Les citoyens européens souhaitent que la lutte contre la pauvreté et la question de l’exclusion sociale figurent en tête des priorités du Parlement européen, selon un sondage Eurobaromètre mené à l’échelle de l’Union publié mercredi (6 décembre) en amont des élections européennes de juin prochain.
L’Eurobaromètre mesure régulièrement l’opinion des citoyens sur les questions, la politique et les mesures nationales et européennes, ainsi que sur le rôle du Parlement européen. Réalisé entre le 25 septembre et le 19 octobre, le sondage publié mercredi donne un aperçu des sujets qui comptent pour les citoyens et de leurs avis à l’approche des élections du Parlement européen qui se tiendront en juin 2024.
Les questions posées portaient notamment sur les avantages et inconvénients de l’appartenance à l’UE. Le Parlement cherchait également à savoir si les citoyens avaient le sentiment que leur voix était entendue au niveau local et de l’UE, et s’ils pensaient que l’UE était démocratique.
Dans tous les États membres, la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale est considérée comme une priorité absolue, 36 % des 26 523 personnes interrogées plaçant ces sujets en première place. La santé publique arrive en deuxième position avec 34 %, et la lutte contre le changement climatique, ainsi que le soutien économique et la création d’emplois arrivent tous deux ex aequo en troisième position avec 29 %.
Alors que le débat européen à Bruxelles est davantage axé sur l’immigration, les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient, et la concurrence avec la Chine sur la scène internationale, les citoyens sont plus préoccupés par les conséquences sociales et économiques de ces questions, qui affectent leur vie quotidienne.
73 % des répondants s’attendent à ce que leurs conditions de vie se détériorent au cours de l’année à venir. À titre de comparaison, 47 % ont déjà vu leur niveau de vie diminuer en raison des conséquences de la pandémie de Covid-19, de la guerre en Ukraine et de la hausse de l’inflation.
Des pourcentages élevés de ces deux indicateurs sont observés à Chypre (77 %), en Grèce (70 %) et en France (69 %).
Appartenance à l’UE
Selon l’enquête, 61 % des personnes interrogées estiment que l’appartenance à l’UE est « une bonne chose », ce pourcentage atteignant 70 % chez les personnes âgées de 15 à 24 ans.
Ce chiffre est resté stable au fil des ans, fluctuant entre 47 % et 65 % entre 2007 et aujourd’hui.
En ce qui concerne les différences entre les États membres de l’UE, le Luxembourg, l’Irlande et le Danemark ont les opinions les plus positives sur l’appartenance à l’UE, tandis que la République tchèque, l’Italie et l’Autriche ont les opinions les moins positives, avec un pourcentage élevé de personnes qui restent neutres.
« Cet Eurobaromètre montre que l’Europe compte. Dans ce contexte géopolitique et socio-économique difficile, les citoyens font confiance à l’Union européenne pour trouver des solutions », a déclaré Roberta Metsola, présidente du Parlement européen, lors d’une conférence de presse mardi (5 décembre).
« Une grande majorité d’Européens estime que les actions de l’UE ont eu un impact positif sur leur vie quotidienne », a-t-elle ajouté.
Pour les personnes interrogées, « la paix et le renforcement de la sécurité » sont l’un des principaux avantages de l’appartenance à l’UE, suivis par la croissance économique et les possibilités d’emploi, respectivement en deuxième et troisième position.
Selon le sondage, le plus grand inconvénient à être un État membre est que les citoyens ont peu d’influence sur les décisions de l’UE, suivi par le fait que certaines choses sont mieux gérées au niveau national et que les gouvernements nationaux n’ont pas d’influence sur l’élaboration des politiques de l’UE.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]



