Les Verts veulent s’associer à d’autres forces pro-européennes après les élections de juin pour rejoindre la majorité au Parlement européen, et ce par un accord écrit, afin d’empêcher que le Pacte vert pour l’Europe (Green Deal) ne soit édulcoré, alors que celui-ci fait face à de vives critiques de la part des entreprises.
Lors du lancement de la campagne électorale des Verts allemands lundi (15 avril), le parti a souligné qu’il souhaitait rejoindre la majorité au Parlement européen. Le but serait de « faire vraiment avancer l’Union européenne », a expliqué la tête de liste des Verts européens et allemands, Terry Reintke.
La majorité actuelle au Parlement est composée du Parti populaire européen (PPE) de centre droit, des libéraux (Renew Europe) et des Socialistes et Démocrates (S&D).
Terry Reintke a souligné que les négociations seront particulièrement difficiles avec le PPE et son membre allemand CDU/CSU (Union chrétienne-démocrate d’Allemagne/Union chrétienne-sociale en Bavière), qui a récemment tenté de boycotter un grand nombre des dossiers les plus importants du Green Deal.
« Je pense que nous savons tous que les négociations seront difficiles. Ce qui est important pour nous, bien sûr, c’est la façon dont le Green Deal sera mis en œuvre. Nous serons très fermes dans les débats », a déclaré Mme Reintke.
Le lancement d’un programme d’investissement pour les infrastructures doit également figurer en tête de l’ordre du jour, et son absence devra être une ligne rouge dans les négociations. Une approche plus claire de la Commission européenne sur la question de l’État de droit sera également envisagée.
En cherchant à rejoindre la majorité au Parlement, les Verts veulent également « empêcher une partie du groupe autoritaire de droite au Parlement européen, notamment, de prendre part à ces négociations », a déclaré Mme Reintke.
Le chef du PPE, Manfred Weber, a flirté ces derniers mois avec l’idée d’un rapprochement avec les Conservateurs et réformistes européens (CRE) qui sont dirigés par la Première ministre italienne d’extrême droite Giorgia Meloni et qui comprennent également le parti national-conservateur polonais Droit et Justice (PiS) ou encore le parti d’extrême droite espagnol Vox.
« Nous sommes actuellement confrontés à la question de savoir si ces élections européennes permettront à la CDU/CSU et aux forces de droite de faire échouer le Green Deal ou si nous parviendrons à [en] faire un succès », a souligné la tête de liste des Verts.
Les Verts n’ont pas soutenu Ursula von der Leyen en 2019, car le parti s’était engagé avant les élections à ne soutenir qu’un candidat se présentant comme tête de liste d’un des principaux partis européens.
Étant donné qu’Ursula von der Leyen n’a été désignée que par les États membres de l’UE et qu’elle ne s’est jamais présentée aux élections européennes, les Verts ont refusé de la soutenir.
Un accord écrit à portée de main
Les Verts, qui souhaitent désormais rejoindre la coalition von der Leyen, tenteront également de s’assurer que les autres partis — et en particulier le PPE — respectent leur part du marché à l’issue des négociations.
Les Verts prévoient donc de conclure un accord écrit avec les autres partis afin de les obliger à respecter leurs engagements.
Bien que le document visé par les Verts ne soit pas un accord de coalition, des sources du parti ont expliqué à Euractiv qu’il devrait être beaucoup plus détaillé que l’accord à mi-parcours actuel entre les socialistes, les libéraux et le PPE.
[Édité par Anna Martino]


