Les six scénarios d’alliances possibles au Parlement européen

Le nouveau Parlement européen pourrait déboucher sur une très grande coalition. [Marc Ollivier/Ouest-France]

Maintenant que les électeurs ont parlé, vient la question de la coalition d’un Parlement élu à la proportionnelle où aucun camp n’a la majorité toute seule. Écologistes et libéraux sont en position de force. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

Une coalition qui irait de Laurent Wauquiez à Raphaël Glucksmann ? Voilà un scénario qui pourrait prendre forme au Parlement européen à la vue des résultats aux élections pour élire les eurodéputés dimanche 26 mai.

Pour la première fois depuis 1979, la droite (Parti populaire européen, PPE) et les sociaux-démocrates (S&D) ne seront pas majoritaires à eux deux avec 180 sièges pour l’un (23,97 %) et 152 pour l’autre (20,24 %). Soit 332 sièges (44,21 %) au lieu des 376 requis pour avoir la majorité. Ils ont donc besoin d’alliés, notamment avec l’ADLE qui obtient 13,98 % des sièges et les Verts (8,92 %).

Déjà, lors de la dernière mandature, les majorités ont fortement fluctué selon les sujets : certaines délégations nationales du PPE ou du S&D refusant de voter un texte, il fallait trouver des compromis avec des élus issus des centristes libéraux de l’ADLE (Alliance des démocrates et Libéraux) ou des écologistes (Les Verts), voire de la gauche de la gauche (GUE-NGL).

Ouest-France vous propose de regarder quelle majorité est possible, selon les dernières projections fournies par le Parlement européen.

Scénario n° 1 : la très grande coalition

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Même si le PPE et le S&D sont encore en tête dans les sondages avec presque 24 % et 20,24 % des sièges, une très grande coalition de 67,2 % des sièges permettrait de s’assurer de trouver une majorité quels que soient les textes et les réticences de certaines délégations nationales en fonction des propositions.

Autre argument en faveur de cette majorité très large, la perspective d’une coalition entre Verts et CDU en Allemagne permettrait d’être testée sur les bancs de l’hémicycle de Strasbourg.

Scénario n° 2 : la coalition centrale

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Les sociaux-démocrates et les conservateurs n’ont pas nécessairement besoin des Verts. En effet, une alliance avec les forces de Guy Verhofstadt et d’Emmanuel Macron permettrait d’atteindre une majorité confortable de presque 58,19 % des voix.

Scénario n° 3 : la petite coalition

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Une alliance PPE-S&D et Verts serait possible et obtiendrait 53,13 % des sièges. Cependant, il s’agirait d’une majorité fragile, dont le Parlement européen n’a pas l’habitude. Jusqu’à présent, les très larges majorités permettaient aux eurodéputés d’avoir une forte liberté de vote. Là, la moindre défection pourrait compter.

Une telle alliance permettrait à Yannick Jadot d’EELV de justifier son discours appelant à faire de l’écologie le « nouveau centre de gravité » du Parlement européen, mais cela créerait aussi des remous au sein d’Europe écologie les verts (EELV) où une grande partie des adhérents n’imagine pas devoir s’allier avec le groupe où siègent François-Xavier Bellamy, Nadine Morano ou Brice Hortefeux des Républicains.

Scénario n° 4 : la coalition minoritaire

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Après les résultats du 26 mai, une telle hypothèse semble très compromise tant le PPE et le S&D sont en recul. En 2014, les deux groupes représentaient 54,32 % des sièges. Cette fois, ils obtiendraient un peu plus de 48,2 %.

Ou alors, ils décident de former une coalition minoritaire qui fluctuerait en fonction des votes en s’alliant avec les libéraux ou les écologistes.

Scénario n° 5 : la coalition entre la gauche et le centre

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Avec près de 48,73 %, une coalition allant des eurodéputés de la France insoumise aux troupes de La République en Marche – MoDem serait proche d’une majorité. Si une telle majorité réussissait à attirer tous les partis qui n’ont pas encore d’affiliation, ils sont encore 3,99 % classés dans « autres », la principale difficulté résulterait moins du contrat de coalition à obtenir que de la capacité des chefs de partis nationaux à assumer une telle alliance.

Cependant, une telle majorité est techniquement possible et répondrait aux ambitions de « voter à gauche et non plus avec le PPE » qu’a appelé régulièrement dans cette campagne Raphaël Glucksmann (PP-PS).

Sur les textes portant sur des enjeux sociétaux, une telle alliance a déjà été trouvée à de nombreuses reprises au Parlement européen. Mais sur les questions économiques, l’écart des positions semble trop grand pour trouver un contrat de coalition.

Politiquement, on voit mal les eurodéputés de La France insoumise accepter de faire alliance avec les troupes macronistes. Or, pour une telle majorité, il faut qu’aucune voix ne manque…

Scénario n° 6 : la coalition entre droite et nationalistes

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Le camp eurosceptique a progressé avec 19 eurodéputés supplémentaires lors de ces élections européennes, mais est encore très loin d’être majoritaire, malgré les promesses de victoires tenues par Marine Le Pen ou Jordan Bardella.

Dispersés dans trois groupes, les eurosceptiques n’arrivent pas à se mettre d’accord pour n’en former qu’un seul, malgré les tentatives récentes de l’Italien Matteo Salvini. Entre eurosceptiques et antieuropéens, libéraux et étatistes, pro et anti-Poutine, l’alliance semble impossible à réaliser.

En 2014, ils n’étaient que 20 %. Les résultats fournis par le Parlement européen les placent à seulement 22,90 %. En grande partie en raison de leur faible présence dans de nombreux pays, malgré de très bons scores en France, Italie ou au Royaume-Uni.

Cependant, avec une alliance avec le PPE, où siège le sulfureux Premier ministre hongrois Viktor Orban, les conservateurs et les eurosceptiques atteindraient près de 47 % des sièges. À la différence de la coalition regroupant les forces de gauche avec le centre, les réserves de voix semblent peu nombreuses.

Surtout, comme pour une alliance allant de la GUE de Mélenchon à l’ADLE de Macron, une coalition au Parlement européen entre les troupes du PPE de Laurent Wauquiez à l’ENF de Marine Le Pen semble très difficile à faire accepter au niveau national.

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