Les jeunes En Marche veulent être l’avant-garde politique pour les élections européennes

Le leader de l'ALDE Guy Verhofstadt et la secrétaire d'État à l'écologie Brune Poirson ont assisté au Young European Summit organisé les jeunes macronistes. [crédit photo : Patrick Wei]

Les Jeunes avec Macron (JAM) étaient rassemblés le 17 novembre à Paris avec d’autres mouvements de jeunes européens. Ils rêvent d’une plateforme transnationale pour les élections de mai.

La lune de miel entre l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE) et le parti du chef de l’État Emmanuel Macron continue. Fraîchement actée lors du congrès de Madrid du 10 novembre, l’alliance entre les deux groupes politiques s’est matérialisée par la présence de Guy Verhofstadt à la réunion des JAM samedi 17 novembre au soir, où quelque 150 jeunes européens étaient présents.

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Emmanuel Macron a réaffirmé son ambition de chambouler le paysage politique européen. Mais entre création d’un nouveau parti et ralliement aux libéraux, le parcours s’annonce semé d’embuches.

« Les gens veulent l’Europe mais ils n’aiment pas la façon dont elle marche », a critiqué Guy Verhofstadt, dans une tirade qui a électrisé l’auditoire. Il a également évoqué l’armée européenne, chère à Emmanuel Macron. Pour lui, les capacités militaires européennes sont trop faibles par rapport au budget alloué, « on a besoin d’une armée européenne pour économiser de l’argent ».

Brune Poirson, potentielle tête de liste européenne

Le mouvement macroniste a appelé plusieurs organisations politiques de jeunes européens à venir à Paris pour présenter les résultats d’une enquête transnationale et poser les jalons d’une coopération future. L’évènement était sobrement baptisé « Young Europeans Summit ».

Plus de 20 000 entretiens ont été réalisés dans 9 pays européens au mois d’octobre et de novembre auprès des jeunes de 16 à 35 ans. Les préoccupations des citoyens se concentrent sans surprise sur l’environnement et le modèle social européen. L’Europe doit faire plus et mieux selon eux. D’autres études récentes avaient déjà mis ces thèmes en lumière.

Les consultations citoyennes à l'heure du bilan

Le Conseil européen de décembre va se pencher sur les résultats des consultations citoyennes. Certains eurodéputés  appellent à ne pas se contenter de cette expérience.

Très enthousiaste sur scène, Brune Poirson, secrétaire d’État auprès du ministre de l’écologie, a salué l’effort. « C’est très important que vous continuiez à aller sur le terrain, pour demander aux gens leur vision de l’Europe. En Marche sait comment faire participer les citoyens politiquement, il faut l’appliquer à l’échelle européenne maintenant. » Elle est une des têtes de liste potentielles pour conduire En Marche aux européennes de mai 2019. Les noms de Pascal Canfin, Nathalie Loiseau ou Pascal Durand sont aussi évoqués.

« L’avant-garde politique des adultes »

Plusieurs députés du parti assistaient d’ailleurs à la réunion, parmi lesquels Stanislas Guérini. L’élu de Paris va bientôt prendre la présidence de LREM. Lors de la campagne présidentielle de 2017, les JAM avaient œuvrés à l’élection du Président et ses fondateurs se sont retrouvés propulsés députés (Sacha Houlié et Pierre Person) ou conseillers haut-placés (Florian Humez et Jean Gaborit).

Le président actuel, Martin Bohmert, en a profité pour faire acte de candidature à la liste des européennes. S’il reconnaît que les idées doivent encore être « affinées » au cours des prochaines semaines, il positionne son mouvement à la base de la campagne : « Nous sommes l’avant-garde politique des adultes. »

Même si « l’ALDE est au cœur du mouvement », l’idée des JAM et de leurs partenaires est de « l’étendre pour créer une plateforme commune », selon lui.

Inquiétudes pour la présidence roumaine du Conseil

Parmi les jeunes ayant fait le déplacement, on retrouve des Belges, des Néerlandais, des Roumains, des Hongrois, des Autrichiens, des Slovaques, des Sspagnols et les Italiens de FutureDem. Ce dernier groupe était jusqu’ici affilié au S&D en Europe.

« On est en contact avec les JAM depuis un an », explique Alexandru Varzaru, de l’Union Sauvez la Roumanie (USR). Ce parti, troisième force politique de son pays, compte 41 députés et sénateurs.

« En Roumanie, on lutte contre l’establishment. On a un problème avec l’état de droit et la corruption. Le gouvernement commence à avoir des tendances très eurosceptiques », s’alarme-t-il, alors que la Roumanie doit prendre la présidence du Conseil au premier janvier.

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