LREM se prépare au duel contre Marine Le Pen pour les européennes

Christophe Castaner, conférence de presse 21 mars 2018

Alors qu’un sondage donne les deux partis au coude-à-coude lors des élections européennes de mai 2019, La République En Marche prépare sa campagne sans dévoiler ses potentiels alliés.

Le duel annoncé entre les progressistes et les nationalistes qui se profile lors des élections européennes va tourner à l’avantage des premiers, veut croire La République En Marche.

À l’occasion de la rentrée politique du mouvement, le délégué général Christophe Castaner a affirmé que La République En Marche allait travailler à définir « l’identité du progressisme », en amont des élections européennes de mai 2018, les premières auxquelles participera le mouvement depuis sa création.

« LREM a une responsabilité immense à l’heure où la France et l’Europe s’interrogent sur leur avenir », a affirmé le délégué général lors d’une conférence de presse le 14 septembre 2018.

LREM en ordre de marche pour les Européennes

Le parti lancera le 24 mars sa Grande marche pour l’Europe, première étape de sa feuille de route pour les élections européennes de mai 2019.

L’immigration, premier sujet de clivage politique entre les pros et les anti-européens, sera au cœur des propositions politiques d’En Marche pour la campagne à venir. « Nous porterons plusieurs propositions phares sur ce sujet dans le cadre des élections européennes. Le chantier est immense. Il est indispensable que nous puissions nous projeter sur le sujet sur les 20 prochaines années. Et la tradition d’accueil qui caractérise les Français sera au rendez-vous », a-t-il détaillé.

La question de l’immigration s’annonce comme une des pierres angulaires de la campagne des élections européennes, alors que les États membres échouent depuis des années à s’accorder sur une véritable stratégie commune de gestion de l’immigration et de l’asile.

Sur la question de l’environnement, Christophe Castaner a balayé les critiques sur la stratégie gouvernementale, qui se sont multipliées depuis le départ surprise du Ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot.

Parmi les chantiers verts, le délégué général a réitéré la promesse faite par Emmanuel Macron de  sortir du glyphosate en 3 ans, en soumettant au besoin une proposition de loi. Autre dossier, celui de la lutte contre l’obsolescence programmée, que le parti de la majorité présidentielle compte porter au niveau européen, « car c’est le bon échelon », a affirmé Christophe Castaner.

Mobilisation pour l’Europe

La campagne des élections européennes s’annonce toutefois corsée pour le mouvement En Marche, qui a fait de l’Europe son cheval de bataille, mais se trouve aujourd’hui dans les sondages au même niveau d’intentions de vote que le Rassemblement national de Marine Le Pen.

Le bureau exécutif du parti va se rassembler le 24 septembre afin d’arrêter « le calendrier de la campagne ». Mais l’épineuse question de la tête de liste pour les élections européennes ne sera pas tranchée à cette occasion, a indiqué Christophe Castaner.

« Il y a plusieurs personnalités qui sont complètement à même de conduire la campagne européenne, mais nous avons décidé de nous laisser le temps de décider », a indiqué le délégué général.

La possibilité d’une liste LREM menée par l’ancien député européen écologiste Daniel Cohn-Benit a été évoquée dans la presse française, mais n’a pas été confirmée par Christophe Catsaner.

En France, un sondage Odoxa pour Le Figaro et Franceinfo publié le 14 septembre donnait  La République en marche (LREM) en tête des intentions de vote avec 21,5 %. Un score qui place le pari présidentiel au coude-à-coude avec le Rassemblement national (21 %).

Cernée par les affaires, Marine Le Pen fait sa rentrée à l’ombre de ses alliés européens

Cernée par les affaires, à la tête d’un parti en difficulté financière et qui peine à rassembler, Marine Le Pen se lance dimanche à Fréjus (Var) dans la bataille des européennes, en espérant profiter de l’essor de ses alliés continentaux.

« Tout le monde dit que ce sondage est un succès pour Marine Le Pen, moi je ne trouve pas. Le FN, lors des dernières élections européennes c’était 25% des voix. Dans ce sondage ils sont à  21% », a rappelé Christophe Castaner. De fait, lors des dernières élections européennes, l’ex-Front national était arrivé en tête des votes des Français, devant Les Républicains.

Un enjeu européen

Mais au-delà de la campagne au niveau de l’Hexagone, la question de l’avancée du populisme se pose davantage à l’échelon européen, où les forces nationalistes ont remporté de nombreux succès récemment comme en Italie ou en Suède.

« On doit parler d’élections européennes, et pas de référendum pour ou contre Emmanuel Macron », a rappelé Chritophe Castaner. « Je ne me satisferai pas que nous gagnons en France, mais que les populistes l’emportent au niveau européen. L’enjeu n’est pas de gagner ou pas les élections européennes, mais de sauver l’Europe », a-t-il martelé.

Mais les potentiels alliés au niveau européen de LREM sont pour l’instant gardés secrets. Le chef de file des libéraux au Parlement européen, Guy Verhofstadt, a fait les frais cette semaine de la stratégie d’attente de LREM.

L’ancien premier ministre belge avait annoncé son intention de lancer un mouvement commun avec celui d’Emmanuel Macron en vue des élections. Et a reçu une réponse très réservée de la part du parton de LREM, qui a affirmé être surpris par l’enthousiasme du Belge.

Si les annonces officielles se font attendre, Christophe Castaner n’en a pas moins lancé une tournée européenne afin de rencontrer les partenaires potentiels. Après s’être rendu à Rome,  Madrid,  Bruxelles et Varsovie, le délégué général de LREM rendra visite à La Haye et Athènes .

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