Les Bulgares se prononceront sur la construction d’une centrale nucléaire

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Le parlement a décidé que les Bulgares se prononceront sur la construction d’une nouvelle centrale nucléaire lors du premier référendum organisé depuis la chute du communisme en 1989.

 

Plus tôt cette année, le gouvernement a abandonné le projet de construction de la centrale de 2 000 mégawatts de Béléné, en raison du manque d'investisseurs occidentaux. L'entreprise d'État russe Atomstroyexport, qui disposait d’un contrat pour construire la centrale, a demandé le mois dernier 1 milliard d'euros de compensation pour l'annulation du projet.

 

Les socialistes de l'opposition ont demandé un référendum pour contester la décision d'abandon du projet, qui a endommagé la popularité du gouvernement dans un contexte de hausse des prix de l'électricité et de taux de chômage élevé dans le pays le plus pauvre de l'Union européenne.

 

Le référendum a été adopté par le parlement à 106 voix pour et 7 contre. Les socialistes n'ont pas participé au vote parce que selon eux, le gouvernement avait changé la question du référendum.

 

Le gouvernement de centre-droit de Boiko Borissov a modifié la question qui devait être posée dans le référendum. La question sera « Devrions-nous développer l'énergie nucléaire en Bulgarie en construisant une nouvelle centrale ? », sans mentionner le projet de Béléné.

 

La question de départ était : « Devrions-nous développer l'énergie nucléaire en Bulgarie en construisant une nouvelle centrale sur le site de Béléné ? »

 

Le référendum pourrait ne pas être valide parce que le taux de participation obligatoire est élevé. Il devrait correspondre au nombre d'électeurs qui ont participé aux dernières élections législatives, soit 4,25 millions sur une population de 7,3 millions.

 

« Il est tout à fait illusoire de s'attendre à ce qu'autant de personnes participent à un référendum », a déclaré Roumiana Kolarova, une politologue de l'université de Sofia.

 

De nombreux Bulgares espérait que la centrale de Béléné aurait permis de maîtriser les prix de l'électricité. La Bulgarie dispose déjà d’une centrale nucléaire opérationnelle de 2 000 mégawatts sur le Danube, à Kozloduy, qui fournit de l'électricité bon marché.

 

Le président dispose maintenant d'un mois pour fixer la date du référendum, qui devrait sans doute être organisé en janvier.

 

La Bulgarie dépend fortement de l'énergie nucléaire depuis les années 1970, lorsque la centrale nucléaire Kozloduy, construite par l'Union soviétique, est devenue opérationnelle. Toutefois, sous la pression de l'UE lors des négociations d'adhésion, le pays a accepté de fermer quatre des six réacteurs de la centrale.

 

Avant la fermeture de ces unités, la centrale Kozloduy produisait 44 % de l'électricité du pays et 20 % de cette énergie était exportée. Cette situation procurait à la Bulgarie une position stratégique dans la région, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui.

 

Le projet de Béléné est devenu une priorité du précédent gouvernement du premier ministre socialiste Sergueï Stanishev. Après des années de difficultés, M. Stanishev a finalement lancé la construction de la centrale de 2000 mégawatts de Béléné en septembre 2008.

 

L'actuel premier ministre bulgare, Boïko Borissov, a toutefois affirmé qu'il interromprait tous les grands projets énergétiques impliquant une participation des Russes négociée par les précédents gouvernements tant qu'il n'aurait pas reçu le feu vert de ses pays partenaires de l'Occident. 

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