Les magistrats appellent les candidats à l’Élysée à la retenue

Les magistrats français s'inquiètent des menaces proférées par les candidats. [Corgarashu/Shutterstock]

Le syndicat des magistrats dénonce dans un communiqué les « attaques » et les « menaces inédites » de représailles proférées à l’égard des fonctionnaires et appelle les candidats à l’élection présidentielle à s’abstenir de toute polémique.

L’Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire)  « déplore que des enquêtes relatives à des infractions susceptibles d’avoir été commises par des responsables politiques donnent lieu, depuis plusieurs semaines, à des attaques d’une rare violence contre l’institution judiciaire ».

« Elle dénonce les menaces à peine voilées et inédites de représailles à l’encontre des ‘fonctionnaires’ en charge d’une des affaires concernées », ajoute le syndicat.

Lors d’un meeting à Nantes dimanche, la présidente du Front national, Marine Le Pen, dont le parti est visé par plusieurs enquêtes judiciaires, a appelé les magistrats à « ne pas contrecarrer la volonté du peuple » ni se « substituer au législateur ».

Le 15 février, la candidate du FN a refusé de se rendre à une convocation de la police dans le cadre de l’enquête sur les assistants parlementaires du FN au Parlement européen et prévenu qu’elle ne répondrait à aucune convocation le temps de la campagne.

>> Lire : Marine Le Pen refuse d’être entendue par les enquêteurs

François Fillon, le candidat de la droite, voit pour sa part sa campagne fragilisée par les soupçons d’emplois fictifs dont auraient bénéficié sa femme et ses enfants.

Le président du Sénat et soutien du candidat, Gérard Larcher, a appelé dimanche non pas à une trêve, mais à « une retenue » de l’action de la justice.

« L’indépendance de la justice est le fondement de toute démocratie, l’institution judiciaire applique la loi de manière identique à tous les citoyens et nul n’est ou ne peut se considérer au-dessus des lois », souligne l’USM dans son communiqué.

« La notion de ‘trêve judiciaire’, qui justifierait une interruption des enquêtes pendant une campagne électorale, ne repose sur aucun fondement constitutionnel ou légal et créerait une inégalité entre les citoyens », ajoute le syndicat majoritaire.

L’USM appelle donc « ceux qui aspirent à exercer les fonctions présidentielles, et à ce titre à être garants de l’indépendance de l’autorité judiciaire, à respecter l’institution judiciaire et la séparation des pouvoirs et à s’abstenir de toute polémique qui tendrait à opposer, de manière dangereuse, les institutions de notre État de droit ».

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