La République En Marche demande aux médias de parler plus d’Europe

Les prochaines élections européennes auront lieu en mai 2019. [CX/Shutterstock]

Le parti présidentiel demande aux médias de mieux couvrir l’actualité européenne à l’approche des élections européennes de 2019. Un débat qui serait plus simple grâce aux listes nationales, selon les macronistes.

La République En Marche dévoile ses cartes pour son projet de réforme du mode de scrutin aux élections européennes. Nouvel argument avancé par LREM, les listes nationales permettraient de recentrer le débat sur l’Europe, mise à mal par les huit circonscriptions régionales dans le cadre desquelles s’organise aujourd’hui le scrutin.

« Les débats régionaux avaient dilué en sous-débats les véritables enjeux européens », a décrit le rapporteur du projet Pieyre-Alexandre Anglade lors de la présentation du rapport d’information du projet. Le député LREM a mis en avant l’artificialité des huit circonscriptions créées en 2003, rendant de ce fait plus difficile un débat à l’occasion des européennes.

Selon Charles de Marcilly, directeur du bureau de Bruxelles de la Fondation Robert Schuman, LREM souhaite que la campagne porte sur « les grands enjeux européens, tels que la défense, la zone euro, et non sur des logiques locales. Cette approche est en lien avec la vision d’Emmanuel Macron d’une Union européenne forte. » Le chercheur ajoute que « l’enjeu de ces élections pour la France sera de voir si ses idées trouvent un vecteur à Bruxelles ».

Une meilleure couverture médiatique ?

« On a enfin un débat qui peut atterrir dans les médias quand on parle d’Europe », a déclaré le député LREM Ludovic Mendes, ajoutant « qu’il nous faut remettre le débat européen sur la scène médiatique. » Pieyre-Alexandre Anglade a appelé à la mobilisation des médias, regrettant leur faible intérêt pour le sujet européen.

Récurrente, cette critique est devenue plus saillante depuis les ratés des élections européennes de 2014, dont l’insuffisante couverture médiatique avait été pointée par le CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel). Selon une étude de l’autorité, les trois principales chaines privées M6, Canal + et TF1 avaient consacré à ces élections respectivement 7 min 20 s, 14 min 15 s et 40 min 36 s. France Télévisions, qui cumulait plus de 6 h d’antenne sur le sujet en 2014, n’était pas en reste niveau critiques, compte tenu de son refus de diffuser les débats du Spitzenkandidaten, ayant permis de désigner le président de la Commission en 2014. Ce dernier avait finalement été relégué sur le site internet francetvinfo.fr , ainsi que sur des chaines spécialisées telles que LCP, i-télé et Euronews.

La télé française fait l’impasse sur le débat électoral européen

Une vingtaine de chaînes européennes vont diffuser des débats entre les candidats à la présidence de la Commission. En France, France Télévisions refuse de diffuser le débat.

Pour autant, des listes nationales permettraient-elles de revaloriser l’intérêt des médias pour l’Europe ? Pour Jean-Louis Bourlanges, cet état de fait a d’autres sources. Le député du Modem explique que « le jeu européen est multi-partisan, c’est une démocratie de négociation. (…) C’est quelque chose auquel ni les hommes politiques nationaux, ni les journalistes, ni les citoyens ne sont habitués. »

Un argument que confirme Charles de Marcilly, selon qui « Bruxelles est complexe, du fait des 28, bientôt 27, logiques nationales différentes qui s’y trouvent. Expliquer ce processus nécessite un talent de pédagogie et une présence dans les médias. »

Pour le groupe Les Républicains, opposé au retour aux listes nationales, la justification médiatique cache les véritables raisons du projet de loi, à savoir celles d’un calcul électoral. « Le président a moins d’implication dans les élections locales, explique le député LR Bernard Deflesselles, il se dit qu’un débat national pourrait faire en sorte que (son) propre parti, en constitution, puisse avoir un peu plus de sièges. »

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