L’Union européenne convainc, mais peine à déplacer les électeurs

La participation aux élections européennes est en recul constant depuis 1979. [Shutterstock]

L’adhésion à l’UE n’a jamais été aussi haute depuis 26 ans. Un engouement qui ne se retrouve pas dans les pronostics de participation aux prochaines élections européennes.

Effet Brexit? Tandis que les Britanniques sont en passe de quitter l’Union européenne, les Français n’y ont jamais été aussi attachés.

Selon un sondage publié le 17 octobre, 64 % des français interrogés estiment que l’UE bénéficie au pays et 61 % voient l’appartenance à la communauté comme une « bonne chose ».
A l’échelle des 28, ces chiffres sont similaires, à respectivement 68 % et 62 %, selon l’étude réalisée en septembre auprès de 27 000 européens de 16 ans et plus. Ces taux n’avaient plus été enregistrés depuis l’adoption du traité de Maastricht en 1992.

Le Brexit joue évidemment un rôle clé dans ce regain de popularité. Face aux difficultés et incertitudes auxquelles est confronté le Royaume-Uni qui doit quitter l’UE le 29 mars prochain, le reste de l’Union mesure plus facilement ce qu’apporte concrètement le statut d’Etat membre.

Pour la France, le niveau d’opinions positives sur l’appartenance à l’UE est 6 points au dessus du dernier sondage en avril 2018. Parmi les pays fondateurs, l’écart demeure cependant conséquent. L’Allemagne affiche 81 % d’avis positifs sur l’appartenance à l’UE et les Pays-Bas 78 %. Seule l’Italie fait moins bien, avec 42 %, au moment où le bras de fer sur le budget transalpin est sur le point de passer à l’étape supérieure et que la gestion de l’immigration divise.

Différence Est-Ouest sur le changement climatique

Autre particularité du scrutin des européennes de mai prochain, les électeurs des différents pays ne se prononceront pas sur les mêmes thèmes, puisqu’ils n’ont pas les mêmes attentes.

Si l’immigration est le sujet central en Italie, il n’apparaît qu’en quatrième position en France, loin derrière la lutte contre le chômage des jeunes, celle contre le terrorisme et surtout la question du changement climatique, qui gagne 14 points pour s’établir en troisième préoccupation prioritaire chez les électeurs.

135 députés mettent la pression sur la transition écologique

Un collectif parlementaire réunissant 135 députés de tous bords politiques veulent porter collectivement les enjeux de la transition écologique, en particulier lors du débat sur le projet de loi de finances 2019. Un article de notre partenaire le JDLE.

Ce thème est en première place aux Pays-Bas et en deuxième en Allemagne, alors qu’on le retrouve loin derrière les problématiques économiques et sécuritaires dans les pays de l’est de l’Europe. L’importance donnée à ce combat dessine d’ailleurs une frontière assez nette entre les pays du nord et de l’ouest et ceux du sud et de l’est.

Craintes sur l’abstention

Mais l’écueil principal de ce vote demeure la participation, redoutée par les dirigeants européens comme nationaux et en constant déclin depuis la première élection de 1979.

En 2014, seuls 42 % des électeurs de l’ensemble des 28 membres s’étaient déplacés jusqu’aux urnes, un chiffre égal à celui constaté en France. Selon le baromètre, 58 % des électeurs français ne savent pas quand elle aura lieu et 42 % seulement se déclarent « intéressés » par le scrutin.

Des chiffres alarmants à un peu plus de 7 mois de la date. Un désintérêt manifeste qui trouve sa source dans deux chiffres : 83 % ne font pas confiance aux partis politiques et 20 % à peine ont une « image positive » du Parlement européen, le total le plus bas de l’Union.

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