L’Europe et les réfugiés déchirent la droite française

Le tract "Pour que la France reste la France" est jugé trop proche des idées du FN par la droite modérée

Le thème de l’Europe et des réfugiés divisent profondément la droite républicaine. Le secrétaire général du parti a remercié Virginie Calmels, proche d’Alain Juppé, qui lui reprochait de « défendre ses propres idées ».

La crise qui couvait au sein des Républicains (LR) a éclaté dimanche 17 juin, avec le limogeage surprise de la vice-présidente déléguée du parti, Virginie Calmels, remplacée par Jean Léonetti.

Dans une interview au Parisien Dimanche, la numéro deux du parti avait réitéré ses critiques sur « l’absence de débat » sur le contenu d’un tract LR empruntant aux slogans du Front national, ce qui lui a valu des attaques de la part de la garde rapprochée du président Laurent Wauquiez.

Le tract en question, « Pour que la France reste la France », a suscité une vive polémique au sein de la droite, une partie des élus reprochant à la formule d’être proche des idées du Front national.

Lancé le 1er juin, le dit tract a même été soumis à un sondage les 11-12 juin. Selon l’Ifop, 63 % des Français considèrent que ce slogan n’est pas choquant. Cette proportion grimpe  à 79 % chez les sympathisants LR.

«  Les Français sont donc indifférents aux anathèmes lancés contre ce tract et partagent ce simple objectif formulé par le général de Gaulle le 1er janvier 1950 : « pour que la France demeure la France », souligne un communiqué de presse du parti en date du 15 juin dernier.

Mais derrière les formules, la contestation est demeurée notamment du côté des proches d’Alain Juppé, dont Virginie Calmels.

Dans le Parisien, l’élue indiquait dimanche « que Laurent Wauquiez veut d’abord défendre ses propres idées, même si elles ne sont pas adoptées par tous ».

Le tract en question, imprimé à 1,5 million d’exemplaires et diffusé sur 500.000 affiches, évoquait surtout le thème de l’immigration, avançant des affirmations de type « Il n’y a jamais eu autant d’immigrés », « il n’y a jamais eu un tel risque terroriste », « il n’y a jamais eu une telle pression communautariste » et « il n’y a jamais eu une telle flambée de délinquance ».

Le tract proposait aussi un référendum sur le thème : c’est aux Français de décider qui entre en France.

Un tel texte n’aurait de fait pas été renié par le Front national. La présidente du parti d’extrême-droite a d’ailleurs repris la formule à son compte, en la moquant

Le 30 juin, Les Républicains ont prévu d’organiser, à Menton, une journée de réflexion sur l’Europe. Le débat promet d’être houleux, et plus que jamais tiraillé vers la droite.

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