Les cinq choses à savoir sur les élections en Espagne

Si le chef du gouvernement sortant Pedro Sanchez est donné gagnant par les sondages, son Parti socialiste resterait loin de la majorité absolue. [@EPA-EFE/JAVIER LIANO]

Troisièmes élections en moins de quatre ans, irruption de l’extrême droite, crise catalane : voici cinq choses à savoir sur l’Espagne où se déroulent dimanche des élections législatives anticipées.

Risque d’instabilité

C’est la troisième fois en près de quatre ans que les Espagnols retournent aux urnes. Et le risque de blocage politique semble toujours aussi important.

Si le chef du gouvernement sortant Pedro Sanchez est donné gagnant par les sondages, son Parti socialiste resterait loin de la majorité absolue. Il devrait donc nouer des alliances avec la gauche radicale de Podemos, en pleine déconfiture, et des partis régionaux dont, a priori, les indépendantistes catalans. L’hypothèse d’une alliance avec les libéraux de Ciudadanos semble en revanche exclue, ces derniers tendant la main au Parti populaire (PP, droite).

Une majorité formée par le PP, Ciudadanos et le parti d’extrême droite Vox semble pour sa part improbable, toujours selon les sondages.

Les élections en Espagne n'augurent pas la fin de l’instabilité politique

L’Espagne se prépare à ses troisièmes élections générales en seulement trois ans dans un climat politique d’instabilité et d’incertitude jamais vu depuis 40 ans. Un article d’Efe-Epa.

Irruption de l’extrême droite

C’est le fait nouveau de ces élections. Épargnée par l’extrême droite depuis la mort du dictateur Franco en 1975, l’Espagne pourrait voir entrer en force au parlement Vox, au discours ultranationaliste, qui compte notamment parmi ses candidats des généraux à la retraite défenseurs du franquisme. Vox est crédité d’environ 30 députés sur 350.

Inexistante dans les sondages il y a à peine un an, cette formation a provoqué un séisme lors des élections régionales de décembre dernier en Andalousie (sud) en recueillant près de 11 % des voix et en aidant le PP et Ciudadanos à chasser les socialistes du pouvoir dans leur fief historique.

Les alliances entre les libéraux et l’extrême droite divisent en Europe

À quatre mois des élections européennes, la question des alliances de circonstance avec l’extrême droite divise la famille des libéraux. Exemples comparés de la Suède et de l’Espagne.

Un chef de gouvernement sortant pas élu

Après avoir perdu les dernières élections – où il n’a obtenu que 84 sièges, le pire résultat de l’histoire récente des socialistes —, Pedro Sanchez a réussi à prendre la tête du gouvernement en juin dernier grâce à une motion de censure soutenue par Podemos, les indépendantistes catalans et les nationalistes basques contre Mariano Rajoy, dont le PP avait été condamné dans un méga-procès pour corruption.

Catalogne

Un an et demi après la tentative de sécession de la Catalogne en octobre 2017, pire crise politique qu’ait connue l’Espagne en quarante ans, la question catalane reste au centre des débats.

Quelques jours après le début du procès historique de leurs ex-dirigeants, les séparatistes catalans ont contraint en février Pedro Sanchez à convoquer des élections anticipées en refusant d’adopter son budget.

Le socialiste, qui aimerait ne pas avoir à compter sur eux pour former une éventuelle majorité, a réitéré récemment son refus de tout référendum d’autodétermination mais promis plus d’autonomie.

La droite et l’extrême droite, qui accusent Sanchez de « trahison » pour avoir tenté de dialoguer avec les indépendantistes, ont fait des attaques contre les « putschistes » catalans l’un des leitmotivs de leur campagne.

Les partis indépendantistes remportent les élections en Catalogne

Ensemble, les partis indépendantistes ont obtenu une majorité absolue de sièges lors des élections régionales du 21 décembre. Pourtant, c’est le parti « unioniste » Ciudadanos qui est arrivé en tête de ce scrutin.

Économie

Après avoir souffert d’une sévère récession et de plusieurs années d’austérité drastique, l’Espagne a connu une reprise insolente avec trois ans de croissance supérieure à 3 % de 2015 à 2017. Mais cette croissance ralentit (2,6 % en 2018 et 2,2 % attendus en 2019) et le chômage (14,7 % au premier trimestre), le deuxième plus élevé en Europe après la Grèce, reste la principale préoccupation des Espagnols.

L'Espagne est sortie de la crise, pas de la précarité

Croissance, exportations, tourisme, les voyants sont au vert. Le pays sort de la récession après le coup d’arrêt de 2008. Mais les salaires ont baissé et les contrats courts se multiplient. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.