Les prévisions du Parlement européen sur son propre futur font jaser

La dernière projection de sièges du Parlement européen, réalisée par Kantar Europe, est remise en cause.

Exclusif. Les présidents des groupes politiques devraient décider d’interrompre la publication des sondages et projections du futur Parlement le 21 mars. Les chefs des groupes politiques autres que le PPE estiment que l’administration de la chambre sort de sa fonction.

La conférence des présidents du Parlement européen, qui se réunit jeudi 21 mars se penchera sur une question délicate : celle des sondages et des projections de sièges faites par le Parlement européen sur lui-même. Une pratique qui pourrait être interrompue dès demain, alors qu’une nouvelle publication, déjà retardée, était prévue pour la fin de semaine.

Pour la première fois de son histoire, l’institution avait diffusé mi-février puis début mars un sondage sur les intentions de vote des Européens, ainsi que des projections sur la le visage de la future assemblée parlementaire.

La troisième publication, prévue lundi 18 mars, «  a été retardée pour une raison technique », affirme une porte-parole du Parlement européen.

LREM veut mettre la barre à droite pour les européennes

La ministre des Affaires européennes croise déjà le fer régulièrement contre le Rassemblement national . Un entraînement qui pourrait s’avérer utile dans la bataille électorale.

Le poids du PPE au Parlement en question

La diffusion de ces sondages et projections est censée aider les journalistes à couvrir les élections européennes qui se déroulent en mai 2019. Mais elle n’est pas du goût des groupes politiques autres que le parti de droite, le Parti populaire européen. Le très puissant parti, qui dispose de la présidence du Parlement et de nombreux postes influents, est souvent accusé de gérer d’un peu trop près l’assemblée. Voire de tenter de servir ses propres intérêts.

En l’occurrence, il semble que le secrétaire général du Parlement européen, Klaus Welle, ait été à la manœuvre. A ce poste depuis 10 ans, le fonctionnaire allemand nommé par le Bureau du Parlement, est aussi garant de l’indépendance de l’institution. Mais en tant qu’ancien secrétaire général du Parti populaire européen, il est parfois mis en cause par l’opposition.

« Ce n’est pas le rôle d’un Parlement de faire ses propres prévisions ! On a jamais vu l’Assemblée nationale faire ça ! » s’étonne une député européenne.

Le Parlement européen faisait ses propres statistiques, mais jusqu’alors ne les publiait pas, et surtout pas les projections de la chambre qui supposent une vraie analyse politique.

Les sondages de sondages, qui agrègent les résultats des instituts, sont en effet disponibles un peu partout, et notamment sur des sites dédiés comme Pollofpols ou PollsPosition en France.

Mais l’institut Kantar Europe mandaté par le Parlement, évalue dans cette publication contestée, en fonction de sa propre expertise, les chances des uns et des autres de participer à tel groupe. « Nous avons les même statistiques que les autres, mais nous nous appuyons sur l’expertise de nos équipes dans chaque pays européen pour déduire qui siégera avec qui » avait expliqué, le 18 février, Emmanuel Rivière, de Kantar Europe, à Euractiv, lors du lancement du premier sondage.

Le Rassemblement National continue de bluffer les sondeurs

Donné favori à l’automne dernier, le Rassemblement national ressort maintenant second derrière La République en Marche, avec 20 % des intentions de vote pour les européennes. Mais le score du RN pourrait être surestimé, comme il l’a été lors des cinq dernières élections françaises.

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