour, il n’y a pas de demande officielle d’adhésion », a déclaré M. Procaccini.

Cependant, le parti de Mme Meloni, qui semblait faire des progrès vers le leadership européen avec plusieurs réunions fructueuses, par exemple avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, semble maintenant se déplacer encore plus à droite, ce qui complique l’exercice d’équilibre qui suivra les résultats des élections européennes de juin.

Des sources au sein du PPE expliquent que ce glissement du groupe CRE vers une attitude plus anti-européenne, incarnée jusqu’à présent par le parti polonais Droit et Justice (PiS), rendra toute forme de relation avec Fratelli d’Italia très difficile.

Reconquête! vient grossir les rangs du groupe CRE au Parlement européen

Le parti de droite radicale Reconquête ! a annoncé mercredi (7 février) rejoindre le groupe parlementaire des Conservateurs et Réformistes européens (CRE), premier pas vers une « dédiabolisation ». Marion Maréchal, tête de liste du parti, s’est engagée à réunir les droites européennes.

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