Les têtes de liste européennes se liguent contre la droite

Débat des 6 candidats des principaux partis européens pour les élections européennes, le 15 mai à Bruxelles. Photo Flickr-PES

Les principaux candidats à la présidence de la Commission se sont opposés à Manfred Weber, le candidat du PPE, donné a priori gagnant des élections.

Arguments posés, respect et combativité. Le show des six candidats des grandes familles politiques européennes, qui ont débattu mercredi 15 mai à Bruxelles, tranche dans la campagne des élections européennes.

Très préparé, le débat animé par trois journalistes de nationalité française, finlandaise et néerlandaise s’est principalement déroulé en anglais, la journaliste de France Télévisions parlant étonnamment anglais.

Les candidats ont dû respecter des règles assez draconiennes de temps de parole pour éviter le chaos, et aborder tous les sujets. La question du populisme et de la montée des extrêmes a été courtoisement évitée, ce qui limite aussi la portée de ce type d’exercice : même les plus « extrêmes » sur l’échiquier politique, Nico Cué du groupe de gauche radicale et Jan Zaharadil, du groupe de droite ECR, ont affiché un visage relativement modéré, ce qui ne représente pas la réalité du futur Parlement européen.

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Les formations eurosceptiques devraient être la deuxième force politique du prochain Parlement européen, avec ou sans les Britanniques. Une configuration qui pourrait paralyser l’institution.

Weber isolé

Le candidat de la droite, Manfred Weber, a sans doute été le plus attaqué. A priori leader dans l’élection, puisque son groupe l’est systématiquement, il est perçu comme le principal opposant à la fois par la gauche, les Verts et le centre, mais s’est retrouvé plusieurs fois isolé dans ses propositions, ce qui semble préfigurer les complications futures. Aucune des autres formations ne semble déterminée à organiser une coalition avec le premier groupe politique, perçu comme trop à droite sur différents dossiers, notamment la Hongrie. Seul groupe de droite, l’ECR adopte une position eurosceptique incompatible avec la position du PPE. Et aucun appel de pied n’a eu lieu entre les deux formations lors du débat.

Manfred Weber a par ailleurs déclaré vouloir être le président d’une Commission qui opérerait un « nouveau départ », alors que son prédécesseur Juncker évoquait « la Commission de la dernière chance » en 2014.

Des propos défensifs et prudents, qui s’expliquent aussi par la position délicate dans laquelle il se trouve. Dans une interview à la Suddeutsche Zeitung, Angela Merkel avait déclaré quelques heures auparavant avoir toujours été sceptique sur le processus des « Spitzenkandidaten », détruisant de facto le soutien du bout des lèvres qu’elle lui avait jusqu’alors apportée.

Le candidat a toutefois évité d’annoncer la suppression de 200 textes réglementaires européens, comme il l’avait fait auparavant dans la presse allemande, se contentant d’attaquer les socialistes, dont le Français Pierre Moscovici et Frans Timmermans, pour n’avoir pas réussi à relancer suffisamment l’économie et venir à bout du chômage. Ce à quoi Moscovici a répondu sur Twitter : Manfred Weber dit toujours que je suis responsable des politiques d’austérité. Alors pourquoi son parti m’a-t-il accusé durant 5 ans d’être trop flexible ? Je n’ai jamais plaidé pour le Grexit ou pour des sanctions financières » a rappelé le commissaire français.

Ska Keller, la candidate des Verts plus proches des positions que Macron que Vestager

Parmi les autres candidats, Ska Keller, la candidate des Verts, s’est démarquée par son sourire et ses arguments simples, affichant une réelle empathie envers les citoyens européens : jeunes, réfugiés, etc. Et insistant sur le dossier climat de façon plus sérieuse que les autres. La candidate des Verts s’est ainsi retrouvée à défendre le besoin d’inclure une clause climatique dans les négociations commerciales face à tous les autres candidats, notamment Margrethe Vestager. Un comble quand on songe que le parti macroniste Renaissance entend rejoindre son parti centriste au Parlement européen.

La candidate s’est toutefois engagée à faire de la politique pour les citoyens, notamment en abandonnant les acronymes incompréhensibles comme RGPD, afin d’améliorer la lisibilité de l’action européenne.

Les verts donnent leurs conditions à Manfred Weber

Les verts ont lancé leur campagne électorale et seront prêts à discuter avec Manfred Weber (PPE) « s’il ne vire pas trop à droite ».

 

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