LREM veut faire des européennes un duel avec le RN

ep [Shutterstock]

Contrairement aux autres formations, LREM se laisse jusqu’à début mars pour dévoiler sa tête-de-liste. Et espère ainsi avoir le temps de mobiliser ses partenaires politiques au Parlement européen.

Le nom de la personnalité qui mènera la liste de La République en Marche aux élections européennes ne sera dévoilé qu’entre fin février et début mars.

Une décision défendue par Stanislas Guerini, qui a repris les rênes du mouvement politique le 1er décembre dernier. « Si nous voulons une majorité au Parlement européen, il est normal que nous prenions notre temps pour choisir la bonne personnalité », a défendu le délégué général lors de la conférence de presse de rentrée de LREM qui s’est tenue à Paris le 24 janvier.

Alors que la quasi-totalité des partis politiques français est déjà avancée dans la constitution de la liste, LREM joue le suspense. Le parti de la majorité arriverait pourtant en tête des élections européennes avec 23,5 % des suffrages si ces dernières avaient lieu dimanche prochain, selon un sondage d’Elabe pour BFM TV.

La République en marche à jeu égal avec le FN dans les sondages

Selon un sondage Ifop, l’extrême-droite rassemblerait autant de voix que le parti d’Emmanuel Macron pour les élections européennes. La candidature éventuelle de Ségolène Royal pourrait faire bouger les lignes.

 

Les intentions en faveur de LREM ont grimpé de 4 points par rapport à un sondage réalisé en novembre. Une poussée qui donne au parti une avance confortable sur le Rassemblement national de Marine Le Pen, crédité de 20,5 % des intentions de vote. Les Républicains réuniraient quant à eux 12,5 % des votes, suivis par La France insoumise (9,5 %) et Europe Ecologie-Les Verts (9 %).

Des chiffres qui ne tiennent pas compte de la présence d’une liste « gilets jaunes », qui pourrait se constituer en vue du scrutin de mai 2019. Une telle formation n’empiéterait que très peu sur le vivier d’électeur d’En Marche, et davantage du côtés de ceux du Rassemblement national.

LREM part en campagne contre les « ennemis de l'Europe »

Le parti présidentiel a lancé sa campagne pour les élections européennes en rendant compte d’un consultation sur l’Europe effectuée au printemps dernier auprès de 71.000 Français. LREM veut se poser en seul parti véritablement pro-européen.

 

Si le parti fondé par Emmanuel Macron fait la course en tête dans les sondages, il se lance pour la première fois dans une campagne européenne, thème sur lequel le mouvement a largement capitalisé lors de la campagne présidentielle. Et qui lui permet aujourd’hui de polariser le débat entre populistes anti-européens et progressistes pro-européen.

Une campagne anti-RN

Le délégué général de LREM a d’ailleurs résumé l’enjeu de la campagne européenne à un duel contre le Rassemblement national de Marine Le Pen, qui était arrivé en tête des dernières élections en 2014 et hérité de 24 siège de parlementaire européen.

« Nous voulons gagner la bataille des idées en Europe. Et faire en sorte que nos idées gouvernent la France et l’Europe » a défendu Stanislas Guerini. Et pour cela, les élections européennes de mai 2019 sont « un événement historique ».

« Nous ne sommes pas les sortants de cette élection. Nous mènerons une campagne offensive » a-t-il poursuivi. Le délégué général a par ailleurs fustigé l’absence de bilan du Rassemblement national, et les fausses informations diffusées par le parti d’extrême droite sur le sujet européen.

Le parti de Marine Le Pen a en effet enchaîné les infox ces dernières semaines notamment sur le pacte mondial pour des migrations sûres et sur le Traité franco-allemand d’Aix-la-Chapelle, accusé céder l’Alsace et la Lorraine à Berlin. « La campagne des élections européennes sera celle des fake news » a mis en garde Stanislas Guerini.

Alliance en chantier

Si la feuille de route de campagne de LREM semble bien rodée côté français, la dimension européenne demeure elle très incertaine. Les discussions entamées avec le parti européen des libéraux, dirigé par l’ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, « se poursuivent » a confirmé Stanislas Guerini, reconnaissant chez l’ALDE « un allié naturel ».

Mais le parti français refuse pour l’instant de faire campagne commune derrière le parti européen, quatrième force politique du Parlement européen. « Nous continuons les discussions, mais dans une logique de dépassement » a expliqué Stanislas Guerini, qui espère « appartenir à un groupe politique plus fort au Parlement européen, et ensuite construire une majorité avec les progressistes ».

LREM poursuit sa campagne européenne en Allemagne

Après le lancement de sa campagne électorale européenne, la semaine dernière en France, le parti En Marche d’Emmanuel Macron a rallié les troupes contre le populisme en Allemagne également. Le parti a toutefois reçu un accueil plutôt timide à Berlin. Un article d’Euractiv Allemagne.

Un projet qui risque de se heurter à la logique de partis déjà présents au Parlement européen, qui feront campagne derrière leurs candidats à la présidence de la Commission européenne, dont Guy Verhofstadt, le candidat probable de l’ALDE.

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