Les candidats français s’affrontent sur le projet européen

Emmanuel Macron s’est dit « favorable à la taxe sur les transactions financières ».

Emmanuel Macron et Marine Le Pen, les deux candidats en tête des sondages, se sont indirectement affrontés à Lyon lors de leurs meetings respectifs, où la question européenne s’est imposée comme point de clivage central entre leurs deux visions.

Le bal présidentiel est ouvert en France.  La présidente du Front national, Marine Le Pen, a donné le coup d’envoi officiel de sa campagne à Lyon, lors des « assises présidentielles » organisées par le parti frontiste.

À cette occasion, la dirigeante a présenté « un projet réaliste » pour la France, qui reprend les positions traditionnelles du parti d’extrême droite en matière d’immigration ou encore d’Europe, lors d’un discours de clôture qui a rassemblé un peu moins de 5 000 personnes, selon le FN.

Pour l’heure, tous les sondages accordent à la députée européenne la première place au premier tour de la présidentielle, qui doit se dérouler le 23 avril.

Créditée d’environ 25% des intentions de vote, elle devancerait ainsi confortablement les autres candidats, l’ancien ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, le candidat Les Républicains, François Fillon, en chute libre dans les sondages depuis le début du « PenelopeGate », ainsi que le candidat socialiste, Benoît Hamon, officiellement investi ce week-end par le PS.

La favorite de premier tour fait cependant figure de « challenger » au second, où elle est donnée largement perdante, quel que soit son adversaire, ne profitant que d’un très faible report de voix des partis traditionnels.

Un projet anti-européen

La candidate du Front national a présenté lors de son discours lyonnais les 144 propositions de son programme, parmi lesquelles figure la renégociation des traités européens suivie d’un référendum sur l’appartenance de la France à l’Union européenne. Une séquence qui vise à « récupérer » quatre « souverainetés » : monétaire, législative, territoriale, économique.

La question territoriale fait l’objet d’une proposition séparée, celle de sortir de l’espace Schengen et de « rétablir les frontières nationales ».

Par contre, le programme demeure vague sur la fin de l’euro, une mesure qui fait partie de l’ADN du parti d’extrême droite. La sortie de la monnaie unique n’est plus mentionnée que sous le vocabulaire d’un retour à la « souveraineté monétaire » et la création d’une « monnaie nationale ».

D’autres politiques européennes sont également visées par le programme présenté à Lyon, comme la libre-circulation des travailleurs avec la suppression de la directive détachement des travailleurs et la création d’une taxe additionnelle sur l’embauche des salariés étrangers. La politique agricole comme serait elle aussi détricotée au profit d’une « Politique agricole française ».

La campagne présidentielle française a décollé ce week-end à Lyon, où Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon ont tenu leurs premiers meetings. Le projet européen se dessine.

Pour financer son programme, le FN compte également sur l’UE et la fin de la contribution au budget communautaire, une enveloppe d’environ 20 milliards d’euros.

Le programme pro-européen de Macron

Si Marine Le Pen a construit son programme sur le refus de l’Union européenne, le fondateur du mouvement En Marche ! et ancien ministre de l’Économie de François Hollande a à l’inverse défendu une approche résolument pro-européenne lors de son grand meeting à Lyon le même week-end.

Emmanuel Macron semble avoir largement remporté le duel de popularité contre Marine Le Pen, ayant rassemblé environ 16 000 personnes, selon ses équipes.

Dans un discours d’une heure quarante, le candidat a défendu son positionnement résolument pro-européen, en rupture avec les autre candidats, en faisant acclamer l’Union européenne.

À l’occasion du meeting de Lyon, Emmanuel Macron n’a pas formulé de nouvelles propositions sur l’Europe, mais a largement évité l’écueil d’attaquer le projet européen, notamment au travers du traité de 2005, et a réaffirmé son intention de respecter les critères de Maastricht ou les règles de l’espace Schengen, qui font figure de boucs émissaires pour un bon nombre de personnalités politiques.

Le meeting d’un troisième homme

Au côté des deux candidats favoris, le député européen de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon a également tenu un meeting à Lyon ce week-end. Particularité, le candidat de La France insoumise a tenu un autre meeting an parallèle de celui de Lyon, grâce à l’utilisation d’un hologramme à Aubervilliers.

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