LREM en ordre de marche pour les Européennes

[EPA-EFE/ETIENNE LAURENT]

Le parti lancera le 24 mars sa Grande marche pour l’Europe, première étape de sa feuille de route pour les élections européennes de mai 2019.

La République En Marche se prépare aux élections européennes. Samedi 24 mars, le parti de la majorité présidentielle entamera sa « Grande marche pour l’Europe », prélude à la formation d’un programme politique pour l’élection des députés européens en mai 2019.

Calquée sur le principe de la marche organisée pour les présidentielles en 2016, cette manifestation consistera en du porte-à-porte afin recueillir les réponses des citoyens à un questionnaire de huit questions. Très larges, ces dernières vont de « qu’est-ce qui ne marche pas/ marche bien selon vous en Europe » à « quelles doivent être les trois priorités de l’Union européenne ». En marge du porte-à-porte seront organisés des événements de rassemblement et des débats.

Le parti ambitionne de frapper à plus de 100 000 portes pendant les six semaines de l’événement, et a déjà annoncé le lancement de 1000 « projets » samedi prochain, dont des rencontres et cafés débats en plus du porte-à-porte, en France et à l’international.

La Grande Marche pour l’Europe doit permettre de « légitimer le projet » du parti pour les élections européennes, a expliqué Christophe Castaner, délégué général de La République En Marche (LREM), lors d’une conférence de presse à Paris le mercredi 21 mars.

En effet,  le programme politique européen du parti sera élaboré en s’appuyant sur les réponses aux questionnaires, avant d’être présenté à l’automne. Les noms des candidats LREM seront quant à eux dévoilés au début de l’année 2019.

Un programme inspiré du discours de la Sorbonne

Outre les réponses au questionnaire, le discours de la Sorbonne prononcé en septembre dernier par Emmanuel Macron devrait être « le discours de la méthode » du parti pour les européennes, « un élément majeur du corpus sur lequel nous devrions travailler », a insisté Christophe Castaner.

LREM à la recherche de partenaires européens

Pour Christophe Castaner « il y a deux campagnes à mener » : une en France et une au niveau européen. Nouveau venu sur la scène politique française, LREM l’est également en Europe.

Le parti se cherche des alliés, alors que les grands groupes politiques au Parlement européen sont déjà investis par les tenants traditionnels de la droite et de la gauche françaises. À ce sujet, le délégué général a annoncé avoir débuté « une tournée européenne » pour se trouver des partenaires.

Le parti d’Emmanuel Macron cherche à s’européaniser pour 2019

La République en Marche hésite entre la création d’un nouveau parti et le rattachement aux centristes, en amont des élections européennes de 2019.

Pour l’heure, le parti souhaite ne pas se fermer de porte. Il pourrait ainsi travailler « avec l’ensemble des groupes tels qu’ils existent » ou « se laisser la liberté de trouver d’autres partenaires pour travailler dans d’autres cadres ».

Certaines alliances semblent néanmoins plus compromises que d’autres. Le groupe de centre-droit PPE par exemple, a affiché des positions contraires à celles des marcheurs sur le procédé du Spitzenkandidaten et les listes transnationales, faisant couler ce projet cher à Emmanuel Macron au Parlement européen en février dernier.

À l’inverse, des contacts avec certaines formations politiques européennes ont déjà été noués par exemple avec le mouvement espagnol Ciudadanos, qui participera aux manifestations de la Grande Marche  pour l’Europe selon le délégué.

Revers pour Macron sur les listes transnationales

Les eurodéputés se sont accordés pour modifier la composition du Parlement dans la foulée du Brexit. Mais l’idée d’une liste transnationale pour les élections de 2019, portée par Macron, n’a pas remporté les suffrages.

Risque d’un trop-plein de consultations ?

L’ambition de la Grande Marche pour l’Europe pourrait cependant se heurter à un calendrier très chargé, puisqu’il se chevauchera en partie avec celui des consultations citoyennes. Voulues par Emmanuel Macron, ces dernières débuteront le 17 avril, quand la Grande Marche devrait se poursuivre jusqu’à la fin du même mois.

Pour LREM, les deux approches sont complémentaires, l’une plus institutionnelle (les consultations citoyennes), l’autre propre au parti et de terrain (la Grande Marche). Le défi sera cependant de maintenir la mobilisation des citoyens sur l’Europe tout au long du procédé, les consultations citoyennes devant s’étendre jusqu’en octobre de cette année.

Reconnecter les citoyens à Bruxelles, le pari ambitieux des consultations citoyennes

La France espère reconnecter Bruxelles et les citoyens européens en suscitant des débats organisés par la société civile. La participation de Jean-Claude Juncker à la première rencontre le 17 avril reste en suspens.

 

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