Les socialistes français raflent la mise lors des élections législatives

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En France, le parti socialiste du président François Hollande a remporté une victoire historique lors des élections législatives d’hier (17 juin) et jouira d’une majorité dans les deux chambres du parlement. Un reportage d’EURACTIV France.

Les socialistes ont remporté 314 des 577 sièges de l'Assemblée nationale, la chambre basse du parlement, soit bien plus que les 289 nécessaires pour constituer une majorité.

Il s'agit d'une victoire historique pour les socialistes qui, avec leurs alliés verts et d'autres partis de gauche, devraient compter sur une gauche parlementaire de 343 députés.

Le parti conservateur UMP du président sortant Nicolas Sarkozy disposera de 194 sièges, contre 313 lors des élections de 2007.

Les socialistes contrôlent également le sénat depuis septembre 2011 ainsi que la plupart des régions de l'Hexagone.

Seule ombre au tableau pour les vainqueurs : la défaite de la candidate socialiste Ségolène Royal, qui espérait devenir présidente de l'Assemblée nationale. Mme Royal a été battue dans la circonscription de La Rochelle par le candidat socialiste dissident Olivier Falorni, qui avait refusé de se retirer de la course en sa faveur.

La défaite de Mme Royal, ancienne compagne de M. Hollande, met le président français dans l'embarras. Sa nouvelle compagne, Valérie Trierweiler, avait manifesté sur Tweeter son soutien à M. Falorni avant les élections. Cet incident avait déclenché des commentaires sarcastiques sur l'incapacité du nouveau chef de l'État à garder le contrôle de sa vie privée.

L'extrême droite entre au parlement

Autre tournant de ces élections, le Front national d'extrême droite entre au parlement pour la première fois depuis les années 1980, avec deux sièges.

Marion Maréchal-Le Pen, la nièce de Marine Le Pen et la petite-fille de Jean-Marie Le Pen, a battu son rival de centre-droit dans la commune de Carpentras, dans le Sud-Est de la France. Le second siège au parlement revient à l'avocat Gilbert Collard, ancien président du comité de soutien à Marine Le Pen.

La défaite du leader d'extrême gauche Jean-Luc Mélenchon est également à souligner. Il avait tenté en vain de battre Marine Le Pen dans sa circonscription du Pas de Calais lors du premier tour des législatives. Au second tour, Mme Le Pen a toutefois été battue par le socialiste Philippe Kemel qui a remporté 50,11 % des suffrages, soit 118 votes de plus que sa concurrente d'extrême droite.

Comme le veut la tradition, après les élections législatives, le gouvernement français socialiste a pris résidence aujourd'hui (18 juin).

Le cabinet de M. Hollande a indiqué qu'il avait immédiatement renommé Jean-Marc Ayrault au poste de premier ministre avant de lui demander de former un nouveau gouvernement, qui devrait être presque identique au premier.

Impact sur le Parlement européen

Les élections françaises auront également un impact direct sur la composition du Parlement européen et des autres institutions de l'Union européenne.

Dans les rangs socialistes, Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture qui a été élu dans la circonscription de la Sarthe, quittera le Parlement européen pour être remplacé par Isabelle Thomas. L'eurodéputé Kader Arif, nommé ministre délégué aux anciens combattants, sera quant à lui remplacé par Eric Andrieu.

L'eurodéputée socialiste Estelle Grelier, qui a remporté une victoire dans la 9e circonscription de la Seine maritime, cèdera son siège au Parlement européen à Jean-Louis Cottigny.

L'eurodéputé de centre-droit Damien Abad, élu dans le département de l'Ain, sera remplacé au Parlement européen par Karine Fenocchi.

Un autre homme politique français à Bruxelles pourrait être tenté par une carrière nationale. Philip Cordery, secrétaire général du Parti des Socialistes européens, a été élu à 53 % dans la circonscription du Benelux, contre la candidate de l'UMP Marie-Anne Montchamp.

L'élection de François Hollande à la tête de l'État français le 6 mai dernier a été annoncée comme un tournant décisif dans le paysage politique de l'Union européenne, mais les politiques qu'il a défendues lors de sa campagne restent à appliquer.

Le nouveau gouvernement français de gauche a commencé à travailler le 17 mai dernier en promettant de combattre les mesures d'austérité excessives et de mieux gérer les finances publiques.

Depuis, les relations franco-allemandes semblent particulièrement tendues, à la veille du sommet de l'UE des 28 et 29 juin prochains qui devrait établir un « calendrier pour plus d'intégration européenne », ainsi que des mesures sur la discipline budgétaire et la croissance.

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