Les extrêmes droites se retrouvent à Prague pour parler de leur avenir européen

epa06704868 Le dirigeant du parti polonais KNP Michal Marusik (2e à gauche), le leader tchèque du parti d'extrême droite Liberté et Démocratie directe Tomio Okamura (3e à gauche), le secrétaire général français du parti d'extrême droite Front National (FN) Nicolas Bay (4e à gauche) et Marine Le Pen (5e à droite),lors d'un meeting du Mouvement des Nations pour une Europe des nations et des libertés (MENL) à Nice, France, le 1er mai 2018. [EPA-EFE/SEBASTIEN NOGIER]

Les chefs de plusieurs partis d’extrême droite du continent se rencontrent à Prague dans l’espoir de réaliser un score sans précédent aux prochaines élections européennes.

Sont notamment attendus à Prague la cheffe du Rassemblement national (RN) français, Marine Le Pen, et le Néerlandais Geert Wilders, dirigeant du Parti pour la liberté, invités de leur allié tchèque Tomio Okamura. Matteo Salvini, homme fort du gouvernement italien et patron de l’extrême droite de la péninsule, aurait envoyé un message vidéo. Il a rencontré Tomio Okamura au début du mois.

Tomio Okamura, chef de file du parti Liberté et démocratie directe (SPD), doit ouvrir leur meeting sur la place Venceslas, lieu historique au cœur de Prague, qui avait accueilli des foules de manifestants lors de la Révolution de Velours en 1989.

« Jeudi, le SPD lance officiellement notre campagne pour les prochaines élections au Parlement européen. Nous voulons montrer que nous ne sommes pas seuls », a déclaré l’homme d’affaires tchéco-japonais à l’AFP. Le SPD est représenté par 19 députés à la chambre basse tchèque qui en compte 200.

« Les sondages donnent au groupe ENL dirigé par Matteo Salvini une chance de former le plus grand groupe au sein du Parlement européen renouvelé », a-t-il ajouté. « Cela nous permettra de faire adopter des changements fondamentaux pour garantir les libertés et la souveraineté des pays européens en évitant les ordres de Bruxelles. »

D’autres formations membres du groupe comme l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) ou le Parti populaire (DF) danois partagent la même orientation anti-immigration et réclament le maintien de la souveraineté des États membres et de leurs libertés.

Tout comme le parti de Geert Wilders qui veut un « Nexit », le SPD tchèque appelle de ses vœux un « Tchexit ». Les partis anti-système voient dans la percée des Vrais Finlandais aux législatives du 15 avril un bon signe pour eux.

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« Ils seront une force »

Ces partis « vont entrer » au Parlement. « Ils seront une force, ils vont réaliser de bons scores, en particulier en Italie », estime l’analyste tchèque Jan Kubacek. « Mais le problème de toutes ces formations est qu’elles n’arrivent pas à coopérer réellement, étant trop centrées sur leur propres intérêts nationaux. »

Et ils auront du mal à se choisir un leader. Aussi bien Marine Le Pen que Matteo Salvini sont déterminés à prendre la direction du groupe.

« Il est probable que Salvini devienne à un moment Premier ministre », ce qui renforcera son rôle, ajoute Jan Kubacek. « Le Pen sera très active. Elle, qui ne peut pas jouer le premier rôle dans la politique en France, voudrait utiliser le Parlement européen comme sa deuxième plateforme politique. »

Lors de la crise migratoire due à la guerre en Syrie, le SPD a attiré des électeurs par une politique anti-migrants. Son slogan « Non à l’Islam » est maintenant repris dans la campagne actuelle.

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« Sans Bruxelles »

Le SPD réussira-t-il à entrer au Parlement européen ? La question reste ouverte, vu la participation traditionnellement faible des Tchèques à ce scrutin. « Tomio Okamura devra faire de son mieux pour que les électeurs propulsent le SPD au-delà du seuil de 5% des voix exprimées », ajoute Jan Kubacek.

Agé de 47 ans, l’homme d’affaires né à Tokyo reste optimiste quant à sa liste de candidats dirigée par le psychiatre Ivan David. « Chaque mandat sera un succès. Mais ce serait fantastique si on pouvait réaliser le même score qu’aux élections parlementaires de 2017, soit près de 11% », dit-il.

Matteo Salvini a quant à lui invité les partis européens d’extrême droite à Milan pour un grand rassemblement le 18 mai, juste avant les élections.

« Ce meeting devrait être une démonstration paneuropéenne de la capacité des pays européens à coopérer étroitement sans le diktat de Bruxelles, tout simplement sur la base d’un accord mutuel », a déclaré Tomio Okamura à l’AFP.

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