Les fédéralistes réclament des primaires européennes en 2013

 
Daniel Cohn-Bendit, co-président du groupe des Verts/ALE au Parlement et l’une des figures de proue du groupe fédéraliste Spinelli, a appelé à l'organisation de primaires un an avant les élections européennes de 2014, afin de sélectionner des candidats potentiels à la présidence de la Commission européenne.

Une alliance de libéraux, de socialistes, de verts et de communistes devrait organiser des primaires en 2013, afin de choisir un candidat pour succéder à José Manuel Barroso, a-t-il proposé hier (26 mars).

M. Cohn-Bendit a qualifié cette alliance de « pacte de démocratisation sociale et écologique de l'Europe ».

« On n'a besoin de l’autorisation de personne », a-t-il déclaré à propos des autres propositions visant à accorder une légitimité à la sélection du successeur de M. Barroso.

M. Cohn-Bendit a déclaré que si cette alliance disposait de la majorité lors des élections de 2014,  les dirigeants des pays européens pourraient proposer leurs candidats, mais que le seul qui pourrait recevoir l'assentiment du Parlement serait celui désigné lors des primaires.

L'année à venir devrait permettre de créer un « espace démocratique » en Europe, a expliqué M. Cohn-Bendit lors d'un évènement du groupe Spinelli organisé à l'Université Libre de Bruxelles.

Il a reconnu que le nombre d'électeurs susceptibles de participer aux primaires serait peu élevé, entre six et dix millions de personnes sur 260 millions.

Lors de cet évènement, le dirigeant du groupe ADLE, Guy Verhofstadt, a émis l'hypothèse que le Parti populaire européen (PPE) pourrait également organiser des primaires. Mais ce n'est pas dans les habitudes de certains pays européens, a-t-il expliqué.

M. Verhofstadt a fait état des différentes idées à l'étude pour les élections de 2014. Il a déclaré que les listes transnationales (« voir Contexte »)  n'étaient « pas du tout populaires au sein du Parlement européen ».

Les deux principaux groupes politiques, le PPE de centre-droit et le S&D de centre-gauche, seraient en effet opposés à ces listes transnationales.

Selon M. Verhofstadt, permettre aux candidats de se présenter dans plusieurs circonscriptions nationales pourrait être une alternative aux listes transnationales. La troisième possibilité qu'il a envisagée consisterait à désigner le prochain président de la Commission parmi les eurodéputés.

À propos de la nécessité d'augmenter le taux de participation aux élections européennes, M. Verhofstadt a plaidé en faveur d'une taxe européenne applicable à tous les citoyens de l'UE, ce qui, selon lui, permettrait de les responsabiliser et d'éveiller leur intérêt pour les élections européennes.

Dans une récente lettre adressée au président du Parti populaire européen, Joseph Daul, l'eurodéputé et auteur d'un rapport sur la réforme électorale du Parlement européen et sur la création d'une circonscription paneuropéenne, Andrew Duff, a fait part de sa « consternation » face à l'absence de soutien du centre-droit du Parlement.

« À l'approche des prochaines élections qui auront lieu en 2014, sommes-nous certains que les campagnes seront d'une qualité meilleure que les précédentes et que les électeurs verront que, en déposant leur bulletin dans l'urne et en désignant leurs eurodéputés, de véritables choix seront faits concernant la direction que doit prendre l'Europe politique ? Ne partagez-vous pas mes peurs que les partis politiques nationaux ne soient plus en mesure de porter haut et comme il se doit le projet d'intégration européenne?  Avons-nous vraiment convaincu les médias de l'utilité de rapporter notre action de manière sérieuse et fiable ? »

« Mon rapport en l'état est un compromis [équilibré]. Il reconnaît que certaines questions concernant la dimension transnationale sont particulièrement sensibles — entre autres choses, le timing de la réforme, le choix entre la procédure fermée ou semi-ouverte et la question de savoir si les 25 eurodéputés transnationaux doivent s'ajouter aux 751 membres existants ou [en] être issus. »

« Pour toutes ces raisons j'en appelle à vous et vos collègues du Parti populaire pour revenir à votre approche précédente et plus constructive concernant la manière dont un Parlement plus fort pourrait au mieux contribuer au gouvernement d'une Europe plus unie », a écrit M. Duff.

Altiero Spinelli (1907-1986) est considéré comme l'un des fondateurs de l'Europe. Communiste italien, il a également fondé le mouvement fédéraliste européen et été membre de la Commission européenne et du Parlement européen. Le bâtiment principal du Parlement européen porte son nom.

Les fédéralistes militent pour une « personnalisation crédible » de l'élection du prochain président de la Commission. Andrew Duff, un eurodéputé libéral influent, a déclaré que le candidat choisi devrait être élu plutôt que de « sortir de nulle part ».

M. Duff a expliqué qu'une liste transnationale de 25 candidats serait établie par les groupes politiques actuels et que ces candidats pourraient mener des campagnes au-delà des frontières nationales. Ces 25 eurodéputés seraient élus en plus des 751 déjà prévus par le traité de Lisbonne. Pour cela, le Parlement européen pourrait voter une résolution avant qu'une conférence intergouvernementale n'effectue les modifications nécessaires dans le traité de Lisbonne.

Si ces modifications sont adoptées, les électeurs européens pourront voter pour leurs eurodéputés nationaux et participer, s'ils le souhaitent, au scrutin pour les listes transnationales. Les électeurs pourraient alors voter pour la liste complète ou pour des candidats individuels.

 

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